Oudjat le troisième œil

 

L’éveil des conscience et l’élévation intérieure a toujours été la préoccupation centrale des civilisations très antiques : Sumériens, Égyptiens, Perses, Celtes, Mayas, Chinois, tous les plus anciens peuples ont perpétué cette tradition et reproduit cette éducation. Suivez-moi en Égypte pour y traquer les signes de l’éveil. Attention ! Ils ne se montrent qu’à ceux qui ouvrent grand leur troisième œil.

 

L’œil d’Horus

Il n’y a pas que la pomme de pin de la glande pinéale qui connote l’éveil dans les représentations antiques. Beaucoup d’autres symboles ont été utilisés selon les pays et les époques. En Égypte, l’œil d’Horus ou plutôt l’œil Oudjat remplit cette fonction.

On a noté que le dessin de l’œil d’Horus évoque la forme de l’épiphysevoir l’image qui suit et du complexe qu’elle forme avec l’hypothalamus, le thalamus et la dure-mère au centre du cerveau. Tous les détails anatomiques sont à leur place et à leur taille, on ne peut plus parler de coïncidence – plus jamais d’ailleurs, car le hasard n’existant pas, les coïncidences non plus. 

« D’après le mythe, Horus, fils d’Isis et d’Osiris, aurait perdu un œil dans le combat contre son oncle Seth pour venger l’assassinat de son père. Au cours du combat, Seth lui arrache l’œil gauche, le découpe et jette les morceaux dans le Nil. Thot repêche tous les morceaux sauf un. Il supplée miraculeusement au fragment manquant pour que l’œil fonctionne à nouveau. » (source)

Il y a, comme souvent, d’autres versions du mythe. Mais dans tous les cas, l’œil endommagé a été miraculeusement restauré par Hathor, la déesse du ciel, des femmes, de la fertilité et de l’amour, ou par Thot, le dieu des mots, de la magie, de la sagesse et de la lune. Et comme l’œil d’Horus a été restauré par magie, les anciens Égyptiens en déduisaient qu’il contenait des propriétés curatives. (source)

Selon les anciens Égyptiens, l’œil n’est pas un simple organe passif que nous utilisions pour voir le monde. Pour eux, l’œil avait des pouvoirs spéciaux liés à la protection, à la colère et à l’action. Ils pensaient que les yeux possédaient une énergie puissante, capable de jeter des sorts maléfiques en un coup d’œil. Ils croyaient également que le mauvais œil peut être contrecarré par un « bon œil », amenant les gens à croire au pouvoir protecteur de l’œil d’Horus.

Dans les hiéroglyphes, l’Œil d’Horus est représenté par sept symboles différents signifiant « passer à l’action » ou « celui qui fait ». Les marins ont exploité ses pouvoirs en le peignant sur leurs navires pour les protéger des voyages dangereux et éloigner les forces du mal. De cette façon, il ressemble au symbole du mauvais œil. (source)

Voilà ce que la légende nous apprend sur Horus et son œil perdu. Maintenant, qui a dit que l’œil Oudjat était celui perdu par Horus ? Comme on va le voir plus loin, Oudjat signifie tout autre chose.

 

 

Oudjat

L’appellation œil d’Horus est tardive. Elle s’est répandue en Égypte à une époque où les souvenirs de l’enseignement atlante et hyperboréen se diluaient dans le symbolisme et la superstition. On fait rarement cette distinction capitale. Les dieux d’avant nous ont tout appris. Notre civilisation a commencé très haut. La science et la conscience, marchant de pair, atteignaient alors un niveau qu’on peine à imaginer.

Puis le déclin a fait son œuvre. Et le symbolisme a comblé les vides creusés par l’oubli.

Le symbolisme ? La sagesse des crétins. Ce qui reste quand on a tout oublié. (Lao Surlam)

 

Voyons si Wikiki y comprend quelque chose. « L’Œil Oudjat avait une fonction magique liée à la prophylaxie, à la restauration de la complétude et à la vision de l’invisible. Il fut représenté sur les sarcophages et sur les pectoraux. Les innombrables amulettes en forme d’Oudjat protégeaient leurs porteurs. Lors de la momification, les embaumeurs le plaçaient sur les incisions qu’ils avaient pratiquées. L’Œil Oudjat était aussi peint sur les proues des bateaux, leur permettant de  voir l’invisible et de tenir leur cap. »  (source)

Hé non. Comme à son habitude, Wikipédaledans la semoule se fourre le doigt dans l’œil jusqu’au coude — ce qui n’améliore pas la vision. Elle parle de l’œil Oudjat avec le langage décadent de l’Égypte tardive. Oudjat, Horus, pour elle c’est du pareil au même. Dommage, mais pas surprenant.

Évidemment, quand on part du principe que plus c’est antique, plus c’est débile, on ne peut concevoir le déclin de toutes les civilisations comme une chose inéluctable. Et pourtant, le deuxième principe de la thermodynamique est on ne peut plus clair : tout se dégrade. Y compris Wiquimerda… et qui merdera de plus en plus, c’est dans l’ordre des choses depuis que le monde est monde. Poursuivons.

