Les dieux Ases

 

Avant les religions actuelles, l’Europe pratiquait une seule religion, qu’on appelle tout simplement la Vieille religion. Des Bretagnes au Caucase, les Européens adoraient les mêmes dieux, les Ases. Je vous propose de découvrir leur origine et leur histoire, dans une version hors dogme et sans tabou.

« Il est curieux d’étudier comment le continent Europe a pris son nom, en contradiction avec les données étymologiques les plus naturelles. Ce nom dériverait de l’hébreu oreb ou ereb, qui signifie soir, couchant – ou du grec europê, l’endroit sombre. Il ne serait donc juste que pour les pays de l’Orient, mais faux pour l’Amérique qui nous situe en plein soleil levant. 

Moïse appelait l’Europe « l’île des Nations » et les écrivains sacrés la nommaient Japetia. Le nom est employé pour la première fois dans un hymne homérique adressé à Apollon, où l’on oppose l’Europe du couchant aux îles grecques et au Péloponnèse.

 

Ases et Pélasges

Quoi qu’il en soit, l’étymologie du mot Asie nous intéresse bien davantage, car elle est dans la ligne de nos traditions les plus anciennes. Asie viendrait du phénicien asir qui signifie : central, dérivé du scandinave ase = dieu. Cette racine est la plus sûre, car les Phéniciens descendaient des Pélasges dont les dieux étaient appelés Ases. »   (source)Robert Charroux, Le livre des maîtres du monde, Robert Laffont – Tchou, p. 18   Ainsi parlait l’incontournable Robert Charroux dont les merveilleux livres ont pimenté mon adolescence.

Les Pélasges sont les Peuples de la Mer, qui ont fait régner la terreur sur tout le bassin méditerranéen. J’ai évoqué leur histoire fascinante dans l’article les Peuples de la Mer. Ils étaient venus des mers du nord de l’Europe, comme plus tard les Vikings, et plus tôt les Hyperboréens conduits par Rama le conquérant. Ils ont exercé une influence importante et durable sur tout le bassin méditerranéen jusqu’au Caucase et à l’Afrique noire. Cette influence culturelle et religieuse se retrouve dans les noms des dieux des Phéniciens, Phrygiens et Babyloniens : Astarté, Astaroth, Asmodée, Ascherah.

 

Ange ou démon ?

Il y a aussi quelques diables, dont Azazel qui possède deux fois az et la terminaison el, qui signifie Dieu en hébreu. Il s’agit donc d’un grand dieu ase, le tout premier d’entre eux, peut-être Odin ? Azazel est présenté dans la Bible comme le principal démon des Hébreux, (source)Ancien Testament, Lévitique 16 dans la description du rituel du Grand Jour des Expiations, le Yom Kippour. « Aaron prendra ces deux boucs et les placera devant Yahvé à l’entrée de la tente de réunion. Il tirera les sorts pour les deux boucs, attribuant un sort à Yahvé et l’autre à Azazel.

Aaron offrira le bouc sur lequel est tombé le sort “À Yahvé” et en fera un sacrifice pour le péché. Quant au bouc sur lequel est tombé le sort “À Azazel” on le placera vivant devant Yahvé pour faire sur lui le rite d’expiation, pour l’envoyer à Azazel dans le désert. Aaron lui posera les deux mains sur la tête et confessera à sa charge toutes les fautes des enfants d’Israël, toutes leurs transgressions et tous leurs péchés. Après en avoir ainsi chargé la tête du bouc, il l’enverra au désert sous la conduite d’un homme qui se tiendra prêt, et le bouc emportera sur lui toutes les fautes en un lieu aride. » Cette tradition est à l’origine de l’expression Bouc émissaire. (source)

Azazel, principal démon qui dans le Livre d’Hénoch était un ange, carrément. On trouve tout dans la Bible. Tout et son contraire. « Il est bon aussi de se rappeler que dans le Livre d’Hénoch l’ange-cosmonaute qui initia les hommes avait nom Azazel. » (source)Robert Charroux, Le livre des maîtres du monde, Robert Laffont – Tchou, pp. 18, 19 

 

Nous habitons l’Asie

On retrouve la racine ase dans des noms de lieux, Assyrie, Chiraz, Ahvaz, mer d’Azov, Azerbaïdjan, Kazakstan, Astrakhan… ou encore dans des noms propres : le roi Midas qui régnait sur la Phrygie, ou bien Charles Aznavurian dit Aznavour, issu d’une vieille famille arménienne qui descendait sans doute des Ases…

En Egypte, la racine ase figure dans le nom d’Osiris : Ousir se lit aussi Asar, car l’égyptien antique n’écrit pas les voyelles, comme l’arabe moderne. J’ai expliqué ailleurs pourquoi Osiris est le dieu Hasard. Rien n’est fortuit, tout vient à point, le hasard n’existe pas, il exprime la volonté divine, celle d’Osiris Asar. « Asar ou Asari, c’est aussi le nom du grand dieu des Babyloniens, Mardouk. » (source)Robert Charroux, Le livre des maîtres du monde, Robert Laffont – Tchou, pp. 18, 19 

 

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Caucase, où l’on retrouve la racine ase. Caucase, qu’un fils de la Mère l’Oie pourrait écrire : coq ase, associant aux dieux celtes le fameux coq gaulois. Une fois de plus, la langue des oiseaux donne un coup de pouce à l’histoire pour la remettre d’aplomb.

