L’âge d’or

 

L’histoire de l’être humain est plus longue qu’on nous l’a dit à l’école. Beaucoup plus longue. Et bien différente aussi. A l’origine, c’était l’âge d’or. Une glorieuse époque où les hommes étaient des géants. Car nous ne sommes pas les premiers, si l’on croit l’antique sagesse des peuples telle qu’elle s’exprime dans les mythes du monde, et qu’on appelle la Tradition.

Cinq humanités se sont succédées en déclinant : la Race d’Or, la Race d’Argent, la Race des Patriarches, la Race de Bronze et la Race de Fer, la nôtre. La tradition shivaïte des Quatre yugas (âges) décrit l’aventure humaine au fil de cycles successifs, appelés kalpas ou mahayugas. Venons-en à l’âge d’or des légendes, où l’air était plus léger, plus doré, plus pur aussi. L’âge d’or de nos souvenirs – ou de nos rêves – a sans doute plus de réalité que d’aucuns le prétendent.

 

Krita Yuga

A quoi ressemblait la vie de la race d’or ?  On peut l’imaginer au vu des derniers témoins dits primitifs qui subsistent encore dans les déserts d’Australie ou d’Afrique, dans les forêts dites primaires d’Amazonie, d’Indonésie ou de Nouvelle Guinée. Ces « témoins de l’âge d’or » respectent la Terre-Mère. Ils ne laissent pas de traces durables. Ils ne construisent pas de murailles cyclopéennes. Vivait-on ainsi au temps d’éden ? Des anthropologues l’ont cru, mais on peut en douter.

L’âge d’or est comme le bonheur : on ne le reconnaît que quand il est passé. (Lao Surlam)

En tout cas, c’est l’image paradisiaque que donne Ovide : « Il fut d’or, le premier âge à naître : sans vengeur, sans contrainte, sans lois, il respectait la bonne foi et la droiture. Point de châtiment ni de crainte; nulle menace sur des tables de bronze et la foule suppliante ne craignait pas le visage de son juge; sans protecteur, les gens étaient en sécurité. Alors, le pin n’avait pas encore été abattu dans ses montagnes et n’était pas descendu sur les flots marins pour visiter un monde étranger. Les mortels ne connaissaient de rivages que les leurs. Nul fossé ne cernait encore aucune place-forte. Point de trompette droite, point de cor à l’airain courbé, ni de casque ni d’épée. Sans soldat, les tribus passaient sans risque de doux loisirs.

 

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La terre aussi, dispensée de toute obligation, sans être touchée par le hoyau, ni blessée par des araires, donnait tout d’elle-même. Satisfait des aliments produits sans aucune contrainte, l’homme cueillait les fruits de l’arbousier, les fraises des montagnes, les cornouilles, les mûres attachées aux ronces épineuses et les glands tombés de la large frondaison de l’arbre de Jupiter. Un printemps éternel ! Les zéphyrs paisibles caressaient de leur souffle tiède les fleurs nées sans semis. 

Bien vite, même, la terre vierge portait des moissons et le champ en jachère blanchissait de lourds épis. Là, des fleuves de lait, là, des fleuves de nectar; des gouttes de miel blond tombaient de l’yeuse verdoyante. (Source)Ovide, Métamorphoses, I, 89 – 11

 

Le mythe du Bon Sauvage

On reconnaît dans cette description la source qui a inspiré Jean-Jacques Rousseau et son mythe du Bon Sauvage. Depuis Rousseau, l’idée a fait son chemin. Elle sous-tend, par exemple, le conflit estudiantin de mai 68 en France. Des slogans comme « croissance zéro » ou encore « on arrête tout, tout de suite » montrent bien le désir de retour à la nature, à la vie simple et naturelle des peuples qui ne sont pas dans la folle farandole du progrès, de l’industrie, du travail comme valeur suprême.

Les sauvages ont cette supériorité sur les civilisés : eux ne travaillent pas. Ils pêchent, ils chassent, récoltent des racines et des baies, cultivent chacun leur lopin de terre en guise de potager. mais ils n’ont ni patron, ni collecteur d’impôts, ni sécurité sociale. Quand un sauvage devient trop vieux pour subvenir à ses besoins, pas de problème, il se repose et toute la communauté villageoise prend soin  de lui.

Je crois que les Africains, qui sont les premiers Homo Sapiens, ont connu une phase de développement qui a duré longtemps. Ils ont habité des villes, ils ont colonisé des terres sauvages en Europe, en Asie et en Amérique où ils ont bâti des temples et des cités. A cette époque, les Blancs vivaient encore comme des sous-développés, ils se sont soumis à leurs maîtres noirs. Et puis les Africains se sont lassés de ce mode de vie. Ils ont désiré retourner à la vie sauvage, pour laquelle leurs anciens éprouvaient une grande nostalgie, entretenue par les récits très embellis du paradis terrestre que faisaient les conteurs autour du feu.

 

Les armes d’Or

Cette version de nos origines peut être vérifiée par des faits, comme vous l’allez voir. Et si les véritables hommes du Satya Yuga avaient été bien différents de nos bons sauvages ? A dire vrai, plus loin on remonte dans le temps, et plus les découvertes archéologiques montrent un haut degré de développement. Ainsi, dans le Mahabharata, qui se déroule à l’âge de bronze, Arjuna rencontre un dieu de l’âge d’or, Shiva, qui lui donne pasupata, arme de destruction massive dont les effets sont ceux de l’arme atomique.

Il est d’ailleurs fort probable que la fin de l’âge d’or ait été un conflit atomique généralisé, qui déclencha un interminable hiver nucléaire, l’âge de glace.

 

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Age d’or, disiez-vous ?

Nul ne peut rien vous apprendre d’autre que ce qui repose à demi endormi dans l’aube de votre connaissance. (Khalil Gibran)

 
Le souvenir des faits extérieurs de ma vie s’est, pour la plus grande part, estompé dans mon esprit ou a disparu. Mais les rencontres avec l’autre réalité, la collision avec l’inconscient, se sont imprégnées de façon indélébile dans ma mémoire. Il y avait toujours là abondance et richesse. Tout le reste passe à l’arrière-plan.
Carl Gustav Jung