Le temps n’est rien

 

Le temps n’est rien. La vie n’est rien non plus. Mes amis sont partis qui ne reviendront pas. Par ma faute j’ai fait le vide autour de moi. Non je n’en suis pas là, non. Mais quasi. Lisez plutôt : Comme elle est venue, la vie s’en va. Par le fruit du hasard qui n’existe pas. Ce texte, en grosses lettres, je l’ai affiché pour l’avoir dans la tête.

Le hasard n’existe pas. Tout ce qui arrive est voulu.

Bouddha

 

Je venais d’apprendre cette terrible nouvelle : une amie très chère s’est tuée dans un accident de la route. Mon amie existait, elle n’existe plus. A-t-elle existé? En est-on sûr? À lire Einstein, on pourrait en douter. À me lire, on pourrait douter de tout

 

 

Pas la place, pas le temps

Le temps n’est rien. Ce n’est pas moi qui le dit. Le plus grand savant du siècle dernier l’a affirmé, il n’y a ni temps, ni espace. Il l’a prouvé dans un texte que de rares personnes ont lu, et moins encore l’ont compris.

Ces deux notions, temps, espace, ne sont que des vues de l’esprit. Ce savant que personne ne comprend est devenu plus populaire qu’une rock star, plus adulé que John Lennon ou Mick Jagger, plus vénéré que les Doors ou les Pink Floyd.

Des foules énormes se massaient sur son passage, alors que, de son temps, moins de cinq personnes pouvaient comprendre sa théorie de la relativité restreinte, et encore moins sa Relativité généralisée. Aujourd’hui encore, si tout le monde connaît la formule E=MC2, peu d’entre nous réalise l’infini déstabilisant qu’elle implique.

Le temps est une réalité pour les êtres humains. Pourtant, du point de vue de la physique quantique, il n’existe pas. “Les équations fondamentales qui décrivent notre monde ne comportent pas de variable de temps”, souligne Carlo Rovelli, spécialiste de physique théorique.

 

Quel hasard ?

Einstein, vous l’avez reconnu, était pourtant la modestie même. Ni l’immensité de ses découvertes ni l’ampleur de sa gloire n’ont pu entamer sa légendaire modestie. Ce grand homme a démontré que le temps n’existe pas. L’espace non plus. La matière n’en est pas, ce n’est que de l’énergie suffisamment dense pour être perçu par nos sens grossier comme un solide qu’on appelle matière.

Elle arrête notre main, la matière fait cale. Eh oui : même la matière fécale n’est que de l’énergie de merde. 

Loin de moi l’idée d’insulter l’énergie, mon alliée. Notre vecteur intense, ultime réalité de l’être. Si nos sens grossiers la prennent pour de la matière, sous sa forme subtile l’énergie n’est perçue que par les sensitifs.

Ceux-ci, par un hasard qui n’existe pas, s’avèrent de plus en plus nombreux au fil des ans. Leur nombre croissant va entraîner un phénomène prévisible : tout ce que le grand Einstein a démontré va devenir la première façon de voir le monde. 

 

Hier encore

Charles Aznavour

Hier encore, j’avais vingt ans
Je caressais le temps, et jouais de la vie
Comme on joue de l’amour, et je vivais la nuit
Sans compter sur mes jours, qui fuyaient dans le temps
J’ai fait tant de projets, qui sont restés en l’air
J’ai fondé tant d’espoirs, qui se sont envolés
Que je reste perdu, ne sachant où aller
Les yeux cherchant le ciel, mais le cœur mis en terre

Hier encore, j’avais vingt ans
Mais j’ai perdu mon temps à faire des folies
Qui ne me laissent au fond rien de vraiment précis
Que quelques rides au front, et la peur de l’ennui
Car mes amours sont mortes, avant que d’exister
Mes amis sont partis, et ne reviendront pas
Par ma faute j’ai fait le vide autour de moi
Et j’ai gâché ma vie, et mes jeunes années

Du meilleur et du pire, en jetant le meilleur
J’ai figé mes sourires, et j’ai glacé mes pleurs
Où sont-ils à présent…
À présent mes vingt ans ?

