Categories: Géants

La géante

 

Du temps que la Nature en sa verve puissante
Concevait chaque jour des enfants monstrueux,
J’eusse aimé vivre auprès d’une jeune géante,
Comme aux pieds d’une reine un chat voluptueux.

J’eusse aimé voir son corps fleurir avec son âme
Et grandir librement dans ses terribles jeux ;
Deviner si son coeur couve une sombre flamme
Aux humides brouillards qui nagent dans ses yeux ;

Parcourir à loisir ses magnifiques formes ;
Ramper sur le versant de ses genoux énormes,
Et parfois en été, quand les soleils malsains,

Lasse, la font s’étendre à travers la campagne,
Dormir nonchalamment à l’ombre de ses seins,
Comme un hameau paisible au pied d’une montagne.

 

Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal

 

Xavier Séguin

Recent Posts

J’y vais voir

Je peux voyager dans le temps. J'y vais, et quand je n'ai pas tout compris,…

2 jours ago

La Légende de Pyrène

Quand Hercule rencontra la belle Pyrène, il comprit qu’il n’était plus un héros, mais un…

5 jours ago

Ils savaient

Akkad et ses géants divins ont marqué l'histoire très antique de la Mésopotamie

1 semaine ago

Après la fin du monde

Il ne reste plus rien sur Terre, humain, animal ou végétal. Mais ailleurs ? Au-delà…

2 semaines ago

Le secret de Pioneer 10

Le mystère qui entoure cette ténébreuse affaire n'est vraiment pas près de s'éclaircir...

2 semaines ago

La chasse galerie

Au Québec, les bûcherons du nord savaient transformer leurs canoës en avion magique

2 semaines ago