Le fruit défendu

 

Cet article n’aura pas de version anglaise. Il vient de la Langue des Oisons dans sa version française, la seule possible. Il repose sur un jeu de mots qui ne peut fonctionner dans aucune autre langue. La langue française occupe de ce fait un statut tout particulier : le français est rien moins qu’une langue initiatique, comme l’allemand, l’hébreu et l’hindi. 

 

Puis l’Eternel Dieu planta un jardin en Eden, du côté de l’orient, et il y mit l’homme qu’il avait formé. L’Eternel Dieu fit pousser du sol des arbres de toute espèce, agréables à voir et bons à manger, et l’arbre de la vie au milieu du jardin, et l’arbre de la connaissance du bien et du mal. (gen 2)

 

Langue des Oisons

Le fruit défendu ? De quel fruit parle-t-on ? Certes le texte biblique est formel, il s’agit d’un arbre fruitier. Peut-être… N’oublions pas que la Bible comme tous les livres saints ont été transmis oralement pendant des millénaires, avant d’être transcrits de langue en langue. Ceux qui les ont transcrits n’avaient pas la moindre idée de ce qu’ils copiaient, tant les événements en question étaient lointains. Aucun témoin direct, juste des textes écrits par des ignorants.

Alors le serpent dit à la femme: Vous ne mourrez point (en mangeant le fruit défendu) mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront, et que vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal. La femme vit que l’arbre était bon à manger et agréable à la vue, et qu’il était précieux pour ouvrir l’intelligence; elle prit de son fruit, et en mangea; elle en donna aussi à son mari, qui était auprès d’elle, et il en mangea. Les yeux de l’un et de l’autre s’ouvrirent, ils connurent qu’ils étaient nus, et ayant cousu des feuilles de figuier, ils s’en firent des ceintures. (gen 3)

La beauté chaude et vivante du toucher est bien plus profonde que la beauté de la sagesse. (Charles Dickens)

 

Dans la vision étincelante qui m’a traversé, il ne s’agit pas d’un fruit comestible. Il y en a tant d’autres ! Le fruit de mon travail, c’est ce site que vous lisez. Mais il y a plus fort. On se souvient du Je vous salue Marie, où figure cette phrase limpide : « le fruit de vos entrailles est béni. » Le fruit, c’est celui qu’a donné Marie, c’est Jésus.

Cette vision ne m’est pas venue toute seule. Elle s’est appuyée sur un vieux souvenir. Il y a quarante ans, j’étais en repérage pour un projet BD sur les hauteurs de Grenoble. J’y ai fait connaissance d’une famille recomposée, les parents baba-cools avec huit enfants, quatre gars et quatre filles, issus de trois unions. Le papa envoyait les petits au lit d’une façon cavalière : « Les queutards et les fendues, au pieu !« 

Du coup, la langue des oisons a frétillé dans ma tête, et j’ai vu le titre ainsi :

 

Le fruit des fendues

Pendant des siècles, des millénaires, la reproduction des travailleurs humains était assurée par les dieux d’avant dans leurs labos génétiques. Des matrices artificielles, suivant les contours d’un corps adulte. très important. Il n’y avait pas de bébés jusqu’alors : l’éclosion des clones donnait directement des adultes. D’où la singulière naissance d’Athéna, sortie toute armée de la tête de Zeus. C’est à dire : conçue par Zeus le généticien et née adulte dans un labo.

Ces clonages reproduisaient fidèlement les différents types ou races qu’ils avaient mis au point en vue de tâches précises. Par pure commodité, les dieux généticiens avaient donné à chaque variété une couleur différente : guerriers et mineurs de fond pour les Noirs, ingénieurs pour les Blancs, gestionnaires pour les Jaunes, etc. La lignée noble, quasi divine, avait la peau bleue. Elle a disparu depuis longtemps.

Pour préserver ce système efficace, la reproduction sexuelle était interdite. Les premiers humains étaient inféconds. Ils pouvaient faire l’amour mais n’engendraient pas. Ils n’avaient pas eu d’enfance, car le clonage mettait au jour des individus adultes. Personne n’avait jamais vu un seul bébé humain. Ni même un enfant… Il n’existait que des adultes.

Là-dessus arrivent les premiers bébés. Choc énorme. Les dieux comme les hommes sont émerveillés. Tout change aussitôt pour le meilleur.

Quand Dieu veut nous punir, il exauce nos prières. (Oscar Wilde)

 

Adam et Ève

Ces deux-là désignent non des personnes, mais le premier peuple humain composés de clones. La reproduction « animale », naturelle, était tabou. Les dieux s’y opposaient formellement. Et ça se comprend : le hasard des copulations risquait de compromettre les clones parfaits créés par la génétique divine.

Le fruit des fendues est la naissance du premier bébé humain, non cloné, non issu de la reproduction in vitro, mais issu d’un acte d’amour, enfanté par les voies naturelle de la Femme, Ève, fécondée par le sperme d’Adam.

