Carlos Castaneda

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Dans les années 70, un météore a traversé le ciel, visible de toute la terre. C’est un jeune anthropologue américain qui se fait appeler Carlos Castaneda. En plongeant au coeur du chamanisme yaqui, il va ouvrir la tête à toute une génération. Avec lui débute le New Age.

 

La légende Castaneda

Anthropologue, écrivain et chercheur de vérité, Carlos Castaneda entre en 1960 à l’université de Californie (UCLA). Il est alors âgé de 29 ans. Fait troublant : pas trace de lui dans les archives de l’université.

Etait-il inscrit ailleurs ? Avait-il  un pseudonyme, comme les personnages de ses livres ? Ou bien était-il un mythomane ? Le mystère dont il s’est entouré au début de sa vie peut accréditer cette hypothèse.  Paradoxalement, quand il a commencé sa « vie publique », il a perdu beaucoup de son crédit international. 

Des mauvaises langues ont alors sussuré qu’il avait tout inventé. Mythomane ou pas, il nous présente le nagualismeVoir plus bas la définition du Nagual dans une version cohérente, toujours accessible ;  au fil de ses Histoires de pouvoir il développe une philosophie de l’action exigeante, qui s’articule à merveille sur une théorie de la connaissance puissante et inédite.

Et qui se paye le luxe rare d’être pertinente : elle rend compte de bien des anomalies de nos perceptions et de nos représentations, et mériterait, à ce seul titre, d ‘être enseignée à l’université.A l’UCLA, pourquoi pas ?

 

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La voie du Nagual

Au fait, qu’est-ce que le nagualisme ? C’est une théorie de la connaissance doublée de règles d’action. Action + connaissance, ça donne un système philosophique complet, cohérent et opératif.

L’opérativité ? Autre concept castanedien qui mérite un éclaircissement. Est opératif ce qui fonctionne, ce qui obtient le résultat escompté. L’opérativité d’une allumette, c’est d’émettre une flamme. Quand l’allumette n’a plus d’opérativité, on la jette. Pourquoi ne pas faire de même avec les systèmes ?

Chez Castaneda, l’opérativité vient du nagual. Autre substantif castanedien, le nagual est à la fois le sorcier qui dirige le clan et le côté gauche du corps (ou l’hémisphère droit du cerveau), c’est à dire notre aptitude à la sorcellerie. Attention, qu’on ne se méprenne pas sur le sens de ce mot. En nagualisme, sorcellerie ne renvoie pas aux bûchers du Moyen-Age, mais plus simplement à nos pouvoirs perdus, ces pouvoirs oubliés qui jadis ont fait de nous des dieux.

Leur absence crée une béance qui laisse l’essentiel de l’humanité exsangue, affamée sur les bords de l’autoroute à péage qu’est la mondialisation. Castaneda voulait ouvrir une autre voie. Une voie royale, à l ‘écart des gadgets et des compromissions. Une voie pour les braves.

Les adeptes du nagualisme sont en quête de la liberté totale, par la remémoration de l’intégralité de leur vie et l’impeccabilité du comportement. Impeccabilité n’est pas sainteté, loin de là.Voir plus bas

 

Les quatre ennemis du guerrier 

Sur le chemin de l’apprenti, ou du guerrier, les principaux ennemis sont intérieurs, tant il est vrai que le principal obstacle sur ta route, c’est toi-même. Ces quatre redoutables ennemis du guerrier arrivent toujours dans le même ordre, ainsi le veut la Règle. Le premier ennemi à vaincre, c’est la peur. Le second ennemi, c’est la clarté. Le troisième ennemi, c’est le pouvoir. Et le quatrième ennemi, qui tôt ou tard rattrappe le guerrier le plus impeccable, c’est la vieillesse. 

Comment un étudiant étasunien est-il devenu un modèle mondial, l’histoire vaut d’être contée. Au Mexique, où il cherche des informateurs sur le peyotl, le jeune Carlos rencontre un sorcier yaqui, Juan Matus. 

Très impressionné par ses pirouettes, Carlos devient son élève. Son premier livre, L’Herbe du diable et la petite fumée, consacré au peyotl et à la datura, lui vaudra le titre de Docteur en anthropologie à l’université de Los Angeles en 1970.

Après vérification, on ne trouve aucune trace de l’étudiant Castaneda aux archives de l’UCLA… Renonçant vite à ses études d’anthropologie, réelles ou supposées, l’universitaire entre en nagualisme.  Juan Matus et son clan de sorciers-voyants font vivre à Castaneda des aventures au-delà des limites de notre perception. 

Initié, selon ses propres termes, à diverses expériences non ordinaires, il les exposera dans de nombreux livres : Voir, Le Voyage à Ixtlan, Histoires de pouvoir, Le second anneau de pouvoir, Le don de l ‘Aigle, Le feu du dedans, La force du silence… Témoin de la recherche du sacré et de l’élargissement des consciences, Castaneda vivra.  

 

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Difficile de réduire la galaxie Castaneda à une mode ou une époque : aujourd’hui encore, nombreux sont les chercheurs de vérité qui se servent de ses techniques et de ses trouvailles multiples pour explorer l’infini. Quant à savoir si tout est vrai, quelle importance ? Ce qui compte, c’est que tout se vérifie. Croire sans y croire.

 

Deux hommes regardaient par les barreaux de leur prison.  L’un vit la boue, et l’autre les étoiles. 
Idries Shah