Charroux ajoute plus loin : « Selon Strabon et Ptolémée, le peuple des Ases habitait au pied du Caucase dans la région de la mer d’Azov et d’Aztrakan, première patrie de la race blanche quand elle descendit du plateau d’Iran après le déluge. Le peuple des Ases n’a donc rien à voir avec la race jaune. Dans les vieux poèmes scandinaves et dans la mythologie de l’Occident, la terre sacrée où habite les dieux, c’est Asgard ou Asaland. En toute justice, l’Europe, de la Gaule au Caucase, eût dû s’appeler l’Asie. »  (source)Robert Charroux, Le livre des maîtres du monde, Robert Laffont – Tchou, pp. 18, 19

 

Charroux a raison, et en même temps il a tort. Oui, les Ases sont venus de Troie, voire du Caucase, mais pour Charroux cela n’est pas l’Asie. Ce serait, disons, une extension de l’Europe, ou encore les marches de l’Asie. Troie en Asie mineure, comme dit l’ancienne comptine.lire ci-contre

Allons, Monsieur Charroux, le moyen-orient est bel et bien en Asie. D’ailleurs les légendes scandinaves le reconnaissent avec la plus grande honnêteté. Le prologue à l’Edda en Prose est très clair, les Ases sont venus d’Asie, de Troie dans l’actuelle Turquie. Ensuite, les peuples du nord de l’Europe les ont pris pour des Dieux. (source)

Pour une fois, ces dieux-là n’ont pas été relocalisés. Les Celtes et les Nordiques ne les ont pas fait naître chez eux. Mais les Ases ne sont pas nés en Asie non plus. On pourrait disputer le bout de gras pendant des siècles encore, comme un bon universitaire, un bon dominicain, ou un bon rabbin. Je ne suis rien de tout ça et n’ai pas le goût des arguties. La vérité est ailleurs, comme toujours.

 

Ils habitaient Hyperborée

Les Ases comme tous les dieux d’avant venaient d’un seul endroit, un pays au-dessus du pôle nord, un pays magique ayant pour capitale Asgard – l’Olympe des anciens Grecs, la Jérusalem céleste des chrétiens, le paradis de toutes les religions.

Ce pays, ce n’est pas un pays, c’est le ciel. (source)Merci Gilles Vigneault Et dans le ciel une île flottante, grande comme une planète. Le paradis, l’Eden. Une planète errante, un vaisseau-mère qui n’abrite pas moins de 30 millions de dieux ! On se doute bien qu’ils ne sont pas tous d’accord. Ils se livrent des bagarres continuelles entre clans. Et nous, pieusement, nous faisons de même.

Les Ases venaient d’Hyperborée, leur vaisseau-mère. Et avant cela, ils venaient d’un autre système stellaire. On les dit originaires de Troie parce que c’est à Troie qu’ils sont descendus du ciel. C’est là que leur navette s’est posée. Ils y avaient peut-être aménagé un trône de Salomon, ou bien ont-ils utilisé l’astroport de Baalbek ou celui de Babel. Dans ce coin du monde, réputé berceau des civilisations, il y avait pléthore d’astroports. La terraformation de Sumer en témoigne. On peut dire que les surhommes d’Alcor ont démarré la colonisation terrestre en Mésopotamie. Mais ils venaient d’ailleurs. Ils venaient de cette constellation du nord que tout le monde sait reconnaître. Même les enfants. Ils venaient de la Grande Ourse.

 

Le mythe du dieu unique

Cette région du monde a tiré la couverture à elle. On ne prête qu’aux riches, et les nombreux événements qui s’y sont déroulés ne doivent pas masquer d’autres faits, plus passionnants encore, qui se déroulent ailleurs. Pourquoi la Vieille religion a-t-elle disparu ? Comment les exploits des Ases et de leurs copains du ciel furent-ils éclipsés par d’autres légendes ?

Là encore, Robert Charroux a son mot à dire : « Les Hébreux, désireux d’imposer le dieu unique, durent sataniser les dieux ancestraux. Or la race blanche ayant fait éclore sa plus ancienne civilisation chez les Celtes, les dieux de nos ancêtres se trouvèrent particulièrement visés. Ces dieux ou Ases étaient Cernunos, Esus, Toutatis, Thor, mais l’ennemi redoutable était le Baal des Phéniciens, à la fois dieu de la planète Vénus et seigneur du Nord »,  Baal le Bélier qui fait penser à un autre Bélier, Rama le conquérant. Baal dont le nom est si proche de ceux « des dieux celtes ancestraux  Bel, Belin, Bélénus, Belinus, et de la déesse Belisama pareille à la flamme. » (source)Robert Charroux, Le livre des maîtres du monde, Robert Laffont – Tchou, pp. 19, 21

 

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Les dieux celtes ont tous leur équivalent méditerranéen : Esus devient Jésus l’Hébreu, Toutatis rappelle Thot l’Egyptien, et Thor se retrouve dans sa parèdre Hathor, la grand déesse d’Egypte. Hathor correspond à Héra la Grecque, modeste épouse de Zeus dans la version officielle et patriarcale. Zeus, le dieu des dieux ? Mon œil ! En réalité la véritable patronne des Olympiens c’est elle, c’est Héra. Hathor. Isis. La déesse des dieux.

Le déclin était en marche. Le monothéisme des Hébreux fit un sort à la Vieille religion. Cette grande épopée pleine de dieux et de fureurs retraçait la saga de nos vraies origines. Par la lubie d’un peuple, le dernier témoignage authentique sur la nature exacte des dieux d’avant fut effacé, comme l’avaient été le nom et les hauts faits de l’empereur Rama, mille ans auparavant.

L’histoire, la vraie, est celle qui disparaît. Celle qui reste est l’histoire officielle : un tissu de mensonges. En face de la puissance des mythes, cette pauvre histoire-là ne vaut pas un pet de lapin.

Croire à l’histoire officielle, c’est croire des criminels sur parole. (Simone Weil)

Deux hommes regardaient par les barreaux de leur prison.  L’un vit la boue, et l’autre les étoiles. 
Idries Shah