Le trône de Zeus

Fils de Zeus et Zeus lui-même, Apollon prit ce titre en succédant à son père Zeus 1er sur le trône de l’Olympe – non pas le mont Olympe en Grèce mais le vrai, l’original, le mont Olympe en Hyperborée. Arrachée aux limbes pour votre édification, voici l’histoire oubliée du règne d’Apollon.

L’image que nous avons de lui à travers les récits de la mythologie grecque sont bien incomplets. Je suis donc allé voir sur place et à l’époque pour vous apporter cet utile complément d’information. Et je me suis rendu compte que la mythologie ne s’est pas trompée sur toute la ligne. Elle a conservé les traits principaux de l’original. Les voici : « Apollon, dans la mythologie grecque, est le dieu de la clarté solaire, de la raison, des arts et plus précisément de la musique et de la poésie. Il est également dieu des purifications et de la guérison, mais peut apporter la peste avec son arc. Il est aussi dieu de la lumière, de l’harmonie, de l’oracle… » (source)

Mes découvertes in situ et pour ainsi dire in vivo, en immersion, m’ont permis de tracer de lui ce portrait qui ressemble assez à la description mythologique. Place au grand spectacle de notre passé.

La clarté solaire

Deux qualités lui valent ce titre. Apollon est Fils du Soleil. Sa peau brille dans le noir, et même en plein jour, l’éclat de sa lumière intérieure est resplendissant. Voilà pour son apparence. Côté comportement, Apollon refuse toutes les cachoteries, complots et traquenards qui ont caractérisé le règne de Zeus. Il s’affiche adepte de la transparence.

Obsédé par l’image négative que son père le grand Zeus a laissé dans la tête des gens, Apollon expose au grand jour ses intentions, ses projets, même si les humains n’y croient pas. Dès le début de son règne, il indique la cause pour laquelle il va se battre : le bien-être des humains. Ces derniers, sceptiques, haussent les épaules et zappent sur Siril Anounna. Ils sont dégoutés de tout, et d’abord de la politique, des dieux et des rumeurs.

N’empêche que Zeus Apollon joue de la belle musique. Il est bien raisonnable, en tout cas il le dit. Méfiance ! Les dieux sont si menteurs ! N’empêche que celui-ci diffuse une bien jolie lumière. On ne le voit jamais en colère. Attendons voir s’il est comme son père.

Le dieu guérisseur

Apollon est un dieu guérisseur, comme la plupart des Olympiens. Armé de son arc, il peut guérir ou rendre malade, c’est selon. Il ne s’agit pas d’un arc ordinaire, comme vous vous en doutez. L’objet n’a que très vaguement la forme d’un arc, mais faute d’un autre mot, les anciens Grecs l’ont nommé ainsi.

On a vu en détail les armes fétiches de chacun des dieux d’avant. Ce ne sont pas des armes à proprement parler, mais des outils qui peuvent guérir, blesser ou tuer. Le prototype est le vajra d’Indra, qui blesse avec les pointes écartées, mais qui ne blesse plus quand elles sont rapprochées. C’est alors le vajra de Bouddha.

Il y a aussi la hache de Thor, appelée Mjöllnir. Elle a la même fonction que le vajra : blesser ou guérir. La mythologie grecque mentionne d’autres armes magiques : le foudre de Zeus et son égide qu’il prête volontiers à sa fille Athéna. Ajoutons les couronnes d’Osiris, le xiuhcoatl de Quetzalcoatl, l’arme magique de Cuchulainn, l’épée hurlante de Lugh et même Excalibur du roi Arthur ou Durandal de Roland, le neveu de Charlemagne.

