Faux Gourous

 

Gourous, gourance. Gourous, goût rance. Ça bidouille et ça magouille. Les sectes et leurs gourous fumeux font recette chez la jet-set et autres niais. Comme jamais ! Méthodes contestables, résultats invérifiables, tarifs prohibitifs. Plus c’est fumeux, plus c’est cher.  Et plus c’est cher, moins c’est utile. Pourtant les naïfs en foule s’y pressent. Un fardeau les oppresse, le gourou s’empresse, ils prient qu’on les déleste. Le gourou leur prend tout — surtout les sous.

« Je suis la Voie ! dit celui-ci. Je suis la Vie ! Crois en moi et tu vivras ! » Quoi-quoi-quoi ? Je suis vivant déjà ! Bouge de là, je n’ai pas besoin de toi ! « Renonce à l’argent ! dit cet autre cafard. Donne-moi tout ça, tu guériras ! » Si l’argent est tellement impur, je t’en prie, ne t’en charge pas. Rends-moi ça, face de rat, tu me remercieras. « Les femmes sont notre perte ! Faibles, perverses, mauvaises, impures, elles nous détournent de nos devoirs sacrés. Regarde la tienne comme elle est insolente ! Confie-la moi, je vais la dresser ! » Ne t’impose pas cette corvée, je m’en occupe très bien moi-même. Et si tu les trouves si perverses, pourquoi ne peux-tu te passer d’elles ?

Perlimpinpin

Tant de fricoteurs et de magouilleurs se sont amassés devant les portes de l’autre monde qu’il devient impossible d’y entrer. Ceux qui connaissent le chemin arrivent à se débrouiller, ils utilisent les portes de services et les issues de secours. Mais les nouveaux arrivants piétinent, s’impatientent et finissent par se décourager. Le sinistre spectacle de l’hypocrisie doucereuse des marchands de paradis a de quoi rebuter les plus braves…

Pourquoi autant de personnes sont attirées par ces gourous ? Pour leur énergie ? Elle est souvent surévaluée. Et réelle ou pas, cette énergie n’est pas donnée. Les gourous la font payer très cher. C’est un des signes auxquels on les reconnaît. Demandez-vous : Si j’avais le don de cette personne, en ferai-je le commerce ? Serai-je aussi avide d’argent, de reconnaissance, d’amour ? On ne peut pas tout avoir, sauf si on joue au faux gourou. On peut même y gagner la zonzon.

Alors quel motif pousse tous ces gogos vers ces faux moines et ces babas exotiques ? Est-ce parce que les gourous leur donnent une sensation de pouvoir ? Elle est illusoire. Et de brève durée. Le travail doit être fait pour toi-même et sur toi-même. Aucun gourou ne peut le faire à ta place. Il te donne un coup d’épaule, il te vend (très cher) un peu de poudre de perlimpinpin, et tu crois qu’on t’a donné l’éveil dans une pochette-surprise. Non. Ça ne marche pas comme ça. On récolte ce qu’on a semé. Ça vaut pour le gourou comme pour l’adepte.

 Une petite impatience ruine un grand projet. (Confucius)

 

Aurait-on, par hasard, envie d’être à la place de ce gourou qu’on admire ? Envie d’être admiré par une foule de fidèles ? Non, je ne pense pas. Le gourou apparaît à ses adeptes tellement supérieur, tellement inaccessible, qu’on ne peut pas s’imaginer à sa place. On a besoin d’un maître, d’un cadre, de rails, d’ordres, on a besoin d’être rassuré par une autorité qui sait ce qu’on ne sait pas. Sans se demander si une telle personne existe, on s’amourache du premier illuminé assez branché, assez désaxé, assez culotté pour vendre du vent béni.

Grandir

On voit le gourou, on ne voit pas la gourance. On sent le gourou, on ne sent pas son goût rance. On fait partie du menu fretin dont les gourous raffolent. On est destiné à se faire rouler dans la farine, griller dans la cuisine, noyer dans la piscine.

C’est ainsi qu’on remet son destin dans les mains d’autrui. C’est ainsi qu’on devient un sous-homme, qui se tourne vers un surhomme parce qu’il n’a pas assez d’énergie pour trouver son propre surhomme intérieur. La grandeur est en nous, inachevée. La grandeur est en toi sous la forme d’un germe qu’il t’appartient de faire croître en force et en sagesse. Et la grandeur comme une fleur s’épanouira. Et luira sa lumière sur le monde. Ainsi te mettras-tu sur le chemin de toi-même, pèlerin de ta réussite, acteur de ta mémoire, porté par ta propre histoire au carrefour de la grandeur et de l’humilité.

