Le jeu de mots

 

Tu me dis : « Je te lis avec plaisir surtout tes vannes qui me désopile. Tu es si drôle que te lire est une joie… » C’est vrai, je truffe mes textes de gros gags lourdauds qui détendent l’atmosphère, surtout quand ça devient trop compliqué, pompeux, chiant. On ne transmet bien que ce qu’on vit soi-même. Ma vie kangourou rebondit de gag en gag.

Léger, le gag allège. Jeux de mots, jeux de vilots, disait Robert Lamoureux.
Pourtant jouer sur les mots reste une activité déconsidérée. 

 

Jeux de vilots

Allègre, le gag dégèle. Une activité que les intellos évitent : pas assez noble pour eux. Vulgaire, quoi. ImPOSsible ! Les littéraires s’en abstiennent itou : le jeu de mots ne respecte pas la beauté de la langue, sa pureté sacrée que le jeu de mots rabaisse. Ils méprisent l’humour au rabais, les jeux de mots laids pour gens bêtes.

On-ne-joue-pas-avec-les-mots ! Tel est leur credo. Je ne suis pas un intello, même si j’en ai l’air. Dès que je sens en moi cette fibre s’épanouir, je vanne, je couine, je quolibette, je quasipète.

Je ne suis pas non plus un littéraire, même si j’en ai l’air. Voyez ce qu’à notre belle langue je fais subir en mon sabir. C’est dire ! Que suis-je donc ? Un poète. Pourquoi pas ? Tordre la phrase pour placer la rime, c’est un jeu de mots, et des meilleurs. Que les grands maîtres me le pardonnent, je ne dédaigne pas de rimailler çà et là.

 

Sceptique ? Vrai ou faux ?

Tout de même, je n’ai pas tiré un trait sur ma formation philosophique. Croire sans y croire ? Je le répète sans arrêt, et je m’y efforce sans cesse ! Scepticisme !!

Scepticisme : courant de pensée qui estime que la vérité est inaccessible et qu’il faut donc adopter une attitude critique à l’égard de toutes les opinions dogmatiques en les examinant.  En grec, skeptikos est celui qui examine.

Suis-je un sceptique ? Pas vraiment. Si je le suis, c’est faussement. Je ne suis pas une femme, heureusement. J’aurais détesté être une fausse sceptique.

 

Depardieu et Deneuve, Le dernier métro, par François Truffaut

Tu me dis : — Tu es si drôle que te lire est une souffrance.
— Ah bon ? Tout à l’heure, tu me disais que c’était une joie ?
C’est une joie. Et une souffrance.(hommage à Truffaut)

 

Heure des connes(verlan)

Voilà la vérité : je suis un déconneur. Je raffole de l’argot, du verlan, des mots djeuns — mais chuis chokbar quand c’est guez. Je déguste les patois quand d’autres les détestent. Je kiffe les mots d’ailleurs, importés, exportés, emportés, reportés… Joueur d’harmonica, de flûte, de gratte, je suis surtout joueur de mots.

Par contre, ce qui me crispe veugra, c’est l’intello nul qui prend le jeu de mots par son mauvais côté. Freud a pondu une grosse merde indigestecertaines sont comestibles, jamais les siennes ! : « Der Witz und seine Beziehung zum Unbewussten » Le Mot d’esprit et sa relation à l’inconscient par Sigmund Freud, 1905.

Ce pavé de caca concentre tout ce que je déteste, d’abord Zig Moon’t. Et Lacan. Ou Kant. Où et quand ?
À Kant les vacances ? Je n’y suis pour Bergson. (source)C° mon frangin Yannik Séguin

 

Yannikorthographe bretonne Séguin, adjoint à François Hollande, maire de Tulle (Corrèze)

 

Wordle

Quand un jeu sur les mots devient une fenêtre ouverte sur notre cerveau

Ces dernières semaines, les réseaux sociaux anglophones se sont couverts de mystérieux petits carrés colorés, bien rangés. La cause de l’épidémie ? Le programme Wordle, un jeu de vocabulaire (en anglais) gratuit sur le web. Son principe est très simple. Il faut deviner chaque jour un mot – et un seul – en un nombre limité d’essais. Signe des temps, le New York Times vient d’annoncer, le 31 janvier, son rachat pour une coquette somme. Séduisant des millions de participants de par le monde, au point d’engendrer des transpositions françaises et d’innombrables détournements commerciaux, aux États-Unis, Wordle suscite l’intérêt des psychologues et des spécialistes du marketing mais aussi des philosophes.

Selon l’un d’entre eux, C. Thi Nguyen, professeur adjoint de philosophie à l’université de la vallée de l’Utah et auteur de l’essai Games. Agency As Art (2020), il fait s’irriguer deux des fonctions essentielles du jeu : le développement de notre agentivité, et celui de notre socialité. (lire la suite)

 

Tous les avis… plus un

Les intellos !!! Je n’en suis pas un. Deux peut-être ?humour Rassurez-vous, je n’ai rien non plus d’un dirigeant planétaire. Ni d’un sous-fifre au directoire. Ni d’un qui se croit directeur. Rien de tout ça.

On les voit qui se prennent au sérieux comme s’ils n’avaient jamais été enfants. On les voit confits dans l’austère, l’œil dominant, le regard fier et le profil déterminant. Un mot d’eux tue les foules. Un signe, un geste infime suffit à détruire un pays. Du moins le croient-ils. Jouent-ils à le croire ? Trop d’ego pour jouer.

L’ego est la seule partie de l’être humain qui ne connaîtra jamais l’éveil.

Adage lamaïste

 

Pour ces gens-là, croire n’est pas relatif. C’est un marteau, celui de Thor ou celui de la faucille. Une hache de bûcheron qui fait rouler les têtes et trembler les empires. Comment me prendre au sérieux moi qui suis de tous les avis ! Plus un.Impossible mais vrai…

 

 

Dépassé le passé

Moi est un autre. Je suis celui qui n’est pas. Moi-même est moi pas le même et c’est pour ça qu’on m’aime. M’aime-t-on ? Même ton. Non. On n’aime pas ce qui n’est pas.  Je n’existe qu’ailleurs, ici on m’ignore. Pour vivre heureux, vivons cachés. Pour vivre mieux, vivons couchés. Pour vivre vieux, restons planqués.

Ceux qui viennent me voir, qui viennent de me lire, viennent me démolir. Qu’ils le regrettent ou pas, ils ne me regrettent pas. Ils regrettent de ne pas être un peu plus. De n’avoir pas un poil de cette force en moi. N’y voyez nul ego, je ne m’aime pas. Même pas.c’est l’écho Voyez-y le don de clairvoyance et de pythie. Isn’t it a pythie ?

Demain paraît sans voile à mon regard astral. Dans l’infini personne ne vous entend pleurer. Je quitterai ce plan comme j’y suis venu, sans passion, sans regret et sans le moindre espoir. Terra m’oubliera comme je l’effacerai. Ce sera comme si rien n’était arrivé. Juste un qui est parti.

Ces jeux de mots se jouent de moi. Il est temps d’en finir en avouant le vrai titre : 

Le jeu de moi

 

Méta Linguistique

 

Celui qui te parle et son fils Alexis

Dedieu, c’est plus un site, c’est une affaire de famille !

 

Je ne veux pas croire, je veux savoir.
Carl Sagan