Sois toujours toi

 

Et toi qui me lis, toi qui me suis, voici mon avis : sois toi, d’abord et toujours toi. Qui que tu sois, tu te dois d’abord à toi. Sois fier d’être qui tu es. N’imite personne, sinon ton double qui veille sur toi. Sois jour et nuit à son écoute, et si tu ne l’entends pas, écoute encore. Écoute toujours ton corps : il sait qui tu es mieux que ta tête.

N’écoute les conseils de personne, sinon du vent qui passe et te raconte l’histoire du monde. (Claude Debussy)

N’écoute personne, pas même moi. Oui, je suis comme le vent qui passe. Comme lui je raconte l’histoire du monde. Pourtant ne m’écoute pas. Ne me crois pas. Même si je te fais du bien parfois, si je t’aide à voir qui tu es, je ne suis pas toi, je n’ai pas reçu les mêmes talents que toi, ni les mêmes handicaps. Chacun son choix. Chacun porte sa croix. Chacun son propre roi. Être toi, c’est ton droit, ton refuge et ta loi. Que serais-tu sans toi ? Sûrement pas moi…

La tentation de suivre un modèle est un piège où tu peux tomber. Aucun modèle n’a été coulé dans ton moule. Tu ne ferais que suivre une fausse route. Inutile de marcher sur le chemin d’un autre, il ne te mènera nulle part. Si tu te sens perdu, si tu n’as plus de lumière devant toi qui te guide, ne désespère pas. Le jour viendra. Il vient toujours.

Personne ne t’apprendras rien qui compte si tu ne sais déjà ce qu’il va dire. À l’orée de ta conscience, dans cette zone floue proche de l’oubli, sont endormis tous les secrets, la clé de toutes les énigmes, tout le savoir que l’on croyait perdu. Si tu t’éveilles, il ne l’est plus. En me lisant, tu prends doucement l’habitude d’explorer ces confins de la conscience, d’interagir avec des forces inconnues qui s’expriment en toi, de vivre tout proche de la réalité non-ordinaire si chère au Nagual Juan Matus comme à moi. J’y ai monté ma tente et j’y passe mes nuits.

Peu à peu, tu n’es plus de ce monde, tout en étant encore au monde. Gentiment, comme on s’endort, tu te détaches des choses humaines pour te tourner vers le règne de la lumière. On dit que tu brilles la nuit. Y en a même qui disent qu’ils t’ont vu voler. (source)

Dans trente mille ans et des patates on sera tous au paradis. Le zénith galactique fera du ciel nocturne un tapis de diamants scintillants. Leur lumière rendra inutile l’éclairage urbain. Y aura-t-il encore des villes ? Vu l’accroissement des températures terrestres, le chauffage sera inutile même aux pôles. La neige et la glace appartiendront au passé.

J’ai fait un rêve. Une vision du futur m’est venue. J’ai vu des tunnels sous les pôles. La neige et la glace seront souterraines, on ira aux sports d’hiver sous la terre. En surface, l’ensoleillement ne va pas arrêter de s’accroître, et la chaleur avec. L’être humain développera des protections spécifiques, renforcement de la mélanine, renforcement du vernis lacrymal sur l’œil, j’ai vu des mutants développer une troisième paupière translucide pour supporter l’éclat du soleil. J’ai vu l’avènement d’une seule race humaine, grâce au métissage qui a déjà commencé. Oui, il n’y aura plus qu’une seule race avec trois variantes, les dorés, les bruns et les noirs. Nos descendants auront le crâne protégé par une épaisse chevelure, cheveux ondulés ou crépus, souvent de la couleur de leur peau.

Tu es le 1 sur 10 000, selon Mevlana. Ce que tu expérimentes, comme tant d’autres guerriers de la connaissance, demain tu le vivras en toute maîtrise. Et tu pourras guider les nouveaux nombreux, qui seront multitude.

Prends cent hommes, tu y trouveras un homme de foi. Prends cent hommes de foi, tu y trouveras un homme de connaissance. (Jallal adDin Rumi)

rumi-688po

Il y a 700 000 éveillés sur cette planète, du moins c’était le cas à l’époque de Mevlana (1207-1273), fondateur du soufisme moderne à Konya, en Turquie. Son nom est Jal Aladdin Rumi. Mevlana est un titre honorifique qui signifie « notre maître« . Il nous a laissé des écrits qui sont une nourriture pour l’âme. Grand initié, grand éveillé, maître ascensionné, le chemin qu’il nous a montré conduit bien à la Voie.

La Voie, un jour ou l’autre, tu vas devoir la suivre. Elle te tirera vers la lumière. Sur la Voie on ne connaît plus l’ombre. Le chercheur de lumière qui y parvient vit déjà ce que ses frères humaines vivront dans 30 000 ans. Depuis Mevlana, l’éveil planétaire a progressé. J’évalue le nombre actuel des éveillés à moins de 0.5 pour 1000, soit environ 2 à trois millions. Pour 7 milliards d’humains sur terre, c’est peu. Et c’est beaucoup. Mais les initiés sont beaucoup moins nombreux.

L’éveil est une grâce qui te tombe dessus. Un cadeau gratuit, sans contrepartie. La foudre, par exemple. Tu reçois une décharge de plusieurs milliers de volts, elle ne te tue pas, elle te rend plus fort. Te voilà éveillé. Bonjour la chatte ! Tu n’as pas de vie intérieure, tu n’as rien fait dans le domaine sacré, ni yoga, ni méditation, ni aucun exercice spirituel, tu n’as pas vécu comme un saint, tu as bien des torts et des défauts, mais te voilà bouddha express. Avec les cadeaux qui vont avec : tu peux parler en langues, tu lis dans les pensées, tu as des flashs où tu vois l’avenir comme le passé.

L’éveil ne récompense pas les mérites, comme certains veulent le faire croire. Le karma n’existe pas. Il a été inventé pour des raisons politiques, afin d’empêcher la multitude des malheureux et des sans grade de devenir révolutionnaires. L’invention du karma protège les riches et les puissants. Les engrammes existent, ça oui, mais on peut en guérir. J’ai fait le passeur d’âmes pendant quinze ans, je sais de quoi je parle. 

En transe profonde, le candidat aux Petits Mystères revisite, revoit et revit  toutes les blessures physiques et morales qu’il a reçues dans cette vie, et le cas échéant dans d’autres. En ce cas on peut parler de nettoyage karmique. Mais rien n’est gravé dans le marbre. Le système des castes rigides tel qu’il est pratiqué en Inde est une des pires saloperies qui soit, puisqu’on peut nettoyer son pseudo karma en l’espace de 5 jours. C’est ce que dure une arcane XIII. Ne m’écris pas, je ne pratique plus. Et je n’ai aucun contact fiable à te donner.

Mais tu n’as besoin ni de moi ni de personne pour faire ça. Tu n’as besoin que de toi-même. Sois toujours toi. Sois le roi chez toi. Non pas parce que c’est moi qui te le dis, mais parce que c’est ton choix.

Quand les historiens changeront de lunettes, leur myopie deviendra supportable.
Lao Surlam