Perceptif

 

Les perceptifs entendent des sons et des paroles, des bruits furtifs ou des vacarmes énormes qui n’existent pas, disent les toubibs. Ce n’est pas parce que les non-perceptifs ne les entendent pas qu’ils n’existent pas. Les perceptifs ont accès à un monde plus grand. Un monde plus réel que celui des gens normaux 

 

Plus grand

Qu’est-ce qui est réel ? Un monde fabriqué, dénaturé, prisonnier ou un monde infini ? Percevoir ces deux mondes est une grande satisfaction et une source constante d’inquiétude. Je regrette que les sons inaudibles aux non-perceptifs ne se distinguent en rien des sons dits normaux. Inquiétude ? Ai-je entendu la toiture s’envoler ? J’habite sur la côte bretonne. Ces choses-là arrivent en cas de tempête. Mais non, après vérif, c’était un son subtil.

 

Baba

Le monde d’avant était un monde subtil. Les Noirs étaient les maîtres idolâtrés par les Blancs. La mère y venait avant le père. Pour la nommer, on disait Baba, la grande, la puissante, la sainte. Le père ne comptait pas, car il avait très peu de pouvoir subtil. On l’appelait Peut-pas. Baba est devenu Mama et Peut-pas est papa.

 

BPHP

Je vis dans un autre monde. Il ne ressemble en rien au vôtre, gens d’ici. Au prix d’un grand effort je rejoins le vôtre pour acheter ma bouffe. C’est tout. Le reste de ma vie se passe en astral. Je suis un cas que les toubibs appellent BPHP. Bon Pour Hosto Psy. Quand le cas est désespéré, hosto-psy s’écrit autopsie.

Dieu

Quel dieu unique ? Ils sont toute une tapée. Jadis on disait les dieux. Et les chamanes parlent aux esprits, pas à l’Esprit. Les perceptifs sont entourés d’une foule d’invisibles qui pour eux sont visibles. C’est le monde dit réel qui devient invisible. Indigne d’attention. Ou alors la nature, seule avec moi. Paysages sauvages plein les bras qu’on a percé à l’âme avec les yeux du cœur.

Longues promenades dans la nature sauvage, le bâti ancien, les murets de clôture, ceux qui restent, et les cabanes isolées. Les buttes aussi. Éminences surgies au vif d’un paysage calme et plat, ou doucement ondulé, dans lequel l’émergence d’une taupinière géante ne peut être qu’humaine.

Dans ce genre de champ piqué de sec, on découvre les vierges à l’enfant. Pas médiévales non, de bien avant. N’y voyez pas la vierge Marie mais la Grande Déesse des Pré Celtiques, géants noirs de l’humanité précédente, la quatrième. Ce sont eux les dieux d’avant. Ils étaient aussi nombreux que nous, sinon plus.

 

Chaussette

Il y a eu plusieurs réactions après l’expérience des rêves réels. Cette aventure scalaire qui s’est déroulée il y a peu. Des réactions mitigées. 

Les lecteurs ont réagi avec enthousiasme. Le procédé du rêve réel les a fascinés. Surpris. Démontés. Les réactions des participants ont eu sur moi le même effet. Elle m’ont fasciné. Surpris. Démonté. Je l’aurais été sans eux, car cette expérience m’a retourné comme une chaussette.

En résumé, on m’a écrit ça : « 1 Le thème est odieux. 2 Je n’ai rien à voir avec ça. 3 C’est la période historique que je déteste le plus. » Je n’aurais pas dit mieux. J’ai été le premier dérouté quand le thème est sorti des premières brumes. Moi aussi je hais le nazisme. La racine naze est explicite. Vient de nazional zozializme. Mais en langue des oisons, naze n’a pas besoin de traduction.

Je hais tortures et morts violentes. Ma vie actuelle est à l’opposé de ces horreurs.J’ai toujours refusé d’étudier ces ordures à l’école. Que je déteste, exècre, abomine, vomis.

 

Roman ?

 

Gothique

Les participants sont les plus surpris. Ils me demandent surtout de leur expliquer comment ça marche. Je vais vous dire ce que j’en sais. Pour le reste, je suis comme vous, je l’ignore. M’appliquer à expliquer ce que je ne peux pas piger ? C’est du roman. J’aime mieux le gothique.

Souvenez-vous, j’ai demandé votre aide pour mon opération chirurgicale. Vous me l’avez accordée, vraiment. Et pourtant ! Pourtant il n’a pas du tout été question de ça. Au lieu de sangloter et de me plaindre à cet auditoire de volontaires, je vous ai rencontré en astral chaque nuit, inlassable, guettant vos aventures épiques au détour d’une phrase tronquée, d’un message subliminal que j’adore repérer… Ainsi l’une après l’autre, je vous ai guettées pour pouvoir traduire votre habillage du réveil.

Franchement, est-ce que j’aurais pu m’attendre à tomber sur la deuxième guerre mondiale, le nazisme, la France occupée ? Vous me dites que vous détestez cette période, et moi donc ! Mon grand-père est mort à Verdun. Mon père a été prisonnier en Allemagne pendant 7 ans. Deux tentatives d’évasion dont il ne nous a jamais parlé, et dont je suis le seul que Maman a mis dans la confidence. J’ai toujours été très proche d’elle, et j’ai accompagné sa fin de vie en maison de retraite. 

 

Destin

Ceci pour vous dire que je n’ai pas choisi délibérément le sujet qui nous a réunis. Il s’est imposé à moi comme il s’est imposé à vous. J’irai plus loin : notre rencontre par le canal de ce site n’est pas le fruit du hasard. Nécessité karmique oblige, elle était programmée de longue date. Sans le savoir, nous nous sommes retrouvés pèle-mêle à tournoyer dans le tambour de la machine à laver les mémoires passées.

Nous nous sommes connus dans cette vie-là, juste avant celle-ci pour ce qui me concerne. Et peut-être nous sommes-nous retrouvés dans d’autres vies, d’autres corps, d’autres pays ? Je sais pour le vivre au quotidien que le hasard n’existe pas. C’est un autre nom pour destin. Nous méritons toutes nos rencontres. Elles ont un sens, un impact d’autant plus grand qu’elles arrivent à point nommé.

Ce monde dans sa version astrale est infini. Infiniment accessible. On y va toutes les nuits. On déroule des centaines, des milliers de rêves qui durent tout au plus l’espace d’un éclair. Mais quand on le raconte au réveil, il pourrait remplir trois épisodes d’un feuilleton télé. Le temps n’existe pas, a dit Einstein. C’est une illusion. Comme l’espace, d’ailleurs. Dans son équation fondatrice de toute sa physique, E = MC², il n’y a ni temps ni espace. Energie = Masse x (vitesse lumière)².  

D’où l’on conçoit une énergie infinie, ce en quoi Einstein rejoint Castaneda. Qu’il n’a sans doute jamais lu… mais le hasard n’existe pas.

 

Bio Energie

 

 

 

Je ne pense pas, je suis trop intelligent pour ça.
Albert Camus