Le Peuple Serpent

 

« Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur nos têtes ? » (source)Jean Racine, Andromaque Serpent tentateur de la genèse biblique, Serpents Vautours de Sumer, serpents à Plumes d’Amérique, mais qui est donc ce Peuple Serpent dont on trouve trace dans toutes les mythologies ?

 

Des Serpents Partout

Les premiers empereurs chinois, successeurs du mythique empereur Yao, disaient descendre des dragons.

En Inde, des familles de haute caste croient encore que leurs ancêtres sont des Dieux serpentiformes appelés « Nagas ».

Les Dogons du Mali prétendent que leur extraordinaire science astronomique leur vient de leurs ancêtres célestes à l’aspect reptilien, les « Nommos ».

Les Egyptiens avaient leur dieu serpent, Kneph, et les pharaons étaient souvent représentés avec des serpents.

Les Phéniciens avaient Agathodemon,En grec, le bon génie un ophidien.

Les cultures d’Amérique centrale adoraient leur dieu créateur Quetzalcoatl, le serpent ailé, tout comme Baholinkonga, le serpent à plumes des Indiens Hopi.

Les adeptes du Vaudou ont un dieu serpent qu’ils appellent Damballah Wedo.

Les Hébreux ont Nakhustan, le serpent d’airain.

L’ancien dieu des îles britanniques, appelé Hu, était le dragon maître du monde.

Le premier autel des Cyclopes à Athènes était dédié à Ops, le dieu-serpent.

Les Aborigènes d’Australie possèdent aussi leur mythe du Wagyl, un Dieu Serpent.

 

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Serpent Gnostique

Selon les gnostiques, les Serpents sont nos instructeurs, des démiurges qui ont façonné nos corps, mais pas notre âme qui ne leur appartient pas, car elle est incréée. Nous sommes nés de la lumière, tout comme eux. Mais notre véhicule terrestre, ce triple corps de chair et d’esprit, c’est à eux que nous le devons. La gnose signifie la connaissance, du grec NOOS, qui a donné aussi la noétique, ou théorie de la connaissance. Mais la gnose est d’abord une philosophie, c’est à dire un ensemble de croyances.

« La philosophie gnostique est née au début de l’ère chrétienne dans le bassin méditerranéen, principalement en Egypte, héritière de l’ancienne religion des mystères d’Isis.

Pour ses adeptes, l’homme est une émanation de la source unique de toutes choses et hérite d’une parcelle de cette perfection créatrice. Par contre, notre corps « a été façonné par des êtres néfastes, des usurpateurs qui se sont proclamés « dieux », les fameux Archontes. Yahveh est considéré par les gnostiques comme le chef des Archontes, le grand démiurge, créature maléfique par excellence. Au 4e siècle, l’affrontement entre les gnostiques et les pères de l’église fut violent et impitoyable.

La plupart des textes gnostiques ont été détruits et avant la découverte des fameux parchemins de Nag Hammadi en 1945, ce que l’on savait de la Gnose se limitait aux commentaires des chasseurs d’hérésie des premiers temps du christianisme. » (source)Karmaone et David Dennery, Nexus n°63 p.38

 

La déesse mère

Ce qui est tout à fait dommage, car Jésus lui-même était gnostique. Paradoxe : pour sauver la religion du Christ, les pères de l’église ont dû inventer un personnage charmant qu’ils ont nommé Jésus. Avant ça, le Christ de l’époque, c’était l’empereur Constantin

Du temps de Jésus, le kali yuga n’avait que deux mille ans, à présent il en a le double. Bien peu de vérité surnage dans un océan d’erreurs. À quoi se raccrocher ? À rien sans doute et c’est bien ainsi. Revenons à ces êtres néfastes qui nous ont façonnés, puisque telle est la thèse gnostique. D’après Anton Parks, il y a là aussi une méprise. Les généticiens surdoués qui nous ont faits n’étaient pas si malfaisants qu’il y paraît de prime abord. La déesse-mère, pour Parks, est la déesse sumérienne Tiamata.

 

La plus sage des bêtes

C’est à elle que revient au premier chef le titre de serpent primordial. Au départ, ce qualificatif était positif, car « le serpent est la plus sage de toutes les bêtes des champs » dit la plus ancienne version de la Torah. La Bible, changeant un seul mot, dit tout le contraire : « le serpent est le plus rusé de tous les animaux ». Ainsi le serpent est l’allié des hommes, créateur de l’espèce humaine. Il personnifie la déesse-mère Tiamata aidée par son fils Enki, que les Égyptiens appelleront Osiris, les Perses Oannès, et les Grecs Prométhée. Le Jonas biblique peut venir de la même tradition.

