L’onde alpha

 

Etre en alpha, c’est se maintenir « côté gauche », selon le mot de Castaneda. Il veut dire côté gauche du corps, qui correspond à l’hémisphère droit du cerveau. Pour faire clair, c’est ce lieu de conscience où on commence à planer.

Les repères habituels s’effacent, la réalité ordinaire aussi, commencent les visions. Il ne s’agit pas de défonce : aucun laisser-aller n’est admis à partir de ce point. Les drogues mettent la vie entre parenthèses, tandis que l’onde alpha nous fait découvrir la vraie vie, la vie des dieux, celle que nous devrions vivre à longueur de temps car nous sommes faits pour ça.

L'onde alpha © Jean-Claude Thomas, dit le Lutin lutinant,

Seulement voilà : depuis toujours, en tout cas depuis notre naissance, la société nous a fabriqué une image du monde, bien différente de celle de l’onde alpha. Qui nous manque. Y être, c’est bon. Y rester, c’est plus dur.

Etre en alpha, c’est se syntoniser sur cette onde cérébrale particulière qu’on appelle l’onde alpha. Un état proche de la transe, dans lequel on peut être conscient ou non. Pendant notre sommeil, toutes les nuits, nous passons en alpha. C’est une des phases physiologiques du sommeil, phase dite psychoactive, c’est à dire pendant laquelle l’esprit, lui, est bien réveillé.

Le voyage astral, c’est l’alpha inconscient, cette activité quasi-ignorée que nous accomplissons toutes les nuits. L’activité cérébrale produit des ondes variant de 7.5 à 14 par seconde, bande que l’on appelle les ondes Alpha. C’est la zone d’activité électrique du cerveau concomitante avec la douce léthargie de la fatigue, de la somnolence et du rêve éveillé.

Les études encéphalographiques ont démontré que l’état Alpha du cerveau correspond à l’état du cerveau chez le yogi en extase; qu’il est la condition cérébrale la plus propice à la création artistique et qu’il développe ou accentue les pouvoirs paranormaux.

Il n’ y a donc rien de plus naturel que l’état Alpha, puisqu’on y passe tous au moins deux fois par jour. En effet, à un moment donné, préalablement au sommeil, il existe cette zone intermédiaire de conscience dans laquelle il devient si facile de suivre les images mentales qui se présentent alors à l’oeil intérieur.

 

Ainsi en est-il le matin, quand on se réveille avec l’impression de sortir d’un rêve et que l’on se demande si l’on est bien éveillé. L’état Alpha peut s’obtenir par la détente autogène, c’est à dire générée par soi-même. (source)Pierre Clément, Transformez votre vie grâce à l’auto-suggestion

Les repères habituels s'effacent. © Jean-Claude Thomas, dit le Lutin du Bois-Joli La plupart du temps, l’alpha est inconscient, comme chez Edgar Cayce. L’activité que nous faisons chaque nuit sur le plan astral, nous ne la connaissons pas. Seuls les voyants s’en souviennent. Qu’on se rassure, la voyance, ça se travaille. Et il n’y a pas que l’alpha endormi. L’alpha conscient est possible aussi. L’accès le plus court est aussi le plus dangereux : la défonce. Il y a bien d’autres façons d’entrer en alpha, création, méditation, nature sauvage, sweatlodge, cathédrale.

La drogue n’est utile que pour les gens vraiment bouchés, c’est Juan Matus qui le dit. Il a sûrement raison, mais hélas ! Bouchés, nous le sommes tous. Voilà pourquoi, jeunes ou moins jeunes, tant de gens se défoncent.  Remboursé ou non, légal ou pas, qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse. Messieurs les Tartuffes, bonsoir !  Faute d’horizon magique, il faut bien lâcher la pression, sinon tout pète. Dans ce monde speedé, dur, rentable, la drogue est inéluctable.

L’alpha est tout d’abord une onde émise -ou relayée- par le cerveau. L’alpha désigne aussi un ressenti très particulier, euphorique, planant, relaxant et reconstituant, que beaucoup recherchent pour le plaisir.

L’aspect reconstituant de l’onde alpha est à souligner : sans le sommeil paradoxal qui permet l’alpha, un dormeur ne se repose pas. Ce n’est pas dormir qui nous repose, c’est rêver, c’est l’astral, c’est l’alpha.

