Cùchulainn le Tuatha

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Il est des héros qui font rêver les enfants, comme Gilgamesh, Héraklès ou Prométhée. Dans la mythologie celtique, Merlin d’Armor et le roi Arthur, Perceval, Gradlon le roi d’Ys, Mélusine, la fée Viviane… Et le plus fabuleux, le géant Setanta dit Cuchulainn.

Dans la forteresse d’Eamhain Macha, appelée aussi le « château des péchés », le forgeron Culann faisait la fête. Son puissant chien avait été posté à la porte de la forteresse. Setanta est arrivé à la tombée de la nuit. Il ne connaissait pas le chien de Culann qui l’a attaqué. Aussitôt terrassé: Setanta ne lui a pas donné la moindre chance. Fils de Lugh, le dieu de la lumière, et de Dectire, une belle mortelle, Setanta venait d’un autre monde et n’était pas familier des coutumes et des ruses des humains.

Avec son peuple de demi-dieux, les Tuatha de Danaan, il venait des quatre îles du nord. Ces îles introuvables représentent sans doute l’autre monde, peut-être d’autres planètes? A moins qu’il ne s’agisse des quatre continents de la planète-vaisseau Hyperborée ?

 

Lorsqu’il apprit la mort de son chien, Culann fut pris d’une rage terrible et Setanta jura qu’il remplacerait le chien de Culann pour garder la porte de la forteresse. Donc Setanta a été appelé « le chien de Culann », dit Cùchulainn en gaélique ancien. Tous les habitants avaient l’intention d’utiliser le géant pour détruire les ennemis du château des péchés.

Le devin Cathbad a déclaré que les étoiles ont demandé le départ de Cuchulain pour lutter contre l’ennemi. Bon sang, le géant est d’accord. Le premier jour, il a tué deux princes ennemis, ce qui l’a rempli de fièvre de guerre. Un œil rouge brouilla les yeux, le désir de tuer devint irrésistible. Ainsi étaient les géants, objets de pulsions sanguinaires. Par conséquent, deux chemins s’ouvrent devant lui: l’un de lumière et l’autre de sang. Cuchulain est la voie du sang. Conscient d’avoir été manipulé, il est retourné au château des péchés pour le détruire.

Mais les assiégés lui adressent trois femmes séduisantes, une blonde, une rousse, une brune, nues toutes les trois. Désarmé, le géant tombe raide amoureux de la plus belle, Emer, le lys d’Emain. Le tueur d’hommes devient doux comme un agneau devant la belle. « Marions-les vite » murmure le devin Cathbad.

« Nul n’épousera ma fille s’il n’est d’abord formé par Domhnall, le maître d’armes, » réplique le père de la jeune femme. Docile, le Chien de Culann va s’entraîner chez Domhnall. Il y restera trois ans. Ayant acquis la maîtrise parfaite de toutes les armes, il revient plein d’espoir demander la main d’Emer. « A présent, tu dois t’entraîner avec Scathatch la Druidesse, experte en arts martiaux » répond son père. Cùchulainn calme sa rage et baisse la tête. « J’irai chez Scathatch » dit-il.

 

Trois années passent encore chez la Druidesse. Devenu maître en arts martiaux, il revient demander la main d’Emer, mais une fois de plus, son père la lui refuse sans même abaisser le pont-levis. Cette fois, le géant voit rouge : le Chien de Culann laisse éclater toute sa rage.

 

cuchulainn-tue-ferdiad-200poEntrant dans la forteresse, il massacre nombre de guerriers farouches. Terrifié, le père d’Emer se donne la mort. Les amants sont enfin unis. Mais rien n’est joué. Cùchulainn le Chien de Culann devra se battre ensuite contre des serpents qu’il mettra en pièces et des dragons qu’il mettra en fuite : depuis lors, il porta l’emblème du Serpent. En des temps de troubles et de guerres, Cuchulainn, le Dogue d’Ulster, défendit seul son pays.  Face à l’invasion, il protégea l’Ulster malgré la douleur des blessures.

Cùchulainn est un héros tragique : avec Caladin, sa fidèle Epée, il a tué Ferdiad, son meilleur ami, dans le feu de la bataille de Ford. A son dernier combat, un javelot ennemi le transperce. Son ventre lacéré laisse pendre sa tripaille. Il titube et s’écroule près d’un lac où il boit à longs traits. Ensuite, il s’attache solidement à une pierre levée. Un corbeau sautille sur ses tripes en picorant son sang. Cùchulainn part d’un dernier rire, qui s’éteint en hoquets douloureux. C’est debout qu’il fera face à ses ennemis, c’est debout que la mort le prendra. 

Déjà la mort le tient, mais son poing ne lâche pas l’épée.

Trois jours durant, et trois nuits, l’ennemi tremble dans les taillis, n’osant s’approcher de lui, ligoté à sa pierre tel un Christ païen, son bras menaçant toujours armé de Caladin. Au matin du quatrième jour, une loutre s’approche de Cùchulainn. Elle le renifle et boit son sang. « Cùchulainn est mort », se disent ses ennemis. Un à un, soulagés, ils quittent leurs terriers. La nouvelle se répand. La vie peut reprendre son cours normal…

 

Voilà l’histoire de Cùchulainn, héros mythique de l’Ulster. Mais j’en connais une autre version

 

Regarde le soir comme si le jour y devait mourir, et le matin comme si toute chose y naissait. Sage est celui qui s’émerveille.
André Gide