 

 

Perceptions fines, sens grossiers

Les perceptions fines d’une élite sensitive vont supplanter les sens grossiers d’une humanité qui n’a toujours pas digéré les révélations d’Einstein. Son écrasante majorité en est encore à croire dur comme fer aux révélations bidons d’un inexistant célèbre, le fameux Jésus de N. Puisque la ville cachée derrière ce N n’existait pas à son époque, appelons-le Jésus de Néant.

Même si Einstein ne l’a pas démontré, Nazareth est comme le temps, l’espace et la matière. Si le temps n’existe pas, Nazareth a pu donner naissance à Jésus longtemps avant sa création. Si l’espace n’existe pas, Jésus a très bien pu naître ailleurs et naître en même temps à Nazareth. Et si la matière n’existe pas, Jésus a pu devenir matière tout en restant un rêve impossible.

 

Le Christ Pantocrator du Monastère de Ste Catherine au Sinai
une icone à l’encaustique du 6e siècle. 

 

JC pour Jules César

Oui, Jésus est un rêve, la preuve : depuis qu’on le prie, tout fils de dieu qu’il croit être, qu’a-t-il fait pour nous aider ? Inexistant historiquement, je l’affirme. Jésus n’est pas né à Nazareth puisque cette ville n’a été fondée qu’en l’an 60 après JC. Que je prononce Jules César, personnage plus historique. Ah le grand bazar des dates !

Il y a du bazar, oui, mais pas de hasard ainsi que l’a clamé le premier éveillé de la période historique présente, Siddharta Gautama Çakyamuni. Le Bouddha historique n’a pas plus inventé le bouddhisme que le faux Jésus n’a inventé le christianisme. C’est qu’il y en a eu des Christs avant le petit dernier ! 

Christ vient du mot grec χριστός (chrīstós), signifiant « oint ». Le mot est dérivé du verbe grec χρίω (chrī́ō), signifiant « oindre ». Dans la Septante grecque, christos était utilisé pour traduire l’hébreu מָשִׁיחַ (Mašíaḥ, « messie »), signifiant « [celui qui est] oint ». Wikipedia.

 

À quoi ressemblait vraiment Jules César l’illustrissime ? Voici à droite une de ses sculptures les plus célèbres. On sait à quel point les visages des grands hommes étaient magnifiés de leur vivant par les artistes, qui ne voulaient pas finir jetés du haut de la roche tarpéïenne. Voilà à gauche sa véritable physionomie telle qu’elle a été patiemment reconstituée en 3D par des scientifiques avides de recherche et de re-création.
L’un ? Ou l’autre ? Si le nez de Cléopâtre avait été moins long… Si la face de Jules César avait été moins large, et plus différente d’un potiron écrasé… C’est la face du monde qui en eut été changé. 

 

Qu’est-ce qui reste ?

Et moi-même je ne me sens pas très bien. L’homme existe-t-il ou n’est-il que le pur produit de mon imagination? Ah pardon, j’oubliais! L’imagination n’existe pas non plus ? Si ? Tant mieux pour elle. Et pour nous !

À force de tout nous retirer des mains, avec quoi va-t-on jouer ? Parce que le jeu existe, non ? Les enfants ne comptent pas leur temps, ils s’en contrefoutent du temps, mais le jeu, le jeu !! Qu’on ne s’avise pas de le leur retirer.

Le temps n’existe pas, je veux bien. Mais pourquoi on grandit ? Et comment ? D’autant qu’il n’y a pas d’espace, alors grandir, je veux bien, mais dans quoi? La vie n’est déjà pas facile-facile, mais si on retire tout, autant mourir tout de suite.

Mourir d’accord, mais comment ? La mort n’a pas lieu d’être puisque nous ne sommes jamais nés. Tiens, tiens… Raconte ça à un cheval blanc, il te foutra un coup de pied. 