 

 

Chez les Dogons c’est Nommo ; chez les Méso-Américains c’est Quetzalcoatl et chez les Hindous, Vishnou le poisson. Il est le premier instructeur de notre espèce, comme Quetzalcoatl le serpent à plumes, comme Oannès ou Nommo, dieux reptiliens. Il nous a toujours soutenu et pris notre défense quand d’autres dieux voulaient nous supprimer. Ainsi Prométhée, notre créateur selon les Grecs, prend parti pour les hommes contre son oncle le puissant Zeus. Ou encore Osiris quand il nous protège de Seth qui voulait notre perte.

Dans la mythologie des Dogons du Mali, les Nommos sont des génies ancestraux des eaux parfois décrits comme des dieux. Amphibiens hermaphrodites ressemblant à des poissons. (source)

 

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Le Diable et la Bête

Ou comme Enki nous protégeant d’Enlil qui lui aussi voulait mettre fin à « l’expérience humaine ». Comme on l’a déjà compris, toutes ces légendes se réfèrent à une histoire unique, et leur convergence plaident pour sa véracité. Alors comment se fait-il que le serpent, notre concepteur, notre allié, le plus sage des animaux, soit devenu le plus dangereux, la « Bête » identifiée à Satan dans nos religions « modernes » ? Selon les traducteurs des manuscrits de Nag Hammadi, ça s’explique par un glissement sémantique.

Le terme de Bête est la traduction de quasi-homophones en araméen : haywa signifiant bête, hawa’ signifiant enseigner et hawya signifiant serpent. Les dieux généticiens travaillent sur des génotypes humains que le texte appelle des modelages, « puis les autorités appelèrent la Bête pour qu’il corrige les erreurs de leurs modelages ». La bête n’est pas maléfique puisqu’elle corrige les erreurs des apprentis-sorciers. « Le véritable sens de la Bête, c’est l’Instructeur car il fut trouvé plus sage que tous » (source)Nag Hammadi NHC 118-25 à 30

Que ça nous plaise ou non, nous sommes les enfants de la Bête. Et ça ne nous empêche pas d’être nés de la Lumière.

 

 

Un de mes auteurs préférés, R. A. Boulay, a écrit un livre magnifique, d’une éblouissante clarté, sur cette grave question de nos origines : Le Passé Reptilien de l’humanité. Il s’y intéresse aux écritures saintes du christianisme et d’autres sources occidentales pour tenter de nous faire comprendre pourquoi la Bête et le Créateur sont deux aspects indissolubles de la divinité. Je lui laisse la parole.

 

Manger en cachette

Les dieux d’avant « résidaient dans un temple, au-dessus d’une ziggourat : une pyramide à étages élevée au-dessus des plaines. Ils y étaient protégés du public et seulement quelques prêtres de confiance y avaient accès. En cet endroit, ils mangeaient en secret; entourés de rideaux, pour que même les prêtres assistants ne puissent les voir. On se demande si leurs nourritures étaient si atroces qu’ils devaient se cacher même de leurs serviteurs. Ou était-ce encore beaucoup plus sinistre ?

Dans l’Ancien Testament, le besoin évident du secret existait aussi. Pendant l’évènement connu comme l’Exode, la divinité vivait dans une tente et n’a jamais été vue. De plus, elle ne mangeait jamais en public. Des directives spécifiques furent données à Moïse pour la préparation de la nourriture qui était laissée sur le grill là où se trouvait la divinité pour qu’elle puisse manger en secret. (source)R A Boulay, Le passé reptilien de l’humanité, pp11 à 13

 

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De quoi se nourrissent les serpents ? De créatures vivantes qu’ils avalent tout rond après les avoir copieusement engluées de leur bave. Si les dieux d’avant faisaient de même, on comprend l’interdiction de les voir manger. Spectacle peu ragoûtant pour des mammifères qui cuisaient leur nourriture…

Ou alors les dieux se cachaient dans leurs palais de toiles précieuses pour dévorer des plats raffinés dans de la porcelaine divine et s’empiffrer de sucreries jusqu’à s’en faire péter la panse, quand les humains devaient se contenter d’un brouet infect servi à la louche dans leurs mains nues. Deux poids deux mesures, à l’origine comme aujourd’hui.