 

 

L’œil préservé

Voici le début de l’article que Wikipédia consacre à l’œil Oudjat : « En translittération de l’écriture hiéroglyphique, irt signifie œil et wḏȝ signifie se préserver ou protection. Irt oudjat ou plus communément oudjat, en transcription signifie donc œil préservé, l’Œil d’Horus en l’occurrence. »

Comme elle a le mauvais goût de s’en vanter, l’encyclopédie en ligne a choisi de suivre la pensée dominante. Elle néglige du même coup la prodigieuse somme de connaissances intérieures venue de la Tradition et de la science vive des mythes. Du coup, en lisant le texte précédent, on se dit « tiens ? Wikipédia changerait-elle son fusil d’épaule ? » 

Car l’œil préservé doit les amener tout naturellement au troisième œil préservé à l’intérieur du cerveau humain comme au creux d’un nid, par opposition aux deux yeux qui, eux, sont en surface, non protégés sur le visage. Wikipédia comprendrait-il la langue des oisons ? C’est nouveau !

Ma joie est de courte durée, car voici la suite :   « Les égyptologues considèrent généralement que la figuration de l’Œil Oudjat est un hybride d’œil humain et d’œil de faucon : elle combine des parties de l’œil humain, conjonctive, pupille et sourcil, avec vraisemblablement les taches en dessous de l’œil du faucon. »

On peut y voir le mode de fonctionnement universitaire : le doctorant Lambda a appris que l’œil Oudjat est celui d’Horus, et il sait aussi qu’Horus est un faucon. Sans remettre en question ces deux affirmations héritées de générations d’universitaires aussi naïfs que lui, Lambda en oublie l’essentiel, la transcription d’Œil Oudjat = œil préservé. Il s’en tient à l’interprétation universitaire officielle. Pour la pensée dominante, œil d’Horus = œil humain + œil de faucon. Point final.

Dommage, mais pas surprenant.

Comme ses pareils qui se reconnaîtront, ce Lambda n’a rien d’un faucon, mais tout d’un vrai.

 

L’œil sensoriel

« Les anciens Égyptiens, chefs de file de la médecine et de l’anatomie, semblaient comprendre les fonctions complexes du système nerveux central sans l’aide de la technologie moderne. » (source) Comme si la technologie ne pouvait être que moderne ! Mais bon, je ne m’attends pas à ce que l’ego sociétal accepte de n’arriver qu’à la cheville des dieux d’avant. Ces derniers ont mis plusieurs milliards d’années à terraformer notre planète sauvage, mais la NASA estime que dans quelques siècles, la terraformation de Mars sera accompli. Quel orgueil incroyable anime les fourmis humaines !!

Revenons à nos anciens Égyptiens, encore tout imprégnés de la sagesse des dieux d’avant. « Voici une liste de chaque partie de l’œil d’Horus qui correspond aux sections du cerveau :

  • Odorat : La partie triangulaire à droite de l’œil est située dans le triangle olfactif.
  • Vue : Le centre de l’œil correspond aux adhérences interthalamiques.
  • Sagesse : Les sourcils correspondent à la forme et à la position du corps calleux.
  • Ouïe : le côté gauche du triangle de l’œil correspond à l’emplacement des aires 41 et 42 de Broadman, qui sont les centres de l’audition humaine.
  • Goût : Les objets en forme de queue enroulée correspondent aux voies gustatives dans le cerveau.
  • Toucher : Les objets en forme de larme correspondent à la forme et à la position de la voie somato-sensorielle et transmettent de nombreuses sensations corporelles. »

(source)

Bien entendu, ce passage n’est pas de moi. Il s’agit d’une citation sur laquelle j’émets des réserves. Il y manque la clarté et la précision qui sont de bon aloi dans tout exposé scientifique. Pourtant j’y trouve quelque intérêt, aussi je vous la livre telle quelle. Faites-en bon usage ou n’en usez point.

 

Le Troisième Œil

Le troisième œil (également dit « œil intérieur » ou « œil de l’âme ») est une métaphore mystique et ésotérique d’origine orientale qui désigne, au-delà des yeux physiques, un troisième regard, celui de la connaissance de soi. Dans certaines traditions, le troisième œil est symboliquement placé sur le front, entre les sourcils.

En Inde, le troisième œil est appelé jnana chakshus ou gyana chakshu, l’œil de la connaissance. Il est localisé au niveau du sixième chakra, ajna chakra. Les divinités ou les saints sont représentés avec un point ou une marque sur le front à cet effet. (source)

Merci We-keep et dia ! Toujours les mêmes âneries que je ne peux résister au plaisir de souligner. Le troisième œil n’a rien d’ésotérique, c’est une réalité physiologique. Il n’est pas non plus une métaphore mystique, mais un fait anatomique très concret. Il est placé sur le front et ça n’a rien de symbolique : c’est très réel au contraire.