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Dans le cas d’Apollon, c’est sa lyre qui est magique. Les harmonies qu’elle distille apaisent les esprits échauffés, refroidit la bile et purifie le sang noir. Le divin Apollon ne s’en sert jamais pour tuer ni pour blesser, car il est d’un naturel doux et compassionnel. Tous les matins sur l’acropole ou le forum, il guérit des dizaines de malades, réduit les membres cassés, efface les blessures, répare les cœurs brisés, soigne les maladies, apporte à chacun la paix et la sérénité. La foule des malades et des indigents se presse chaque jour plus nombreuse autour de la silhouette lumineuse du dieu musicien.

Triste fin de règne

Pour bien montrer qu’il n’a rien à voir avec son exploiteur de père, Apollon met en avant sa vieille amitié avec Prométhée, créateur de notre espèce, et depuis toujours protecteur des hommes.

Ce calcul trop mental va lui être fatal. Ses opposants politiques font courir des bruits dangereux. Si Prométhée est bien le protecteur des hommes, s’il est leur père génétique, alors il faut le libérer. Il faut lui donner les pleins pouvoirs. Apollon n’est pas légitime, c’est Prométhée qui doit porter la couronne de Zeus Jupiter.

Les humains, toujours prêts à rouscailler, trouvent l’occasion trop belle. Ils sautent dessus comme un seul homme. La veille encore, ils se souciaient de Prométhée comme d’une guigne. Mais ce soir, ils sont des milles et des cents dans la rue, à brandir des pancartes à sa louange. Ils se mettent en grève dans les usines, dans les champs, dans les mines et dans les labos. Partout ça débraye, la raison défaille, la planète déraille, les humains s’égaillent.

Jamais les éphémères, comme nous appelait Zeus, n’auraient osé foutre un tel bordel du temps du Paternel, Zeus le maître de la foudre, la violence du tonnerre, la puissance de l’éclair, la fureur des colères. Jamais Zeus ne l’aurait toléré. Il y aurait eu des morts par milliers avant qu’il se calme. Mais là, non. Apollon ne bronche pas. Il attend quoi ? Son destin. Il prend sa lyre et joue des mélodies si aérées, des chants si suaves, des arias célestes, tandis que la rue s’enflamme si vite et si fort.

Une foule en furie est un torrent de lave qui n’épargne rien ni personne. Les gens dans la foule perdent leur raison, leur bon sens, leur amour de l’autre, toutes leurs valeurs. Chacun d’eux devient les griffes et les crocs d’un monstre insatiable, mû par la vengeance, armé par la colère. Le règne d’Apollon se termine dans d’affreux soubresauts, sur fond de villes en flammes et d’enfants éventrés.

Apollon le Juste dont la lumière est si belle rêvait d’apporter le soulagement à ses sujets fragiles. Il a plongé l’humanité dans une des pires catastrophes qu’elle ait jusqu’ici traversé, elle qui en a connu des dantesques.

Détesté de tous, abandonné des siens, Apollon touche le fond. Même sa sœur Athéna ne se risque plus à prendre sa défense. Sa lyre ne suffit plus à calmer la populace. Il ne devra la vie sauve qu’à l’intervention in extremis des gardes noirs du Palais, qui lui permettent d’échapper à la vindicte populaire en se faufilant dans un tunnel secret.

Pourtant, malgré sa fuite, Apollon est toujours Zeus, le Grand Dieu régnant sur la Terre et sur Hyperborée, la planète vagabonde que les Sumériens appelaient Nibiru.

Athéna pousse son frère à abdiquer en faveur de Prométhée. C’est Héra qui a tramé ça. La veuve de Zeus veut épouser Prométhée. Avec son aide, elle souhaite rétablir le matriarcat.

Ou bien selon leurs noms sumériens, Ninhursag pousse Enlil à abdiquer en faveur d’Enki. C’est Ana qui a tramé ça. La veuve d’Anu veut épouser Enki. Avec son aide, elle souhaite rétablir le matriarcat.

Patience. Je vous conterai prochainement cet épisode.

Il y a plus de choses au Ciel et sur la Terre qu’il n’en est rêvé dans notre philosophie.
William Shakespeare