Moi Patate

… … … … Tout ce que tu as raconté sur moi est faux, honteux et on ne peut plus lourd. J’hallucine. Regarde comme tu es désagréable ! L’imaginaire moisi du Vieux Patate ! Carrément ! Ah c’est agréable. Moisi, moi ? Trop aimable ! Tu te dis mon ami et tu conchies tout ce que je suis, tout qu’on a aimé. Xavier, tu me déçois, tu me dégoûtes et tu me déranges.

Certes tu m’accordes l’asile de ton site, mais ça ne te coûte pas cher et tu me dois bien ça, pas vrai ? Droit de réponse, bordel ! Parlant de pognon, je pourrais exiger un droit de réponse pour atteinte à mon honneur et à ma réputation. J’ai rien à voir avec tes caricatures, regarde-moi, je suis bel homme ! Mais non, tu préfères baver des conneries. Diffamation, atteinte à mon honneur et ma réputation, saisie, censure, infamie, prison, compensation et pretium doloris. Vil salopiot, j’aurais dû t’écraser dans l’œuf.

Premier délire, tu me représentes en clodo pouilleux, alors que ma vraie tronche, la voilà, je te l’ai mise en pièce jointe, c’est moi sculpté par l’ami Pilon, mon copain Germain. Elle était dans mon jardin d’hiver, tu te souviens, ma jolie maison de Gif sur Yvette. Mais toi, faux-cul, tu traites de bouge immonde ma coquette villa dans son parc arboré. Sans figuier, note bien. Enfin tout de même ! Fontenay-sous-Bois c’est pas la zone.

Tu n’étais pas comme ça autrefois, ça non. Souviens-toi, nos folles soirées avec les filles de Montmartre, les coquines de la rue Gerpil, Germain Pilon le sculpteur, un homme d’honneur et de parole, pas comme toi ! Tu ne faisais pas la fine bouche. Tu te rappelles les lorettes de Notre Dame du même nom ? Tu n’as pas oublié les balades rigolades avec ces belles demoiselles dans le parc de mon beau pavillon de Montreuil. Quoi ? C’est la zone ? Tu déconnes. Ya pas de zone. Montreuil est cossu, tu l’as toujours su.

Jojo le clodo !! Merdeux surnom dont tu m’affubles ! Ça me va aussi mal qu’une chasuble ! Tant qu’on y est, pourquoi pas Gaston Lagaffe, Fiston Lafrite ou Rouston Laroupette ? (source)Réplique (géniale) signée André Franquin dans sa préface pour une parodie intitulée Baston Labaffe Pourquoi Gaston Lagaffe ? Parce que tu t’es permis de me traiter de maladroit. Fiston Lafrite ? Rouston Laroupette ? Parce tu m’habilles en excité qui court la gueuse. C’te connerie. Bien sûr que je baisais. Et toi, ma couille ? Tu vivais en moine ? Fais chier, Xavier. Quand tu m’agaces, Jojo le clodo est ulcéré.

En plus de ça, tu oses parler des années sans Patate, alors qu’on s’est jamais quitté ! J’ai toujours été là pour toi. Ivre mort, quand tu gerbais sur mes tapis persans, est-ce que je ne t’ai pas tenu dans mes bras ? T’es plus doué pour la frime que pour la vérité. Tu crains, Séguin. Tu crains fort.

Ah scélérat ! Me faire vivre dans une cagna au coin du boulevard ! Qué boulevard, connard ? Qué figuier millénaire ? Tu me prends pour Boudu ou pour Bouddha ? Faudrait savoir. T’as tout de même pas oublié mon duplex de 600 mètres carrés à Passy, mon beau penthouse avec vue sur Seine ! J’ai ty l’air d’un d’un clodo ? Pas plus de boulevard que de beurre en broche, mon con joli. Tu mens comme tu respires, tu manques pas d’air, ça non. Pour respirer, tu respires. Mais tu respires pas l’honnêteté, ça non.

Et les discours à la con que tu me prêtes ! Les aliens qui veillent sur nous, c’est ton délire, pas le mien. Les pandémies, les lumbagos,  les tsunamis, je t’en foutrais ! Jamais j’aurais dit une chose pareille. Ça non. Tu le sais bien. Tu m’habilles en clodo, mais ça t’empêche pas de me tailler un costard près du corps. Ça ne t’empêche pas de faire le mal, de trahir ton frère d’arme, de chier sur nos souvenirs sacrés. Ce que tu peux me débecter, parole d’homme !

Regarde comme je suis beau en calcaire de Loire, celui des châteaux, c’est moi le roi, oui mon gars ! Et toi comment tu m’as fait ! C’est mesquin, tout petit, minuscule ! Tu devrais avoir honte. T’en prendre à moi qui t’ai donné sans compter, qui t’ai élevé comme mon propre chien, euh, fils, fils ! Lapsus. Tu vois ta mauvaise foi, ce qu’elle me fait faire ? J’y perds mon lapin. Mon latin. J’en bégaie.

Hein ? Tu dis quoi ? J’entends mal, la sono est dégueu ici-haut. Quoi ? Répète, j’entends rien je te dis. Ah oui, tu veux savoir d’où je t’appelle. Normal. Ça fait toujours ça la première fois qu’on entend un mort. Oui, je suis mort, qu’est-ce que tu crois ? Vivant j’aurais dans les 130 ans. Je suis dcd au siècle dernier. La date exacte, on s’en tape. Ma naissance aussi, la date on s’en tape. L’état civil je lui dis merde.

Tu veux savoir comment je suis dcd. Oui j’entends bien. Enfin non, j’entends toujours aussi mal, mais je comprends ce que tu cherches. Tu veux me prouver que je n’ai jamais existé. Si c’était le cas, qu’est-ce que je fous là ? Et pourquoi tu m’écoutes ? Tu te prends pour Joan Dark, t’as des voix. Et t’es grave dark. Tu dis que c’est moi, je sais bien, et ça m’irrite le gras que je n’ai pas. Il n’y a pas moins dark que moi, l’oublies pas.

Enfin bon, qu’est-ce ça fout ? Je suis mort et c’est mort, c’est pas la mort d’être mort, mais ça vous prend au corps… (grésillements) T’inquiètes pas pour ça, je vais revenir. On a le téléphone ici, les démons sont pas des sauvages. Publie-moi, je te rappelle de suite. N’oublie pas, ça non. Je serai là. Dire un mot chaque fois qu’il me tombe un œil. En attendant, va donc te faire (passage inaudible) … … … … …

Juste un mot, je suis aussi surpris que vous. Patate a cd. Il est dcd depuis 20 ans, ça l’a pas gêné pour me téléphoner. Ni pour m’insulter. « Tu crains Séguin ! » Futile inutile. Comment ose-t-il, ce débris débile ?

Sale vieux débauché, male mort t’a fauché, trop tard pour te cacher, descends de ton rocher, vois venir le nocher, l’enfer est approché, je te l’ai rabâché, par Cerbère attaché, Charon va te mâcher.

Ce qui prouve ! Quoi ? Je sais pas. (xs)

La terre a une peau et cette peau a des maladies ; une de ces maladies s’appelle l’homme. 
Friedrich Nietzsche