La race de fer

 

 

Les généticiens soutiennent qu’il n’y a pas de races distinctes dans l’espèce humaine. Ils disent que les différences génétiques les plus importantes constatées jusqu’ici ne sont pas suffisantes pour qu’on puisse parler de races, comme on peut le faire pour les chiens, les aigles, les chevaux, les coccinelles, les fourmis et la plupart des espèces animales.

Pourtant, des races distinctes ont existé dans le passé humain. Hésiode énumère cinq humanités successives, qu’il appelle, à juste titre, races humaines : race d’Or, race d’Argent, race de Bronze, race des Héros, et enfin la nôtre, race de Fer. Leurs différences sont considérables, ne serait-ce que leur taille et leur durée de vie. Seulement ces races ont disparu. Je veux dire les quatre premières. La dernière venue est encore en sursis…

Dans un texte écrit avant leur destruction, Robert Charroux évoque ces trois statues colossales, sculptées en plein roc : « Il y a peu de temps, les statues monolithes étaient encore au nombre de cinq. La plus grande statue mesurait 53 m. de hauteur7 mètres de plus que la statue de la Liberté à New York la deuxième 35 m, la troisième 10 m.  Les autres étaient de moindre importance, la plus petite ayant la taille d’un homme. Elles sont, assure la tradition, les « impérissables témoins » de la doctrine secrète laissé par les Géants d’avant. Des moines les ont recouvert de plâtre pour les transformer en Bouddhas, mais il est aisé de discerner la supercherie. »

Je vais développer cette claire vision de l’inestimable Charroux, grand découvreur de mystères regretté par tous ceux qui l’ont connu et qui l’aiment. La première race fut celle des Cyclopes. Ces êtres gigantesques mesuraient 53 mètres. Ensuite est venue la race d’argent, de moindre taille : 35 mètres tout de même. C’est la race des Anges, qu’on appelle aussi les géants. Puis vint la race de bronze, la troisième donc. Elle était composé de géants volants de 10 mètres de haut. Ils volaient, mais ils n’avaient pas d’ailes. Par rapport à leur gigantesques prédécesseurs, ils n’étaient pas vraiment des géants ; entre eux ils se nommaient les Titans, les Olympiens, les Elohim ou les Annunaki. Je les appelle les dieux d’avant. Humanoïdes de type reptiliens, ils appartiennent à la caste galactique des Terraformeurs de planètes et constituent à ce titre la dernière vague de terraformation de la Terre. Zeus, Héra, Yahveh, Allah, Isis, Horus, Enki et d’autres font partie de cette humanité. Mais les géants sont morts et les dieux sont partis.

La race des Héros a pris la relève, elle fut la quatrième humanité : Rama, Krishna, Cuchulainn, Quetzalcoatl, Gilgamesh, Hercule, Orphée, Noé, Romulus et Rémus… Les Héros sont les enfants des Titans et des hommes de la cinquième humanité, la nôtre. Cette race mesurait 4 mètres. A cette époque, les cinq humanités vivaient ensemble sur la Terre. Hésiode évoque « le temps où les dieux marchaient parmi les hommes ». On ne saurait mieux dire. La race des Héros s’est auto-détruite dans un conflit nucléaire et magnétique généralisé, comme en témoignent de nombreuses régions à radio-activité élevée, et les descriptions d’un arsenal épouvantable. Alors après eux, le déluge. Ce qui fut fait. Nous appartenons à la cinquième race humaine, la race de Fer. La sixième sera quoi ? La race de Plastique ? 

 

 

En tout cas, si jamais il y a une sixième race humaine, pure hypothèse, je peux vous dire que ces futurs humains seront plus petits que nous, nettement. Vous avez remarqué comme ça réduit au lavage, d’une humanité l’autre. Moi je les vois de la taille d’un schtroumpf. Comme ça ils pourront croître et multiplier sans risquer la surpopulation. Je veux dire pas trop vite. Ils finiront sans doute comme nous, étouffés dans un bocal qui ne grandit pas avec l’espèce. La terre est infestée d’humains, a dit Hubert Reeves, qui pour un scientifique ne dit pas que des bêtises. Infestée ! Un jour la Terre sera infestée de schtroumpfs qui vont grouiller comme des rats. Pourquoi pas ? Le temps est un programme en boucle. Tout se reproduit à terme, regardez les modes vestimentaires, on en a fait un dicton : « Qui dure devance ». Tôt ou tard le cycle se referme et les mêmes faits se reproduisent.