Ce désir de grandeur, nous l’avons tous. Voler dans l’azur, passer les murs, guérir, bénir, changer d’amure, changer d’allure.

Changer le monde
Changer les choses
Avec des bouquets de roses
Changer les femmes
Changer les hommes
Avec des géraniums
 
Changer les âmes
Changer les cœurs
Avec des bouquets de fleurs
La guerre au vent
L’amour devant
Grâce à des fleurs des champs
 

Vagin Cosmique

Rire merlinesque et fantasque du fana d’outre-cieux. Du dévoreur soucieux. Pars sans élan, char sans essieu. Le rire est lent, le mage est vieux. Si tu blesses par les pets, tu mourras par l’épais, dit l’Autre à ses zap-autres. Sois chaste avec les vastes, sois grave avec les braves. Sois fort avec ton corps, sois flamme avec ton âme et fleur avec ton cœur. Sans soupir ni souci, sois surpris par l’Esprit.

 

 

Joue le jeu en te souvenant que c’est un jeu. La vie n’est qu’un jeu. La mort n’est qu’un jeu. Le même peut-être ? Mouvance du mental, résistance molle de l’ego qui se sent perdu, mais qui ne se rend jamais sans combattre.

Lutter contre est une illusion. La puissance divine rend notre volonté risible. Qui sommes-nous pour résister à ceux qui nous ont faits ? Est-ce à dire que nous devrons supporter longtemps encore ces péripéties dégradantes ? Ce concert de cris de porcs, ce culte obscène à l’Argent Roi, cette sinistre fête de la Matière Unique ?

Changer

Frappe, frappe, frappe à la porte du ciel, un jour ton cœur t’ouvrira. Un jour ton cœur se penchera à la fenêtre de toi-même, ton doux cœur ouvrira ses bras et toi tu ne t’en doutais pas. C’est le beau de la chose dans le parfum des roses on parlait d’autre chose quand l’effet et la cause se complètent et s’opposent la solution s’impose ton passé te propose de revivre ta vie : tu vas changer d’avis. Changer ta vie. Changer de vue. Changer d’envie. Changer d’envol. Changer d’envoi.

C’est une belle et bonne chose que de vouloir encore changer quand on atteint l’âge canonique de soixante-douze patates sautées. Mais cette belle et bonne chose se peut-elle ? C’est un fameux ridicule d’échouer dans le déduit, de faillir au conduit et d’en être réduit à mourir aujourd’hui.

Un jour ton cœur saura trouver la voix d’avant, la petite voix qu’il faisait retentir en toi quand tu étais petit, petit, petite voix ton amie, ta conseillère, ton double, petite voix que tu avais oubliée jusqu’à maintenant. Start ! Qu’ici commence en cet instant le premier jour de ta deuxième vie. Bienvenue au ciel de toi-même. Restes-y si tu puis. Assume. Grandis un peu.

Un jour, un instant, le monde. Une faille, un souffle, l’autre monde. tout ton espace vital se joue entre les deux. Mourir ou vivre, prendre ou donner, rire ou sourire, qu’importe au bout du compte, au bout du conte. Ta vie est celle d’un autre, ton âme est ton refuge, prie pour qu’elle descende en toi et grâce au corps subtil, s’incarne de plus en plus profondément, Saint Esprit de nos pères, vivifiante énergie du vril, Ki, mana, puissance intérieure, ta prison est un royaume. Ton corps largement ignoré est la porte dorée qui donne sur l’orée. Accepte. Tu ne sais rien. Qui sait quelque chose ? Ceux qui le croient se trompent. Ceux qui l’affirment nous trompent.

Pour un bon apôtre

A toi qui me lis, qui ne dois pas, laisse-moi là. Pour toi c’est du chinois, du charabia, c’est du blabla. Va, bouge de là, je n’écris pas pour toi. A toi qui me lis, qui me lies dans ton mépris, je ne suis plus ton frère, j’ai changé d’ère. Et d’erre. Et d’air. On peut le faire. On est extraordinaire ! Compagnons de misère unis par la galère. C’était hier. La mer.

 

Et pour les autres

Entre danse et vérité, entre prudence et témérité, entre intense et dépité, l’Immense. L’Évité. L’Ombre immonde…  Que viennent le Règne, le Dôme, le Royaume. Ici et pour toujours, maintenant et partout. Qu’il en soit ainsi. Merci. Si.

 

 

Deviens antifragile ou meurs.
Nassim Nicholas Taleb