Ainsi par la pratique de la méditation, en dehors de tout bénéfice spirituel, on obtient une relaxation réparatrice pour le corps, on brûle des toxines physiques et psychiques. L’alpha est enfin un autre moi-même, mon double astral qui se matérialise en faisant émettre cette onde particulière à mon cerveau. Etre en alpha, c’est rencontrer son double astral.

Un linceul n'a pas de poche. © Jean-Claude Thomas, dit el Lutino maldito, L’homme n’est pas fait pour vivre sans son esprit créateur, l’alpha. Chaque nuit, quand il le retrouve, il se retrouve. Et le double guérit, tant bien que mal, les blessures de la veille. Le lendemain, au réveil, le double est oublié. Il repart au chagrin, privé du soutien qui ferait de lui l’être de lumière, cet être tout-puissant qu’il n’a jamais cessé d’être. 

L’homme est fait pour vivre en alpha. Depuis toujours. Mais il ne le sait plus. Le monde repose sur un consensus : nous acceptons de nous syntoniser sur la même longueur d’onde. Très éloignée de l’onde alpha.

Tous ensemble, nous assemblons cette image virtuelle qui, forte de notre intention collective, devient réalité. Ça reste une illusion. La réalité « objective » repose sur un consensus, mais ce consensus repose sur une confusion. Une petite méprise qui a pris des proportions démesurées. On a confondu l’être et le corps. L’être s’est cru matériel. L’être s’est cru animal. L’être s’est cru mental. 

La raison pure n’est pas la solution, mais bien le problème. Qui veut ressembler à ce zombie de Kant ? Oubliée, la toute-puissance de l’esprit, la lumière de notre origine. En naissant, nous traversons le fleuve d’oubli, le Léthé des anciens Grecs. Ses eaux contiennent un philtre d’oubli, un poison qui rend amnésique. L’Unique, le Vivant, la Source n’est jamais bien loin. C’est notre Dieu intérieur, à notre image : c’est tout nous, mais en mieux. Dans les mécanismes subtils du cerveau droit, on a une ligne directe avec lui. Tout le temps, la ligne fonctionne, à notre insu…

 

Lui, c’est nous et ce n’est pas nous. Il y quelqu’un au-dessus de nous, qui sait mieux que nous, qui nous aime, qui nous protège, qui veille à ce qu’il nous arrive ce qui est bon pour nous, et on s’en fout ! Ingrats que nous sommes, nous lui reprochons de ne pas nous faire gagner au loto ! Ferions-nous la même erreur que ce radin de Ficelle ? Toute sa vie, Ficelle avait supplié l’Eternel de le faire gagner au loto, mais en vain. Au fil des ans, sa ferveur était devenue si puissante que les voisins devaient fermer les fenêtres.

 

alpha-waves-regard-paysage-bleus-688po

 

Un soir que l’avare, pour la énième fois, hurlait la même prière, le Tout-Puissant prit la parole : « Ficelle ! »  Les murailles en tremblèrent, et les voisins maudirent le vieil avare. « Ficelle, dit l’Eternel, tu me fatigues. Je veux bien te faire gagner au loto, mais achète au moins un billet ! » Qu’il s’agisse d’argent ou de liberté, nul ne peut gagner sans payer son billet. L’oiseau de la liberté vole en ligne droite, il ne s’arrête pas. Si on loupe son passage, a-t-on une seconde chance ? Peut-être… mais pas certain.

Mieux qu’un billet de loto, la chance est avec nous, dès le début, jusqu’à la fin. A n’importe quel instant, on peut choisir la liberté. L’éveil. L’alpha. Il suffit de faire un petit pas de côté. Quitter, ne serait-ce que d’une demie semelle, la routine absurde, inhumaine, robotifiante, qui est devenu le mode de vie mondialisable. Ras le mug ! Il suffit de syntoniser une autre longueur d’onde, et ce monde idiot s’efface. Adieu, le Kali yuga, les Rolex, les 4X4 et les menteurs ! Tchao, pantins !

La raison, c’est l’intelligence en exercice; l’imagination, c’est l’intelligence en érection. (Victor Hugo)

 

Echapper à la pesanteur de ce monde qui ne ressemble à rien © Jean-Claude Thomas, dit le Lutin Arsène,

Merci au Lutin pour ses oeuvres qui décorent cette page. Pour en savoir plus, voir les peintures chamaniques de Jean-Claude Thomas. 

Ma présence n’est pas ici. Je suis habillé de moi-même.
Paul Eluard