Le principe d’incertitude

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Si j’emprunte ce titre à Heisenberg, n’allez pas croire que je vais plancher sur les lointains débuts de la physique quantique. Cette page traite d’un des principes qui guident le conteur de légendes et le scrutateur de mythes que je suis.

Pourtant, puisque la physique quantique cadre nos pensées comme nos actes, je ne m’éloigne pas trop du sujet-titre.

Il est bon de répéter ces vérités difficiles, mais essentielles. Nous marchons à travers une jungle de mensonges et de désinformation. La tentation est de trouver un GPS, une boussole fiable, un bon guide. Eden Saga n’est pas un guide. Cette nouvelle histoire qui est la vôtre vise à vous rendre plus autonome, maître de vous-même. Ne cherchez pas d’autre guide, acceptez-vous. Vous êtes parfait pour le job.

Il n’y a pas de recette, juste une manière particulière d’envisager le monde et ses merveilles. Il n’y a pas de certitude, juste la volonté et l’intention.

 

 

Pas de doctrine ici

D’abord, Eden Saga ne cherche pas à exposer une doctrine cohérente. Ma démarche s’inscrit à l’opposé de toute doxa, sinon celle-ci que j’emprunte à Rabelais : « Fais ce que veux » Dans l’étouffante moiteur de l’histoire universitaire, j’ouvre des portes et des fenêtres. J’égratigne forcément, à la longue. Mais le seul but est d’aérer. Y compris vos méninges qui saturent.

Si j’ai donné une forme encyclopédique à ces récits des temps lointains, c’est pour la commodité de la recherche. Cette rigueur-là n’existe pas dans le vivant. Avec Sören Kierkegaard, je sais que l’existence fait éclater tous les systèmes. Je me garde donc de tout systématisme, j’accepte ce qui vient au fil de la recherche, et je refuse tout étiquetage. 

 

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On ne s’étonnera donc pas de relever des contradictions ici ou là. Je ne suis pas doctrinaire. Je n’ai nulle cause à défendre, nul intérêt personnel à favoriser. Ce que l’on peut prendre pour des prises de positions personnelles n’en sont pas. Tantôt je cite un auteur dont je ne partage pas forcément le point de vue, tantôt j’expose une thèse qui n’est pas la mienne, ou j’explore une piste qui ne mène nulle part.

« Les êtres humains aiment qu’on leur dise ce qu’ils doivent faire, mais ils aiment encore plus protester et ne pas faire ce qu’on leur dit, ce qui les amène à haïr ceux qui les ont guidés au départ. » (source)Castaneda, Le Second anneau de pouvoir

Qu’on ne s’évertue pas à me suivre absolument, ni personne d’ailleurs, la source est en chacun de nous. Les gourous sont imbus, donc imbuvables. Je n’en suis pas un. Comment guider autrui quand on s’égare à chaque pas ? Rien n’est certain, sauf l’incertitude.

« Je n’agis pas en tant que gourou; car, tout d’abord, je ne vous apporte aucune consolation. Je ne vous dis pas ce que vous devriez faire; je ne fais que vous montrer quelque chose que vous êtes libre d’accepter ou de refuser. La vérité ne peut vous être donnée par personne. Il vous faut la découvrir. La compréhension vient avec la perception de ce qui est. Parvenir à cet état où l’on perçoit instantanément la vérité est possible, et c’est la seule voie. » (source)Jiddu Krishnamurti

Castaneda en témoigne, la tradition du nagual appelle ça « la connaissance immédiate ». C’est un lieu de conscience, un point précis dans notre luminosité où se déplace le point d’assemblage, une sorte d’objectif photo à travers lequel notre perception assemble le monde. En modifiant la position de son point d’assemblage, on assemble d’autres mondes. Dans la luminosité de notre aura il y a des milliards de positions possibles pour le point d’assemblage. Mais nous sommes tous fixés au même endroit, nous assemblons tous le même monde, et franchement, ce n’est pas le meilleur des mondes possibles.

 

Conteur bat cuistre

Pour vous offrir de nouvelles positions possibles pour votre point d’assemblage, j’ai choisi la méthode d’enseignement des Soufis. Je vous sers des histoires, des beaux contes, pour fléchir et réfléchir. Ces contes initiatiques sont nés du tréfonds, ils ont éclos comme des bulles de lumière à la surface de ma conscience, et les voilà tout crus dans votre assiette. Bon appétit, mes amies, mes chers amis. Ceci est mon coeur.

Comprenez que toute tentative de cohérence serait vaine et tuerait la poésie. Or c’est la poésie qui transmet la vérité, la seule poésie. 

Qui suis-je pour révéler ces bribes vivantes ? Juste un qui voit, un qui se promène dans les rêves des humains et des dieux, car c’est la seule nourriture qui comble son âme affamée d’humour et d’amour, d’ambre et d’ombre.

 

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Si l’envie vous prend de m’écrire, ne me reprochez pas mes contradictions. Je les connais, ce sont mes filles. Je ne puis me résoudre à choisir entre elles.

D’ailleurs mon choix importe peu : c’est à vous de choisir. A vous de vous faire votre propre religion, individuelle et portative, avant de la jeter au feu demain car l’existence – la vôtre comme la mienne – fait éclater tous les systèmes.La formule est de Soren Kierkegaard

Chercher des certitudes est comme chercher la mort. Abandonner son destin à quiconque, humain ou divin, idéal ou matériel, revient à renoncer à vivre. La vie est dangereuse, pleine d’embûches et de souffrances. Ces épreuves sont nécessaires à notre évolution. Rien ne nous tombe tout rôti dans le bec. Rien n’est certain, sauf ta main dans la mienne, ton coeur contre mon coeur, ton chemin qui pour un temps se fond au mien.

Naïf est celui qui espère trouver la vérité, plus naïf encore celui qui l’a trouvée. Le doute est le pain du guerrier. Il fait la différence entre l’éveillé et l’imbécile, qui ne doute de rien. C’est même à ça qu’on le reconnaît.La formule est de Michel Audiard.

Initiatiques, mes histoires le seront à qui les savoure dans l’instant, à qui se laisse griser par le récit sans lui opposer trop de résistance. Il sera temps après de choisir la voie. Tous les chemins y mènent, pourvu qu’ils soient en toi.

 

La grande joie d’être, et de vouloir, et de ne rien craindre. (Jack Kerouac)

 

De telles gens il est beaucoup Qui prendraient Vaugirard pour Rome Et qui, caquetant au plus dru Parlent de tout et n’ont rien vu.
Jean de La Fontaine