Capteurs subtils

 

Depuis près de cinq ans, je note la présence d’organes invisibles que je n’avais jamais remarqué. Seuls les voyants les perçoivent. Je les observe sur de très jeunes enfants, ceux qui ont les nouvelles auras : indigo, cristal et arc-en-ciel. Ils sont très nombreux, croyez-moi. Ces organes se développent dans la première couche du corps subtil, près des tempes. Ils sont mobiles et s’orientent sans cesse, d’où le nom de capteurs que je leur ai donné. Mais que font-ils vraiment ?

 

Ils évoquent la ramure du jeune cerf. Leur forme arrondie évoque celle de certains cactus, sans les piquants toutefois. De chaque côté de la tête, ces capteurs sont animés de mouvements lents ou vifs qui changent l’orientation des branches. En vénerie, on parlerait des cors. À quoi sert ce nouvel organe ? Difficile à dire. Je n’ai pas pu interroger les enfants, évidemment. Qu’auraient-ils pu me dire ? Même si un enfant perçoit une réalité que les adultes ne connaissent pas, qu’en sait-il ?

J’avais si peu à dire pourtant je brûlais de vous en parler… Indécis, perplexe, j’en étais à ce point de mes réflexions quand j’ai reçu un stagiaire. L’ami M a dépassé de peu la quarantaine. Même s’il ne fait pas son âge, il n’est plus un enfant. Et pourtant ! Je n’en reviens pas : lui aussi a les capteurs !

De chaque côté de son crâne se développent de longs bois vigoureux, tactiles, aux mouvements harmonieux. C’est le premier adulte que je vois avec ces machins. M n’en sait rien, j’ai donc attendu pour évoquer ça.

Quand il s’agit de révéler une vision à quelqu’un, je marche sur des œufs. Comme aucun œuf ne supporte mon poids, je mange beaucoup d’omelettes. Ma prudence est tactique. Si je parle trop tôt, il ne sera pas prêt à entendre. Il classera ce dossier sans suite et l’oubliera.

Ou pire, victime de mes suggestions, il ne voudra pas y croire. Je m’interdis de lui voler ses découvertes. En guerrier impeccable, j’attendrai qu’elles viennent de lui. Je me méfie des voyants qui sont pressés de montrer leur talent : pur comportement d’orgueil. Bannir l’ego est la règle d’or du guerrier de lumière.

M est le premier adulte avec une ramure. Beaucoup de points communs nous ont rapprochés. Il est ouvert, en demande. C’est le moment, j’aborde le sujet. Sa réaction est parfaite. Il n’en savait rien. Mais il n’est pas étonné. Mon ami pense que ça sert à émettre et à recevoir. Oui, c’est aussi mon avis.

Depuis cette première rencontre, nous gardons le contact par téléphone ou e-mails. Il a progressé dans la compréhension de ses capteurs. Il suppose que s’il peut si facilement deviner les pensées, c’est grâce aux capteurs.

Moi  j’en vois de plus en plus, et chez les adultes. Une autre personne que je connais bien en a aussi. Je n’avais pas remarqué ! Pour elle, ces bois sont des émetteurs récepteurs. Elle pense que tout le monde en a, mais peu s’en servent. Elle s’en sert pour contacter qui elle veut. Toutes les portes lui sont ouvertes ! Comme avec le web, mais en mieux : pas besoin de smartphone, de réseau, ni d’adresse mail ou autre. Tu évoques la personne, tu lui parles aussitôt.

Contacter qui on veut ? Émettre, recevoir ? Ces ramures seraient-elles la source des ondes scalaires ? C’est probable. Les ondes ont besoin de capteurs qui s’orientent pour mieux atteindre leur destination. Comment savent-ils ? Comment font-ils ? Obéissent-ils à l’intention ? Sont-ils pilotés par le cerveau ? Mais le cerveau est connu, pas les capteurs. Pourquoi sont-ils invisibles ? Il est vrai que les ondes le sont aussi, mais pas les paraboles ni les antennes. 

Beaucoup de points restent à éclaircir. Tant mieux, j’adore ce genre d’énigmes. Les sujets d’observations sont adultes, sensitifs, préparés, ils vont accueillir mes questions sans trop s’en étonner. Grâce à leurs témoignages, ces recherches vont avancer. J’ai plus de questions que de réponses : je tenais à en parler pour vous faire réagir. Vos témoignages me permettront de traiter la question plus à fond.

Une autre question me trotte en tête. Il se peut que tout le monde en soit pourvu depuis toujours. Dans ce cas, pourquoi ne les ai-je pas perçu plus tôt ? Mon don de vision n’était-il pas assez développé ? L’élévation constante et rapide du taux vibratoire de cette planète nous aide à percevoir l’invisible et à explorer l’autre monde, comme j’ai pu le constater avec les astral-volants et les Loups Volants. Ce boost vibratoire a pu me permettre de développer mes talents de voyant. La voyance possède sept degrés. En aurais-je gagné un ou deux ?

Mon amie croit que tout le monde possède cet appendice subtil. Les chamanes et les sorciers des peuples premiers lui donnent raison. Ils portent toujours des bois de cervidé ou de bison. Rama possédait deux magnifiques cornes de bélier. Thor avait celles d’un taureau. Plusieurs dieux égyptiens ou hindous possèdent des cornes.

Il se peut que certains êtres doués de pouvoirs soient seuls capables d’utiliser leurs capteurs subtils. Le langage courant ne dit-il pas d’un être intuitif qu‘il a des antennes ? Le bon sens populaire se trompe peu. Une fois encore, il pointe une réalité invisible qui échappe aux divers spécialistes. Pour parler de voyance, il faut être voyant. Peu d’universitaires le sont. Mais patience ! Le monde et les temps changent.

 

 

Dans le tarot initiatique dit de Marseille, l’arcane XV Le Diable montre un brave démon qui en a. Et à ses pieds, deux petits sorciers ont eux aussi des antennes. J’avais cru jusqu’ici de c’était une façon d’évoquer un don de double vue. Mais c’est bien davantage qu’un symbole : la réalité cachée se révèle doucement. La double vue est la fonction du troisième œil, que les Égyptiens antiques nommaient l’œil d’Horus. Les antennes vont bien au-delà. Leur position de chaque côté du crâne évoquent des oreilles. Sont-elles la tierce oreille apanage du dieu Apollon ?

Oui, certainement, dans la mesure où elles permettent de parler et d’entendre des personnes très éloignées. Mais elles servent à bien des choses du même ordre. C’est mon intime conviction. Soyez sûrs qu’un prochain article apportera de nouvelles réponses. Avec un tas de nouvelles questions…

 

L’humanisme du 18e siècle a défini l’être humain de façon beaucoup trop restrictive : il l’a défini comme être pensant au lieu d’être vivant.
Claude Lévi-Strauss