Pensée et Volonté

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Infinis sont les pouvoirs de l’Esprit. A condition de ne pas réduire l’Esprit au seul mental, ce degré zéro de la conscience qui est devenu tellement envahissant que nous ne savons plus que nous sommes bien davantage.

Pour aborder ces questions, il faut un esprit ouvert. Mais pour les comprendre, il faut dépasser cet esprit-là, aussi ouvert soit-il. L’esprit basique, ou le mental, semble fabriquer les pensées sans interruption, comme une chaîne de montage fabrique les autos.

Les philosophes et les savants du passé ont cru à cela. Pour eux, le cerveau était le siège de l’esprit, point final. Un matérialiste ira jusqu’à dire : « Le cerveau sécrète la pensée comme le foie sécrète la bile. » (source)Pierre-Jean-Georges Cabanis, 1802. Wikipédia C’était il y a deux siècles.

Depuis lors, si nos connaissances du cerveau ont un peu- très peu- progressé, cet organe et ses rapports avec la pensée, la mémoire ou la créativité restent encore un grand mystère.

Sans doute, plus aucun chercheur n’oserait soutenir que le cerveau sécrète la pensée. Mais bien peu ont le courage de supposer que le cerveau n’est pas le siège de la pensée. Il n’en est que le relais. Cet organe complexe gère bien des fonctions de notre merveilleuse machine physique. Mais ce n’est pas lui qui décide. 

 

Un cerveau qui ne pense pas

« Ce n’est pas le cerveau qui pense : il en réfère constamment à une sphère supérieure. Elle génère un flux constant de pensées, d’idées et d’images qui traversent l’aura. Le cortex cérébral est une antenne parabolique dont le rôle est de capter ces émanations cosmiques qui se mirent dans notre aura. » (source)Lao Surlam on facebook

C’est tout à fait exact. Le cerveau humain ne crée pas la pensée, il la capte.  Il assemble, il modifie ce qui lui est donné.

Comme un ordinateur, le cerveau obéit à un programme dont il n’est pas l’auteur. Quant à la pensée, il n’en est que le témoin et le traducteur. Le cerveau, finalement, ne fait rien d’autre que de capter les pensées, les modéliser, les transformer en mots et en syntaxe selon le modèle d’une langue acquise et mémorisée, et enfin les exprimer à l’aide de la vocalisation, de l’écriture ou d’un autre moyen.

L’Esprit universel est dans toutes choses. Ses modulations se traduisent, dans la sphère mentale, par des pensées. 

 

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Elles sont reçues dans notre luminosité ou aura, qui est un microcosme de l’univers. Tout ce qui existe dehors existe aussi dans notre luminosité. Ici et maintenant est un point brillant dans notre aura, que Castaneda appelle le point d’assemblage.

Ici et maintenant, pour l’humanité actuelle, est un endroit terne et gris qui repose sur la logique, l’hyper-rationalisme et une vision matérialiste du monde et de la vie. Nous pouvons changer la position de notre point d’assemblage. Nous le faisons chaque nuit, pendant notre sommeil.

Les sorciers le font consciemment, à volonté. Quelques artistes et poètes peuvent faire de même. Ainsi les sorciers atteignent des mondes différents, ou des positions différentes dans le même monde, par exemple des manifestations animales ou fantomatiques.

Mais pour l’homme contemporain, tout ce qui est pensée provient du cerveau, et hors de la raison, point de salut. Sans la raison, nous ne serions que de pauvres fous, ricane-t-il en oubliant les grands éveillés, les prophètes et tous les autres géants de la spiritualité qui ont la tête vide, vide, résolument et définitivement vide.

Et qui ne sont pas fous pour autant, loin s’en faut ! Alors ? Qu’en disent les philosophes ? Descartes avait bien remarqué que notre raison n’est pas tout à fait seule à nous diriger.

« Descartes sépare le corps de l’esprit (qu’il identifie à l’âme) en un dualisme : le corps est une substance étendue et relève de la mécanique (d’où la théorie des animaux machines), tandis que l’âme est une substance pensante. En tant que passif, l’esprit est intellect ; en tant qu’actif, il est volonté. L’unité des deux reste un problème épineux, et Descartes voit dans la glande pinéale le lieu de communication entre les deux. »(source)Wikipedia

 

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On voit qu’il assimile l’âme et la pensée. Le corps, selon lui, est mécanique. Le cerveau, en tant qu’organe du corps, est donc mécanique lui aussi. Comment un organe mécanique pourrait-il produire de la pensée, qui est du domaine de l’âme ? Les animaux sont des machines, selon lui, parce qu’ils ne pensent pas. « L’homme est un roseau pensant » dira Pascal en écho.

Descartes a bien vu deux des principes qui nous dirigent : la pensée et la volonté. Mais il n’a pas vu le troisième, issu des précédents : l’Amour qui vient du Coeur. Alors il tâtonne entre pensée et volonté, il n’arrive pas trop à les articuler ensemble.

En bon rationnaliste, Decartes s’obstine à faire du cerveau le siège de la volonté. C’est vrai, mais de quelle volonté parle-ton ?  La volonté du cerveau n’est que notre volonté consciente, qui n’a presque aucun pouvoir, sinon de nous permettre d’arrêter de fumer… et encore, pas tout le monde !

La volonté consciente est de la même nature que la pensée. Mais c’est plus une envie qu’une volonté. Notre corps subtil use d’une volonté infiniment plus puissante. Et dont peu sont conscients. Et dont personne ne parle. Le vouloir qui vient du ventre.

Laisse la vie t’arriver. Crois-moi, la vie est dans le vrai. Tout le temps. (Rainer Maria Rilke)

 

La seule chose pire que d’être aveugle est de regarder sans voir.
Helen Keller