Categories: Géants

La géante

 

Du temps que la Nature en sa verve puissante
Concevait chaque jour des enfants monstrueux,
J’eusse aimé vivre auprès d’une jeune géante,
Comme aux pieds d’une reine un chat voluptueux.

J’eusse aimé voir son corps fleurir avec son âme
Et grandir librement dans ses terribles jeux ;
Deviner si son coeur couve une sombre flamme
Aux humides brouillards qui nagent dans ses yeux ;

Parcourir à loisir ses magnifiques formes ;
Ramper sur le versant de ses genoux énormes,
Et parfois en été, quand les soleils malsains,

Lasse, la font s’étendre à travers la campagne,
Dormir nonchalamment à l’ombre de ses seins,
Comme un hameau paisible au pied d’une montagne.

 

Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal

 

Xavier Séguin

Recent Posts

Le mythe de Jésus

Comment le Christ a été fabriqué à la fin du Moyen Age... une époque qui…

1 jour ago

Divine distraction

Nos distractions viennent d'une double vue et témoignent de notre double vie dans deux mondes.

4 jours ago

Piri Reis cartographe

La carte de Piri Reis est une carte ancienne, de style portulan, découverte en 1929... et révélée récemment !

1 semaine ago

Quel dieu unique ?

Il n'y a pas de temps, pas d'espace, dit la science. Et malgré ça, l'Unique…

1 semaine ago

L’éternel printemps

L'âge d'or est un temps d'innocence, de justice, d'abondance, de longévité et de bonheur...

2 semaines ago

Le feu et nous

Avant nous, le feu brillait déjà. Après nous, il ne s'éteindra pas. En nous, il…

2 semaines ago