 

 

De sabots je voulais dire. Les chevaux n’ont pas de pieds. Ah bon, ils n’ont pas de sabots non plus puisqu’ils n’existent pas?

N’avoir jamais existé, ça nous ferait moins de tintouin. Pardon? C’est bien le cas? Nous n’avons jamais existé ?? Très bien. Vous je n’en sais rien, mais moi, si je n’ai jamais existé, qu’est-ce que je fiche ici ?

Ici n’existe pas puisque qu’il n’y a pas d’espace.

 

Pas grand chose…

Quand il a eu fini tous ses calculs, Einstein était bien embêté. Personne n’allait le croire. Tout ce qu’on voit, ce qu’on sent, ce qu’on sait, ce qu’on connaît depuis toujours, rien n’existe. Tout ça c’est du vent. Même pas, le vent je le sens quand il souffle. À force de nous retirer le sol où on tient debout, on va finir par se casser la gueule. C’est pire que l’hitoire du fou : « Accroche-toi au pinceau, je retire l’échelle !« 

Pas de pinceau. Pas d’échelle non plus. Un jour futur, un nouvel Einstein va se pointer, il saura démontrer tout ce que je raconte ici. Il dira : Voilà. J’ai la preuve que rien n’existe. Même pas moi. Ni elle, ni toi, ni aucun de vous. 

Ça craint du boudin ! Si rien n’existe, on peut voler tout ce qu’on veut, ça se verra pas. Voler quoi si rien n’existe ? Voler ce qu’on voit, youy ce qui nous fait envie. Mon pauvre ami, tu déraisonnes. Je viens juste de te dire que TOI NON PLUS, tu n’existes pas. 

Attends un peu, Dupneu ! Si j’existais pas, je le saurais ! 
–Hé non, justement. Personne n’en savait rien jusqu’à ce qu’un certain Einstein, Albert, en apporte la preuve indiscutable.
–Ya qu’à pas s’en occuper de ce con-là, puisqu’il n’existe pas non plus.

 

 

Eh bah dis donc !

Voilà où mène la science. À nous prouver que nous ne sommes que des consciences sans corps physique dans un monde imaginaire, immatériel, impalpable, inexistant. La science apporte la preuve que la science n’existe pas. Et si Einstein s’était gouré ? Si tout existe, sauf sa foutue équation ? Je cite de mémoire :

Euh est gale, aime ses deux.

Ses deux quoi ? Ça devient scabreux. J’arrête. Pas grave puisque rien n’existe, ni le web, ni ton téléphone porc table, ni les porcs, ni les tables, ni toi cher lecteur, ni moi cher auteur. Non d’ailleurs, pas si cher que ça l’auteur : son site est gratuit.

Question : êtes-vous sûr que la gratuité existe ? À première vue, je dirais non. Faut payer pour tout ! Alors que rien n’existe… Va comprendre ! 

…et surtout n’oublie pas de revenir m’expliquer.

 

Une autre science

 

Post Cogitum

Je vais te dire comment je comprends ça. L’univers physique est bidon. Toute matière est bidon. Rien n’existe de tout ce fabuleux bazar, rien du tout, nib, que dalle, ke tchi, peau de zébi. Mais ta conscience est là pour te dire qu’elle existe. Elle est même la seule chose qui existe dans ce monde dont le Pape des Physiciens a démontré l’inexistence. Tu te rends compte du putain de paradoxe ! La physique démontre que le monde physique n’a pas d’existence.

Là je m’adresse à celles et ceux qui n’aiment pas leur physique : pas de souci, il n’existe pas. Dormez sur vos deux oreilles.imaginaires

Pour atteindre la vérité, il faut nous défaire de toutes les opinions reçues et reconstruire tout le système de nos connaissances.

René Descartes

 

 

 

Si la lumière voit cent mille personne, elle ne descend que sur celui dont l’essence est lumière.
Rumi