J’ai expliqué que les cyclopes, première humanité, possédaient un troisième œil grand ouvert, capable de projeter un rayon lumineux si puissant que l’on ne voyait pas leurs deux autres yeux situés plus bas. Mais comme le montre l’iconographie ancienne, les cyclopes avaient trois yeux et non un seul.

Avec les éons, les humanités successives ont perdu l’usage de ce troisième œil, comme ils ont perdu bien d’autres facultés que nous appellerions para-normales, et qui, pour les cyclopes, étaient bien ordinaires.

 

L’œil atrophié

L’épiphyse ou glande pinéale est située au centre de la masse cervicale. Elle est parfois décrite dans le milieu médical comme le troisième œil atrophié. Max Heindel affirme que cette glande et une autre qu’il nomme le corps pituitaire seraient en état de sommeil. Quand ils se réveilleront, l’homme serait alors capable de perceptions nouvelles, extra-sensorielles. (source)

Pour Max Heindel, cet organe pourrait se réveiller. Tant qu’on y est, le troisième œil pourrait à nouveau jaillir de notre front pour émettre les rayons puissants, destructeurs ou réparateurs, comme les cyclopes.

Ce qui est perdu est perdu, et je ne vois pas le moindre signe d’une inversion du déclin qui nous précipite de plus en plus bas. Cependant je sais que l’éveil, notre seul but digne de ce nom, peut ouvrir des sensations que les endormis n’ont pas. L’éveil illumine les chakras, qui diffusent à chaque niveau leur rayonnement bénéfique. L’activité de l’épiphyse, stimulée par l’intensité du chakra frontal, permet aux éveillés une connaissance subtile que Castaneda appelle le VOIR des sorciers.

René Descartes avait des aperçus très concrets sur la glande pinéale. Il y voyait le siège de l’âme. Le troisième œil comme porte sur le monde intérieur est une invention indienne tardive. Les vedas sont plus explicites sur cette question, comme sur beaucoup d’autres. « Quand s’ouvre l’œil du front, la vision transperce les murailles et parcourt les paysages disparus au cours de la ronde du temps.« 

 

Pourquoi faire ?

Un éveillé a fait circuler le torrent ascendant de la kundalini tout au long du canal central sushumna. Il est grand ouvert, bien récuré, près à envoyer la purée. La double spirale des canaux latéraux, ida, pingala, a été nettoyée de bas en haut. Elle est prête à jouer son rôle. Tout fonctionne à merveille. L’éveillé pousse le curseur à fond. Il sent sa dernière vertèbre s’échauffer légèrement, frémir.

Tout le long de l’épine dorsale, le frémissement se transforme en vrombissement. Un à un, les chakras entrent en danse. Tourne, tourne, petit moulin. L’énergie monte depuis le chakra racine, subit le changement de fréquence de chacun des chakras. Le sexe, contrôle du désir. Le ventre, affirmation de soi. Le cœur, amour inconditionnel. La gorge, acquisition des pouvoirs subtils. Le front, ouverture du troisième œil.

Ses paupières subtiles viennent de s’ouvrir sur un nouveau monde. L’éveillé sait qu’il sait, voit ce qu’il veut, vit sa vie d’être libre. Enfin libre de choisir sans être choisi. De se diriger sans être dirigé. De percevoir sans être perçu. D’être inclassable sans se déclasser. D’être en fête ? D’être, en fait.

Le dernier chakra, l’ultime barrière de la fontanelle, va sauter dans un bref instant. Si la montée d’énergie du Diable peut demander de longs mois, le processus d’éveil de la Maison Dieu est très rapide. Quelques instants suffisent. Et les pouvoirs sont là. La clarté. L’énergie. La puissance. Le calme. Le vouloir. L’intention. Le contrôle. Et la jouissance, l’infinie jouissance d’être. Pleinement. Totalement. Sans ombre, en plein soleil.

Soleil du cœur. Joie du partage. Ne rien attendre. Complétude. Certitude tranquille, incertitude acceptée. Le troisième œil est la sixième clé. La fontanelle ne demande qu’à s’ouvrir. Tôt ou tard, tu sais qu’elle s’ouvrira. Tu le sais car tu vois. Oudjat est grand ouvert. L’éveil est ta nouvelle maison. Ta carapace. Le don de ta personne au vivant. Il n’y a rien de meilleur.

 

Cet article a été posté en octobre 2014. Il a connu de nombreuses modifs jusqu’à la présente, qui n’est certes pas définitive…

Juste un mot

Si vous voulez en savoir plus long sur le troisième œil et ses prouesses, cliquez ici. (j’ai fait quelques citations de cet article, reportez-vous à sa version intégrale)

Tant qu’on y est, lisez voir ces deux articles saganien : VoirLes sept degrés du Voir.

 

« Un rêve qu’on fait tout seul, ce n’est qu’un rêve. Un rêve qu’on fait à plusieurs, c’est la réalité. »
John Lennon