Paris 1979 — Erquy 2026
Je suis né à Paris, en 1949, au premier jour des Gémeaux. Jean Séguin, mon père, m’a prénommé Xavier. Gémeaux je suis, cadet de jumeaux qui m’ont mené sans ménagements. Attiré dès l’enfance par la créativité, les arts et le mystère, je m’intéresse à tout, fouine partout, ramasse tout.
Dinky Toys et sortie de corps
Très vite je collectionne n’importe quoi, comme des couvercles de camemberts aux beaux dessins naïfs dont je décore les murs de ma chambre. Au cinquantième couvercle, l’odeur insupportable me ramène aux timbres et autres Dinky Toys.
Myope à onze ans, je collectionne aussi les paires de lunettes, ou plutôt les façons de les perdre. Je les oublie un peu partout, je les écrase, je les jette aux ordures, je les paume dans un torrent, et je me les fait chiper par un singe au Zoo de Vincennes. Ce que Maman n’a jamais voulu croire.
Je me suis mis à collectionner les vécus invraisemblables. Cinquante ans après, la collection n’est toujours pas finie, loin de là. Différents traumatismes crâniens m’ouvrent la fontanelle en même temps que la voie métaphysique. A douze ans, dans un jardin breton, je fais ma première sortie de corps consciente. Cette expérience radicale modifie à jamais ma perception du monde. L’adolescence me surprend crapahutant sur les toits de Paris, un sandwich dans ma musette et du grand ciel plein les yeux.
Les lacrymos gênent
Je passe mon bac en juin 1968, secoué par les grenades lacrymogènes du mois de mai tout proche, et dont les remous berceront l’époque. Je rejoins Dany le RougeDaniel Cohn Bendit à la fac de Nanterre où je décroche ma licence de philo dans les décombres et les slogans muraux de mai 68.
L’ambiance en France est pourrie, Pompidou se fait fossoyeur de nos rêves, le pays désabusé se rendort, je m’envole vers l’Asie. À Macao, je rédige une maîtrise de philo. De retour en mère patrie, j’enquille des études de journalisme couronnées par une maîtrise de sciences de l’information et le diplôme de l’Institut Français de Presse. Mais j’ai la bougeotte.
Au terme d’un aventureux voyage en Turquie, j’accroche une jolie Parisienne aux pieds poudreux, ma chère Micha, qui deviendra très vite ma femme et le restera longtemps. Avec cette complice parfaite, j’explore les couloirs interdisciplinaires de la vie avec un grand V. Nous voici chevaliers du Rêve, armés d’épuisettes et de filets à papillons, frétillants sur le seuil de la vie adulte qui nous fascine et nous repousse.
Complexe de Peter Pan, refus de grandir caractériel et caractérisé. L’après 68 a un goût de défaite qui ne nous convient pas du tout : les dix années suivantes vont nous voir sur les routes.
Je ne veux pas devenir un homme, dit Peter avec passion. Je veux rester pour toujours un petit garçon et m’amuser. Aussi, je me suis sauvé à Kensington Gardens et j’ai vécu longtemps avec les fées.
Sur la route
Sur les routes ou plutôt les pistes de Chine, d’Inde, d’Indonésie et d’Afrique, avec quelques incursions dans le golfe du Mexique et sur les anciennes terres des Mayas. Partout où l’esprit souffle, nous avons fait les pèlerinages et suivis les pratiques sacrées. Encore une collection, d’émotions fortes cette fois.
En Casamance sous les balles des insurgés ; l’après-Mao à Macao, exotique enfer du jeu et sordide purgatoire de l’argent sale ; en Haïti chez les Tontons Macoutes, sur la piste des zombis et des loas du Vaudou ; à Bali pour des funérailles rituelles, tout un village en célébration planante, une grande intériorité chez tous les participants mais pas une once de tristesse dans les regards brillants des enfants. Au Cachemire pour le pèlerinage d’Amarnath, grotte triplement sacrée haut perchée dans l’Himalaya, caverne première d’où Shiva créa le monde.
L’esprit s’ouvre avec les substances appropriées et sous la guidance des maîtres de transe. « Partout où je voyage, je perds ou bien je gagne. » chantait Graeme Allwright à l’Église Américaine de Paris.
Micha m’a donné deux garçons qui sont devenus d’habiles spécialistes du web. Leur aide s’est révélée plus que précieuse dans la réalisation du présent site. Je les aime comme ils m’aiment. Qu’ils soient mille fois bénis et que le vent les portent longtemps après ma perte.
Big Band des cinés
La vie m’a fait bosser à la télévision nationale du temps de l’ORTF, puis dans la presse pour enfants chez Bayard Presse. J’y ai appris le métier d’éditeur de bande dessinée, puis je me suis mis à mon compte en fondant Écho Vision, sous-titrée la bédécommunication. Je me suis bien amusé, et mes compères pareillement. Les dessinateurs talentueux qui m’ont suivi dans ce nouveau challenge en gardent un souvenir ému.
Mais ce qui compte vraiment pour moi, ce sont les aventures de l’esprit et du cœur. Tout au long de ma vie, je n’ai cessé d’accumuler expériences et découvertes. J’ai collectionné les vécus bizarres dans les domaines les plus divers, et pourtant toujours centrés sur le dépassement de soi, la spiritualité, le paranormal, les énigmes et les mystères. La face cachée des choses.
Conférence à Barcelone en 2013
Eden Saga, ma joie de vivre
Ce site et ses à-côtés m’ont apporté plus que je n’osais l’espérer. La chaleur humaine, déjà. Après des années de navigation en solitaire sur les vagues de la vie, le contact immédiat et intime que donne le web est un cadeau inestimable.
Sache que si tu en lis
chaque page
sans en omettre aucune,
tu en sauras autant que moi,
c’est à dire très peu.
Ouvre l’âme
à ces souvenirs d’avenir.
Réveille les secrets
endormis sous la garde
de ton dragon caché.
Les mots sont un prétexte. C’est l’élan intérieur qui nous pousse l’un vers l’autre, pas les mots.
Et puis il y a autre chose. Sur le tard m’est venu un autre cadeau plus incroyable encore. Quelque chose qui me dépasse en tous points. Après ces longues années d’incrédulité, de déception, de désillusion, j’ai enfin franchi le pas.
J’ai découvert, émerveillé, plein de joie vive, ce bonheur ineffable : le don qui se donne et engendre le don. Je ne parle pas du vil métal : je survis, ça me convient. Je parle d’amour. Sans grandiloquence, sans envolée lyrique, pas de larme à l’œil… Juste la voix qui tremble un peu. Par écrit, ça ne s’entend pas.
Mes articles qui n’arrêtent pas de s’ajouter et de vous faire du bien. Je reçois tant d’amour en retour. Voilà pourquoi j’écris sans cesse, voilà pourquoi je continuerai jusqu’à que ma vieille tête s’écroule sur mon clavier.
Quel étrange charabia va-t-elle imprimer en tombant ? Je ne serai plus là pour voir l’écran…
J’aimerais que ce soit : Xavier vous salue bien.

Deux ou trois choses encore
- Qui je suis ?
- Maisons d’arbre
- Un chemin d’éveil
- Mon père, cet inconnu
- Loulou m’a dit
- Cinéphile
- In Memoriam Devic
- Quatorze février
- Ami Devic
- Dix ans déjà
- Adieu mon Stef
- Mes vies parallèles
- Renaître
- La chance que j’ai !
- Haute solitude
- Autoportrait
- Confession publique


