La source et les dieux

 

Cette page dort sur mon disque dur depuis des mois. J’ai longtemps hésité à la publier pour ne pas heurter les sensibilités et les croyances de mes nombreux lecteurs de notre monde globalisé. Ce site est lu par des millions de personnes dans plus de 150 pays, je sais très bien que je ne peux m’adresser à la population planétaire comme je le ferais pour les seuls Français.

Les niveaux de connaissance sont très disparates, comme les croyances, comme les cultures, comme les traditions. En France aussi, avec les réfugiés économiques et ceux des zones de guerre ou d’oppression, la population s’est internationalisée, comme les opinions et les croyances. Le terrorisme islamiste est une réalité ici comme ailleurs. Plus qu’ailleurs même. On ne parle plus aussi librement des questions religieuses aujourd’hui qu’on pouvait le faire avant les assassinats de Charlie HebdoJ’y ai perdu trois vieux amis : Geoges Wolinski, Jean Cabu et Bernard Verlhac dit Tignous et les autres.

Cette page est issue de très nombreux débats que j’ai pu avoir avec des lecteurs, et d’une somme importante d’échanges épistolaires avec eux. Leurs questionnements sont respectables, je les respecte. Chacun est attaché à ses croyances et ses doutes, je n’ai pas la prétention de les contrer, ni l’autorité pour le faire. Comme dans toutes les pages de ce site, je cherche seulement à poser le maximum de questions. Les réponses seront en chacun de vous.

Que Croire ? 

Pour le libre-penseur que je suis, la foi en dieu est une aberration. Pourquoi ? Serais-je athée ? Que non ! Je ne nie pas la notion de dieu. Je suis sûr que les dieux ont existé. Les dieux, oui ; mais pas le dieu unique. Il y a ici une grande confusion. Le dieu unique n’existe pas. Il y a la Source, elle coule en chacun de nous. Elle est impersonnelle, on ne peut pas lui parler, elle ne peut pas exaucer nos prières. Notre double le peut, c’est lui qu’on prend pour Dieu. Des entités invisibles profitent aussi de la crédulité des fidèles pour leur refiler des révélations de contrebande.

Par contre, les dieux, ou ceux qu’on appelle ainsi, sont bel et bien des personnes physiques. Il fallait qu’ils le fussent pour devenir les terraformeurs puis les exploitants de notre planète et de ses ressources. Y compris les ressources vivantes. Y compris les humains. Ce ne sont pas des dieux au sens moderne du terme, mais des surhommes. Des géants.

Ces dieux-là viennent d’étoiles et d’espèces différentes. Certains sont des reptiliens, d’autres des mammifères. Tous sont humanoïdes. Les panthéons égyptiens et hindous nous montrent une flopée de dieux avec un corps humain et une tête animale.

Les Elohim ou les Olympiens (ce sont les mêmes) étaient des scientifiques, des techniciens, des savants. Ce sont eux qui ont fait notre espèce, avec des gènes qu’ils avaient apportés dans leur banques génétiques. Tous les animaux qui peuplent la terre sont aussi leur création. Idem pour les végétaux, les paysages, et toutes les merveilles que nous attribuons naïvement à la nature.

Leurs civilisations ont plusieurs milliards d’années d’existence. Leur mémoire historique est celle de surhommes qui nous enfoncent très largement dans tous les domaines. Nous devons les respecter, et surtout les craindre. D’un seul geste ils ont annihilé des espèces animales, fait disparaître des lignées humaines, détruit des villes et des royaumes. Et ils pourraient bien recommencer !

Leur technologie hyper développée leur permet des prouesses qui pour nous ressemblent à la magie. À nos yeux, ils sont tout-puissants. Mais ils sont des démiurges, pas des dieux. Et ils en sont conscients, même s’ils ont prétendu le contraire pour asseoir leur domination sur nos ancêtres naïfs et craintifs. Leur principale arnaque est de nous avoir fait croire à l’existence d’un dieu unique.

Ces géants qui nous dominent si largement ont un savoir et des connaissances absolues, ou presque. Omnipotents, omniscients, ils savent beaucoup mieux que nous où est la vérité ultime, depuis le temps qu’ils se transmettent des connaissances. Ils ont accès à toutes les super-civilisations de notre galaxie, et sans doute au-delà. Ils ont eu tout le loisir d’assimiler les croyances et le savoir de civilisations infiniment plus anciennes que la leur.