Autrefois, Tahiti portait le joli nom d’Eimeo qui avait pour signification « manger caché« . Il faut croire que l’île conservait encore la mémoire des dieux serpents…

 

Défense de voir Dieu

Il fut défendu aux humains de voir la divinité. Le Dieu dit à Moïse : « Vous ne pouvez pas voir mon visage, parce que l’homme ne peut pas me voir et vivre. » Et cette interdiction d’être vu par les êtres humains est portée à l’extrême partout dans les Saintes Écritures. C’est même devenu un ordre de ne pas faire une image ou une ressemblance de la divinité.

Donc il est non seulement interdit de voir à quoi son dieu ressemble mais même de faire une image de ce à quoi il pense ressembler. Pourquoi ce tabou ? Serait-ce que son apparence était si étrangère et répulsive qu’elle devait être défendue à l’homme ? On supposerait logiquement que si les divinités étaient si supérieures et grandes telles qu’indiquées dans les Saintes Écritures, qu’elles seraient flattées et permettraient à l’homme de voir et de copier leur magnifique beauté !

 

 

Étranges demi-dieux

Seuls quelques individus privilégiés pouvaient s’approcher des divinités, comme les demi-dieux, issus de l’accouplement d’un divin et d’un humain. Ils formaient l’aristocratie chargée de pourvoir aux besoins des dieux et de faire une barrière entre eux et l’espèce humaine. Ces demi-dieux avaient eux aussi une apparence plutôt étrange, ayant sans doute hérité de caractéristiques reptiliennes. Ainsi Gilgamesh avait un look singulier qui le rendait différent des autres hommes — sa stature de géant, bien sûr — mais pas seulement.

Les patriarches bibliques, demi-dieux aussi, avaient un aspect exceptionnel, tabou et choquant, ce qui explique le comportement absurde de Noé lorsque son fils le vit nu pour la première fois. (source)R A Boulay, Le passé reptilien de l’humanité, pp11 à 13

Noé plante une vigne, puis s’enivre de son vin et se dénude. Son fils Cham le voit nu et au lieu de le couvrir, il court prévenir ses frères. Cela vaut à Cham d’être maudit. Pourquoi une telle punition ? La nudité de son père était taboue tout comme celle de notre créateur. Les Reptiliens sont nos ancêtres, et leurs attributs virils étaient doubles comme ceux des lézards, deux pénis hérissés de dards qui déchirent les chairs de leur partenaire.

Adam et Eve

Si Noé possédait encore de tels attributs sexuels, il est évident qu’Adam et Eve avaient dans leur chair la marque des Reptiliens. Dans la Haggadah, la source de légendes et de traditions orales juives, il est révélé qu’Adam et Eve perdirent leur « peau brillante et écailleuse » en mangeant le fruit défendu. On ne saurait être plus clair.

Les Gnostiques, rivaux des premiers chrétiens, ont une tradition très proche. Quand Adam et Eve mangèrent le fruit défendu, ils acquirent connaissance et clairvoyance et ils virent leurs créateurs avec des « formes bestiales ». (source)R A Boulay, Le passé reptilien de l’humanité, pp11 à 13

J’ai une autre hypothèse pour cet épisode. Selon moi, Adam et Eve se sont accouplés après avoir croqué la pomme. Eve a été fécondée. Pour la première fois, une humaine allait enfanter par les voies naturelles. Faute impardonnable aux yeux des dieux ! Jusqu’alors, ils avaient donné naissance aux clones humains dans leurs labos génétiques et leurs matrices artificielles pour être sûrs de ne reproduire que des copies parfaites des premiers types humains.

 

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Oannès l’hideux

Selon la tradition rapportée par Bérossus — prêtre babylonien du 3e siècle avant notre ère — la descendance de l’homme pourrait remonter à Oannès, une créature marine sortie du Golfe Persique pour enseigner aux humains l’art de la civilisation. Poisson ou plutôt reptilien, Oannès était amphibie, capable de vivre sous l’eau comme à l’air libre.

Pour Bérossus, les créatures semblables à Oannès sont annedoti, répugnants. Ou encore musarus, abomination. La tradition babylonienne enseigne donc que la fondation de la civilisation est due à une créature abominable et repoussante… Si c’était une tradition inventée, elle aurait plutôt glorifié nos maîtres en les décrivant comme des dieux splendides ou des héros fascinants. Le fait qu’elle fasse le contraire plaide pour son authenticité.

Le triste fait est que nous avons créé Dieu à notre image et non l’inverse. De cette façon, nous avons caché l’identité réelle de nos créateurs.

 

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Homère méritait d’être chassé des concours à coups de bâtons,  et Archiloque aussi. 
Héraclite