A propos de dicton sur l’éternel retour, il y a cet aphorisme asiatique qui dit : « Assieds-toi au bord du fleuve, un jour tu y verras passer le cadavre de ton ennemi. »  Autre temps, autre mœurs. Ça fait quand même un coup dans le bide. J’aimerais mieux qu’on me parle du retour des saisons, du printemps qui revient, inespéré, à la fin de chaque hiver. Les fleurs, les petits oiseaux, les lutins et les fées. Mais là, crac, un cadavre à la dérive, ça calme. Comment voulez-vous réenchanter le monde avec ça ? Faut pas déconner ! Mais ce qui choque aujourd’hui sera banal demain. On verra des cadavres sur nos plages. On en voit déjà sur plus d’une plage dans le monde. Ça finira comment ? Et quand ?

Nous sommes la cinquième race humaine, pour régner sur cette planète nous avons dû éliminer quelques races concurrentes, les Néandertaliens par exemple. Voilà de quoi remettre en place l’ego de notre espèce. Nous ne sommes pas le seul résultat d’une évolution darwinienne, nous avons été conçus et mis au point avec soin, de façon scientifique, par essais-erreurs, au long de nombreux millénaires, et après l’éclosion de quatre races humaines antérieures. Nous ne sommes pas meilleurs que ces races-là, au contraire, nous leur sommes largement inférieurs. Non seulement par la taille, mais par les réalisations. Depuis le temps que nous sommes là, qu’avons-nous compris de notre passé ? Quel progrès indiscutable avons-nous accompli ? Est-ce que notre espèce s’est débarrassée des guerres, de l’instinct de mort, des joies sadiques, de la satisfaction morbide d’agir mal ? 

Nous avons en nous une sorte de boussole qui nous indique ce qui est juste. Encore faut-il pouvoir l’écouter. Nous avons aussi en nous l’instinct de puissance, autre cadeau des dieux qui nous ont faits. Cet instinct, cette volonté de puissance disait Nietzsche, se heurte à la boussole qui montre le bon chemin. Conflit interne. Ça déclenche une pulsion destructrice qui se porte sur notre entourage, et aussi sur nous-mêmes. Tu es ton pire ennemi, répètent les sages, comme ils ont raison ! Nous vivons la fin du kali yuga, l’âge noir où l’ascension vers le sommet de nous-mêmes est très peu valorisée, car une majorité d’humains s’en moque, aveuglée par le désir de paraître, de plaire, de séduire, d’avoir, de piller, de briller, d’accaparer, d’humilier, d’écraser, de torturer, de tuer ses semblables. Rayez les mentions inutiles. Tout ça s’exprime dans les films hyper-violents que je ne peux pas regarder, mais qui servent de berceuse à des générations de futurs tortionnaires en toute innocence. Des jeux vidéo où on tue à distance préparent les futurs tueurs qui resteront peinards derrière les écrans rassurants de leur enfance, pendant qu’un drone sèmera la mort déclenchée par leurs clics. On va laisser faire tout ce bordel ? On va les applaudir longtemps encore, ces multinationales qu’on adore, sans voir la faille énorme qui a volé notre âme ? 

 

La condition humaine est comme celle des troupeaux qui trottent dans la poussière, conduits à l’abattoir au son du galoubet, par d’interchangeables bergers. (Henri de Monfreid)

 

On se réveille, on s’aime, oui ou merde ? L’indolence des éclairés est quelque chose d’impensable, d’inexcusable. Ceux qui ont la chance d’être éveillés, ceux qui sont conscients de ce qui se trame n’ont pas d’excuse à fermer les yeux. Alors ? On fait quoi ? Je vais vous dire ce que je crois : la race de fer a un cœur d’or. Il y a un moyen d’envoyer tout l’amour qui nous anime, à l’aveugle, en direction de celles et ceux qui n’en peuvent plus. Faites un don à la planète, une don d’amour inconditionnel. C’est possible, ça ne coûte rien. Joignez-vous au groupe scalaire, prenez la douce habitude d’ouvrir votre cœur aux souffrances du monde. Faites vite mes chéris, il y a grande urgence. Je vous aime.

 

 

Les hommes sont mille fois plus acharnés à acquérir des richesses que la culture, bien qu’il soit parfaitement certain que le bonheur d’un individu dépend bien plus de ce qu’il est que de ce qu’il a.
Arthur Schopenhauer