Aussi est-il troublant de constater qu’ils ne croient pas en dieu. Dans leur système de pensée, même la Source est inexistante. Bien sûr, quand ils s’adressent aux humains, ils s’expriment tout autrement. Seulement voilà : nous disent-ils la vérité ?

Quand Mahomet fait dire à Allah : « Il n’est d’autre dieu que dieu », soit Mahomet a mal compris, soit il a inventé ça, soit l’archange Gabriel a sciemment imposé cette erreur, soit un démon s’est fait passer pour l’archange.

Ne croyez pas que les anges ne peuvent pas nous tromper. Regardez les anges déchus comme ils s’acharnent à notre perte. Ils l’ont fait jadis, ils le font encore. Vous croyez-vous capable de différencier un ange d’un démon ? Bien sûr que non. Aucun humain n’en est capable. Les dieux ont la puissance de nous imposer leur gloire. Nous sommes éblouis par leur lumière. La clarté est le deuxième ennemi du guerrier. Parce qu’elle est piégeuse. N’invoquez personne !

Yahveh, Allah ou Elie (c’est le même) ne sont que des dieux parmi beaucoup d’autres. Ils sont nombreux dans la Bible. Le christianisme et le judaïsme contournent la difficulté en prétendant que ce ne sont que des noms différents pour un seul dieu. Mouais… Se non è vero, è ben trovato. Si ce n’est pas vrai, c’est bien trouvé.

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Les Hindous disent qu’ils existent trente mille dieux. Sur Hyperborée, les dieux terraformeurs étaient trente millions. L’invention du dieu unique a été initiée par le judaïsme qui a sciemment confondu les pseudo-dieux – qui sont des êtres vivants, donc mortels – avec la Source impersonnelle. Cette invention du dieu unique a 2500 ans, guère plus. Elle répondait d’abord à des raisons politiques.

L’argument ontologique

« Jésus existe, je lui parle » me dit-on très souvent. Oui, tu parles à un guide et ce guide te répond. Oui, tu le prends pour Jésus. Te l’a-t-il confirmé ? Si oui,  faut-il le croire sur parole ? Ce guide pourrait être deux entités distinctes : primo, ton double astral. L’émanation de ton âme immortelle. C’est elle qui te guide tout au long de ta vie. Elle qui te t’aide dans tes épreuves. elle qui se réjouit de tes accomplissements.

Secundo, une entité opportuniste qui se fait passer pour Jésus. Ou, selon ta religion, pour Allah / Elie, Yahveh, Bouddha, Brahma, Shiva, etc. Cette entité peut te donner de bons ou de mauvais conseils. À toi de juger. À toi de faire la part des choses. 

La religion forcée

Dans la plupart des pays, on demande aux nouveaux venus quelle est leur religion. Connerie. Je n’en pratique aucune, je ne crois pas en un dieu suprême, et pourtant je ne suis ni païen ni athée. Le païen pratique la vieille religion, celles des druides, celle de Rama d’Hyperborée. Je ne pratique aucune religion. Je sais que les dieux ont existé, je ne les adore pas. Je m’en méfie. L’athée nie l’existence des dieux. De tous les dieux. Et selon moi l’athée se trompe.

Je suis un chercheur de lumière. Ma quête est celle de la vérité. Aucune religion ne peut m’aider pour ça, il faudrait d’abord la purifier de toutes les merdes qu’elle a ramassé en cours de route. Les religions sont humaines, donc imparfaites. Les religions révélées sont révélées par de faux dieux d’avant, donc imparfaites également. De plus elles ont été révélées à des hommes, imparfaits par essence. Dans ces conditions, comment y croire ?

La vérité ? Toutes les religions en contiennent une partie – ou elles l’ont contenue jadis. Mais toutes les religions diffusent des contre-vérités. Elles ont raison dans ce qu’elles affirment, mais elles ont tort dans ce qu’elles nient.

Ma pratique est celle de l’amour. Parce qu’il donne la paix. Parce qu’il impose la tolérance, l’empathie, toutes les valeurs qui feront demain un monde meilleur. L’amour inconditionnel mérite tout mon respect. Il reste un idéal. Parfois dangereux. Si on te gifle, tends l’autre joue – voilà une belle utopie. Œil pour œil, dent pour dent – voilà une belle saloperie.

La contre-initiation

Chrétien convertit au soufisme, René Guénon nous met en garde : la contre-initiation existe, elle est plus répandue (beaucoup plus) que la véritable. Son coreligionnaire le grand maître soufi Idries Shah nous raconte une histoire éloquente. Celle de Mevlana qui organise un groupe d’élèves dans une ville éloignée de Konia. Il ne peut continuer à s’y rendre chaque semaine, aussi leur laisse-t-il un programme d’études et désigne-t-il un des élèves pour faire régner l’ordre dans la petite troupe. Mais voilà : l’élève désigné se prend très vite pour l’élu, le nouveau maître. Il enseigne, il punit, il critique, il corrige à tort et à travers.