L’union d’Eve avec le principe masculin il ou Adam est un événement sans précédent, un acte fondateur, la vraie naissance du genre humain. eve + il = éveil.

Grâce à cette première naissance, enfin une mère allait voir grandir un petit d’homme. Ce sont les premiers pas du bébé, certes, mais aussi ceux des premiers papas et des premières mamans 100% responsables de l’éducation de leur propre enfant. Avant ça, l’éducation et l’apprentissage des clones adultes était l’affaire exclusive des dieux et des déesses.

 

 

Notre père Prométhée

Voilà qui explique l’énigmatique épisode biblique où Yahweh / Zeus chasse Adam et Eve du paradis terrestre — l’autre nom de l’Atlantide ou d’Hyperborée, les domaines des dieux.

Enki / Prométhée, notre créateur, a toujours été du côté de ses créatures qu’il a protégé des foudres de Yahweh / Zeus. C’est encore Prométhée qui dote les humains d’une matrice viable et de sperme fécond. Ce qui met Yahweh / Zeus dans une colère noire.

De façon surprenante, Dieu ne s’en prend pas au vrai responsable, son neveu Prométhée, le Serpent tentateur de la Bible. Il ne punit que ses victimes, ce qui est profondément injuste.

Dans la mythologie grecque, toutefois, Zeus ne punit pas les hommes, mais se venge sur Prométhée de la façon la plus cruelle : enchaîné à un rocher sur une haute montagne d’orient, il subit toutes les nuits l’attaque d’un aigle qui lui bouffe le foie. Il endurera ce terrible calvaire jusqu’à ce qu’un héros de haute stature, Hercule / Héraclès, le libère de ses chaînes.

 

Lorsque l’enfant paraît

L’arrivée des bébés humains a fait craquer les déesses. En effet, elles vivaient dans un monde sans bébé. Elles n’étaient jamais enceintes, ce rôle jugé dégradant était réservé aux petites humaines. Les déesses se reproduisaient in vitro, même quand elles copulaient avec des humains. L’embryon était prélevé dans l’utérus de la déesse pour se développer en labo génétique.

La naissance des premiers bébés humains fut un événement considérable. Une fête mondiale de la tendresse et de l’émerveillement. Du coup, quelques déesses ont eu envie d’enfanter par les voies naturelles, pour jouir d’un bébé qui serait encore plus adorable que ceux des humaines. L’épisode hindouiste du bébé Krishna, si mignon, si craquant, en est une illustration. J’ai déjà signalé que les légendes sur l’enfant Jésus sont une reprise pure et simple des textes hindouistes sur l’enfant Krishna.

 

 

Le Serpent

Le fruit défendu de la Bible est un épisode largement incompréhensible. Adam et Ève ont goûté un fruit !! Pas de quoi fouetter un chat.Pas celui d’Ève en tout cas ! On se demande quel genre de dieu pourrait punir d’expulsion ses créatures sur un motif aussi débile ? Un dieu ignoble en tout cas.

Pourtant l’interprétation qu’on donne au catéchisme sous-entend qu’il s’agit en fait de quelque chose de sexuel. La Bible y fait allusion par cette phrase : Adam et Ève ont vu qu’ils étaient nus et ils ont caché leur parties sexuelles avec des feuilles. En les voyant ainsi accoutrés, Dieu a compris qu’il avaient goûté aux fruits de l’arbre de la connaissance.

Dieu a peut-être compris mais pas moi. Quel rapport entre la nudité cachée et le fait de manger un fruit interdit ? Il s’agit en fait de tout autre chose, ainsi que je viens de vous l’expliquer.

Ce qui reste totalement inexplicable c’est ce prétendu hasard qui m’a permis de faire cette incroyable découverte. J’ai voulu en détailler les étapes afin que vous soyez aussi émerveillés que je le suis. Comment le hasard a-t-il permis qu’un jeu de mots dans une langue moderne donne la clé d’un énigme aussi vieille que cette humanité ?

La langue des Oisons est une terrible chose. Elle recourt à un nombre impossible de hasards et de coïncidences afin de donner un sens caché à d’anciennes croyances, à des mythes qu’on a banalisés depuis longtemps faute de les comprendre. Grâce à cette langue magique, le sens jaillit, éblouissant, réparateur. 

Le hasard n’existe pas. Tout ce qui arrive est voulu. (Bouddha)

 

Nous sommes guidés, aucun doute là-dessus. Nous sommes même téléguidés. Hasard est l’autre nom d’Osiris. Les coïncidences sont des synchronicités formées par les dieux. Chacun peut y voir des signes de piste qui indiquent la route à suivre.

Leur message est toujours clair, immédiatement compréhensible, et bien souvent tellement drôle ! Le rire est divin.

 

 

Quand les historiens changeront de lunettes, leur myopie deviendra supportable.
Lao Surlam