L’exploit d’Atlas

Dans la mythologie grecque, Atlas est un super-héros qui porte la masse énorme de la terre. Voici ce que cela signifie. Atlas, fils de Poséïdon est aussi son héritier. À ce titre, il règne sur l’Atlantide. C’est selon Platon une grande île que je tiens pour artificielle.

C’est un gigantesque vaisseau qui abrite plusieurs îles, une montagne centrale et quatre fleuves pointés vers les quatre points cardinaux. Il y a bien longtemps, ce vaisseau spatial s’est posé sur l’océan Atlantique. C’était le vaisseau amiral de Poséïdon, frère de Zeus. Poséïdon a régné pendant des siècles sur un royaume flottant, une île circulaire de 3300 km de diamètre. Maintenant son fils Atlas est aux commandes de l’île volante qui s’apprête à décoller – événement rare, aux lourdes conséquences.

Le commandant Atlas a mis le casque équipé de palpeurs cérébraux qui lisent ses ordres dans la nanoseconde. Il a chaussé les gants bourrés d’électronique qui réagissent à la moindre impulsion de ses mains. Pourtant la procédure de sécurité n’est pas sa priorité. Il débranche le pilotage cérébral. Il veut sentir dans ses mains les réactions les plus subtiles du vaste engin. Ses doigts pianotent sur la barre digitale où deux poussoirs suffisent à diriger l’Atlantide. En temps ordinaire, il laisse les commandes à l’un de ses pilotes. Mais pour les manœuvres délicates, le roi tient à assurer lui-même la manœuvre.

Atlas incarne toute la démesure des fils du Temps, les gigantesques Titans. Les Titans sont les dieux de la race d’argent, des colosses dotés d’une grande longévité et d’une force sans limite. Fils d’Ouranos, le Ciel, dieu des dieux de l’âge d’or, les Titans mesurent plus de 4m et vivent plus de deux mille ans. Les plus célèbres sont Cronos le Temps et Japet, le père de Prométhée le petit malin, père des hommes,  d’Epiméthée le simplet, mari de la belle Pandore, la première femme ; et d’Atlas le tout-puissant, que la statuaire grecque représente portant un globe. Serait-ce la Terre ?

En observant le globe que porte Atlas sur les représentations antiques, on peut constater qu’il ne s’agit pas du globe terrestre, mais du globe céleste. Sur le globe d’Atlas, on voit les signes du zodiaque figurant les douze constellations : les Grecs du 5e siècle AECavant l’ère commune y voyaient le globe céleste, avec tous ses mondes et ses constellations. Eh oui, les Grecs avaient d’autres croyances, ce n’est pas la terre que porte Atlas, mais bel et bien la voûte céleste. Figurer les constellations du Zodiaque sur un globe terrestre est une manière subtile d’indiquer que la Terre, portée par Atlas, a changé d’orientation par rapport à la voûte  céleste.

Il fut un temps où la terre était perpendiculaire au plan de l’écliptique. Une façon imagée de transmettre à la postérité cette incroyable information : l’axe terrestre n’a pas toujours été incliné, et peut-être bien que cette inclinaison n’est pas due à une cause naturelle. Peut-être bien qu’elle est l’œuvre d’un dieu. Peut-être bien  qu’Atlas y est pour quelque chose

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Atlas est porte-terre comme son cousin Prométhée est porte-feu. Performance inouïe, plus fort que les travaux d’Hercule ! Qu’est-ce à dire au juste ? Aussi incroyable que cela puisse paraître aujourd’hui, Atlas savait porter la Terre. La foi des Atlantes déplaçait plus que des montagnes.

En effet, les anciens dieux avaient trouvé le moyen de modifier l’inclinaison de la planète dans le ciel. Au lieu de former un angle de 23,27° par rapport au plan de l’écliptique, comme elle le fait aujourd’hui, ils l’ont remise à la perpendiculaire parfaite. Cette prodigieuse réalisation semblait n’avoir que des avantages. Et sur Terre a régné l’Age d’Or. Il semble que les dieux d’avant maîtrisaient de nombreuses sciences dont nous ne savons quasi rien. La gravitologie en fait partie. 

Tout porte à croire que les Atlantes savaient ôter le poids des monolithes les plus lourds ; ainsi auraient-ils bâti ces forteresses cyclopéennes des Andes, d’Egypte et de Grèce, où les blocs de 200 tonnes ont été levés et ajustés grâce à l’antigravité. Certes, la Terre pèse beaucoup plus lourd que les plus énormes pierres, et ces premiers aperçus ne répondent pas tout à fait à la question du comment. Surtout, pourquoi l’ont-ils fait ? Pourquoi réorienter l’axe terrestre ?