Plusieurs années s’écoulent sans que Djal Aladdin Rumi aka Mevalana puisse revenir. Enfin il revient visiter sa lointaine école. Il constate le dégâts causés par l’élève orgueilleux. Il le bannit du groupe d’études et dit aux élèves : « Subir la loi d’un mauvais maître est pire que de n’en pas avoir. Durant toutes ces années, vous n’avez fait aucun progrès. Pire encore, vous êtes plus éloignés de la Voie que vous ne l’étiez avant lui. »

Qui peut donner l’initiation ? Chez les catholiques, tout baptisé peut baptiser. Mais le baptême est un sacrement, pas une initiation. Peu d’humains sont capables d’initier. Peu d’initiés le peuvent. Les sectes ou les loges n’ont d’initiatique que le nom. Hermétisme, franc-maçonnerie, rose-croix, aucun secret à y chercher, aucune initiation à y trouver. Tous ces clubs privés ne pratiquent que la culture du mental. Donc de l’ego.

L’initiation, la vraie, est une étape sur le chemin. Elle arrive quand l’impétrant est prêt. Si tu la cherches, elle ne viendra pas. Si tu cultives la sainteté, l’initiation te rira au nez. Si tu t’adonnes au vice, elle te fuira. Ou pas… La morale est une invention politique pour maintenir les masses dans le droit chemin : celui qui ne dérange pas les vices de l’élite.

Évangélisation, prosélytisme, conversions forcées, beurk. Quelques religions veulent convaincre à tout prix. Elles recrutent toujours plus de nouveaux adhérents. Elles m’inspirent une grande méfiance. Christianisme, islam et bouddhisme sont des religions prosélytes. À l’opposé, le judaïsme ou l’hindouisme, par exemple, ne le font pas. Il est très difficile de devenir juif, quasiment impossible de devenir hindou. Ces deux religions ne se transmettent que par la race… disons par l’hérédité, puisque « race » est un mot tabou. 

Le sens du sacré

Les Amérindiens sont choqués de voir les autres religions se crêper le chignon. Ils sont stupéfaits d’entendre les blancs, noirs ou jaunes s’insulter au nom de leurs dieux. Pour les Amérindiens, Wakan Tanka est dans le cœur de tous, inutile d’en parler. Le rapport à Wakan Tanka se passe dans le secret du cœur. Pas de temple, de mosquée, de synagogue ni d’église. Le sens du sacré est inné, il est en nous. Ou pas. Il n’a rien à voir avec la religiosité, les pratiques rituelles, les prières obligatoires et tout le fatras inventé par les hommes pour se distinguer d’autres hommes. La religion sépare. La spiritualité réunit. Parce qu’elle se passe dans le silence intérieur, elle n’éclabousse pas.

Certes les Amérindiens ont des rites religieux : danse du soleil, sweat lodge. Mais il n’y a pas – il n’y avait pas de débat théologique ni de catéchisme. Pas de dogme. pas de credo. Chacun était libre de rencontrer Wakan Tanka par le chemin qui lui convenait. Les drogues en étaient un. Comme l’ayahuasca, Mescalito le peyotl ou le calumet de la paix. Le chamane sorcier n’était qu’un homme de connaissance, et pas un intermédiaire obligé, comme les prêtres ou les imams. 

Avant la colonisation, les anciens Amérindiens pratiquaient une laïcité modèle. Jamais les questions spirituelles n’interféraient avec la vie de la tribu. Si seulement nous pouvions suivre ce bel exemple !

Et s’ils pouvaient le suivre aux-mêmes ! Forts de l’engouement général pour leurs anciennes pratiques, voilà qu’ils organisent toute une hiérarchie semblable à celle des catholiques et des bouddhistes. Ils font du prosélytisme, ils essaiment, ils recrutent, ils diffusent leurs rituels et leurs objets sacrés. Ils auront bientôt des évêques, des cardinaux, même un pape. Et ils  se disputeront à propos de leurs rites… 

Vous avez dit progrès ?

L’Orient désigne le monde spirituel où se lève le pur soleil intelligible, et les Orientaux ceux dont la demeure intérieure reçoit les feux de cette éternelle aurore.
Henri Corbin