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Leur premier objectif était de stimuler la production de géo-énergie, l’énergie que la rotation des astres et des planètes produit naturellement. Une planète comme la Terre, de par sa rotation, fonctionne comme un système rotor-stator, le stator étant le noyau cristallin, et le rotor étant le reste du globe. Cette géo-énergie ruisselle sur l’écorce terrestre sous forme de bandeaux parallèlles d’une cinquantaine de kilomètres de large, appelés les flux sacrés.

Les Atlantes savaient qu’en redressant  l’axe terrestre, on augmenterait la quantité et la qualité de cette géo-énergie renouvelable, non polluante, et gratuite. Ils redressèrent donc l’axe terrestre. Les rayons du soleil sont devenus perpendiculaires à la terre, donc plus chauds. D’où un dégel accéléré des glaciers comme celui qui mit fin au dernier âge glaciaire en Europe et en Amérique. Question climat, gros changement : il n’y a plus qu’une seule saison perpétuelle.

L’hiver infini aux pôles, l’été perpétuel sous les tropiques, et un éternel printemps sous nos latitudes tempérées, donc plusieurs récoltes par an. Ce fut le temps du jardin d’Eden, l’ère du regain, du renouveau. Ça aurait pu se passer il y a 10.000 ans, quand les anthropologues constatent l’apparition de l’agriculture : les plantes cultivées et les animaux domestiques surgissent d’un coup en différents points du globe. Cet essor spontané n’a pas reçu jusqu’ici d’explication satisfaisante. 

Il existe une autre interprétation du mythe d’Atlas, dans l’hypothèse dite du bal des lunes. Les diverses périodes de gigantisme constatées sur notre planète pourraient s’expliquer par le rapprochement d’un satellite, jusqu’à son écrasement final qui signerait la fin d’une ère géologique, ou le début de l’ère suivante, comme on voudra. La Lune actuelle s’était alors dangereusement rapprochée de la Terre, et les géants savaient que le temps était venu pour eux de quitter cette planète-piège.

Mais l’un d’entre eux, le prince Atlas fit un exploit colossal d’un shoot quantique, il réussit à éloigner la lune très loin de notre planète, un peu trop loin même. N’étant plus compensée par l’attraction lunaire, la gravité terrestre devint trop forte pour les Titans. Atlas et les siens durent tout de même quitter la Terre du Milieu. L’âge des hommes était venu.

Pourtant l’exploit d’Atlas, son shoot un peu trop puissant, avait propulsé notre satellite à la limite de l’attraction terrestre. Un jour ou l’autre, la Lune échappera à la Terre et reprendra sa course vers l’astre le plus proche, le Soleil. Gnap ! Le Soleil a dévoré la Lune… Fin d’une ère géologique.

Sur Terre, sans satellite pour compenser, la pesanteur est devenue insupportable.

Les Homo Sapiens sont condamnés à disparaître : notre corps est trop grand et nos os trop fragiles. Avant de partir, nous graverons notre savoir sur des tables de pierre, pour que nos successeurs, un jour, le comprennent.  Nos généticiens auront fait une autre espèce à notre image, d’une toute petite taille mieux adaptée à la pesanteur de la planète dont ils héritent, avec sa formidable histoire… Pour éviter tout racisme, nos généticiens ont eu l’idée discutable de leur donner à tous la même couleur… bleue. Entre eux, ces Schtroumpfs s’appelleront le Petit Peuple, et ils nous nommeront les Grands Anciens.

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Annales akashiques

Avant de conclure, il est juste de vous faire connaître l’évolution de ma pensée. Ce site existe depuis plus de 10 ans, largement le temps d’évoluer. Et l’internet a cette supériorité sur l’imprimé, l’auteur peut y revenir sans fin, cent fois modifier, mille fois corriger. Le kif !

L’exploit d’Atlas… Je m’en suis longtemps tenu à cette explication du mythe, Atlas porte-terre, même si je n’en étais pas pleinement satisfait : comment Atlas a-t-il accompli cet exploit ? Et surtout dans quel but ? De quelle manière doit-on s’y prendre pour modifier l’axe et l’assise d’une planète ? Plusieurs lecteurs m’ont fait remarquer que je n’en disais rien. Parce que je n’en savais rien.

Depuis, le génie m’a visité. Ou plutôt, j’ai pris le train pour les annales akashiques. En remontant la ligne de temps, je suis allé voir sur place, à l’époque. Vingt dieux grecs ! J’allais changer mon fusil d’épaule. Atlas a-t-il fait un exploit, ou une terrible maladresse ? Mais oui,  une big boulette dont on paie encore les conséquences…

Le Soleil a rendez-vous avec la lune Mais la Lune ne vient pas et le Soleil l’attend. (Charles Trenet)

Je ne dis que ce que je peux dire et ce que je dois dire, rien de plus. Le reste, je ne le dirai jamais.
Gérard de Villiers