L’odyssée d’Énée

 

Énée s’est illustré en Asie Mineure, sur la côte de l’actuelle Turquie, pour défendre Troie contre les Grecs. Il appartient à la race de ces bâtards géants, moitié divins, moitié humains. La Grèce antique les appelle Héros. Pour l’Inde, ce sont les Dévas. Dans la Bible, les Patriarches. Dieux ils ne sont pas, mais plus divins que nous. Ils nous surpassent par la taille, le savoir, la force et l’espérance de vie.

 

Héritiers

Certains patriarches bibliques ont dépassé les mille ans d’âge — beau résultat comparé aux 2000 ans de vie des dieux d’avant. Notons que 2000 ans n’est pas le record de longévité pour eux. Yahweh, par exemple, a réussi à doubler cet âge. Et il vit encore ! Tant pis pour nous.

Les dieux d’avant nous surpassent dans presque tous les domaines. Comment en serait-il autrement ? Il nous ont coulé dans leur moule. Ils nous ont décalqué. Nous sommes des photocopies. Des hologrammes divins. Mais en moins bien.

Comme les Héros grecs, les Patriarches tiennent à la fois de la Terre et du Ciel. Ils héritent –ils héréditent !— des humains comme des dieux. C’est sous leur impulsion que s’est produit la bascule du matriarcat au patriarcat. Capital renversement des valeurs sociétales, balbutie le singe d’amphi.théâtre, bien sûr, théâtre ! Le passage d’une dictature des femmes à une dictature des mâles a été l’évènement fondateur de nos sociétés actuelles, toutes plus ou moins marquées par la violence d’un machisme de droit divin.

Aux quatre ères mythologiques de l’humanité –âge d’or, âge d’argent, âge de bronze, âge de fer– Hésiode ajoute un autre âge rien que pour eux, l’âge des Héros. Comme dit si bien la Bible, en ce temps-là les dieux marchaient parmi les hommes. Les dieux je ne sais pas, ils ont toujours préféré le confort d’Hyperborée aux aléas de Terra. Ceux qui vivaient ici-bas étaient leurs enfants les Géants, Anges déchus, Héros, Dévas, Surhommes, quelque soit le nom qu’on leur donne.

Je vous enseigne le Surhumain. L’homme n’existe que pour être dépassé. Qu’avez-vous fait pour le dépasser ? (Friedrich Nietzsche)

 

Fin de règne

Gilgamesh par exemple, qui se dit lui-même le premier roi des hommes, comprend que le passage de relais vient de s’effectuer. Les dieux ont pris leurs distances, sans doute rappelés à l’ordre par des instances supérieures. Ils ont regagné Alcor, leur système stellaire. Ou bien ils sont allés aux fraises sur une autre de leur conquête, une autre planète terraformée par leurs soins. Gilgamesh pressent que le pouvoir mâle va prendre la relève de celui des Femmes…

Les déesses ont gouverné Terra d’une poigne de fer pendant cent millénaires. Leur règne éternel n’était pas censé prendre fin. Seuls ses excès ont précipité sa chute. Et le pire de tous : les horreurs des Érynies, qu’on appelle aussi Amazones. Les ravages incessants exercés contre les hommes par ces divinités persécutrices. Les exactions sauvages des Amazones, troupes de choc de l’Ordre Femelle.

 

 

Pour une raison que je n’ai pas encore élucidée, après un règne paradisiaque interminable, il semble que les Femmes aient perdu la boule. Leur sagesse bienveillante qui les avaient si bien servi vire à l’aigre, puis au vitriol. Elles s’en prennent à l’autre sexe qu’elles assimilent à la peste. Les druidesses, antiques préfigurations des sorcières médiévales, se sont acharnées contre tout ce qui était mâle. Le sexe fort était faible à l’époque. Il a morflé grave.

Une longue et profonde terreur a forcé les mâles à se terrer, décamper, déguerpir, lutter craintivement pour une survie incertaine face à des monstrueuses géantes aux mains pleines de doigts. Cette terreur abyssale est gravée dans l’inconscient du mâle. Elle dort en l’homme avec ses couilles. Il craint pour elles. Il a choisi. Quitte à opprimer des innocentes, il se montrera désormais impitoyable envers les femelles qui voudraient s’élever dans la société. C’est réservé aux mâles point final. Plus jamais le pouvoir aux femelles, si insignifiant soit-il ! Elles finiraient pas recommencer les sévices et les atrocités.

 

Le Meilleur Prince

Les mâles se trimballent cette flèche dans le cœur et ailleurs depuis l’aube des temps nouveaux. Et cette flèche est une douleur permanente qui répète : la femme doit être soumise à l’homme. Soumise. Mise en dessous. Subjuguée. Brimée. La tête sous l’eau. La maison, les courses, la cuisine, le ménage, les enfants, tout le boulot.

Ainsi la reine Hatchepsout est obligée de se déguiser en homme pour pouvoir accéder à la dignité de pharaon. Mille autres exemples de ce sexisme mâle dominant pourront être relevés dès l’antiquité… et jusqu’à nos jours comme chacun sait. Et comme chacune le déplore.

Mais ce patriarcat répressif n’a pas succédé directement au matriarcat violent. Il y a eu le règne du conciliateur. Un intermède de plusieurs millénaires qui aurait pu changer vraiment la face des choses et celle de l’humanité actuelle. Tandis que les mâles se cachaient pour éviter le pire, l’avenir de l’espèce était au plus sombre. Une société sans hommes était-elle envisageable ?

Vint le Prince Charmant, celui qui a réconcilié les deux sexes. À force de cajoleries, de galanteries et de romantisme, ce meilleur des princes a esquissé les bases d’une société égalitaire, où les deux sexes, dans une harmonie complémentaire, trouvaient à exprimer le meilleur d’eux-mêmes pour le plus grand profit de tous. Vous l’avez reconnu ce prince, c’est Ram, c’est Rama.

 

 

Rama de Troie

Grâce à lui et à son autorité sur le monde entier, tout aurait pu évoluer d’une façon bien différente. Le paradis sur Terra nous a échappé de peu. Sans doute était-il trop tôt il y a cinq mille ans de ça ? Le personnage d’Énée offre plus d’une ressemblance avec Ulysse, donc avec Rama. Héros troyen, Énée est un miraculé. Tandis que la ville est totalement détruite et que les Troyens sont passés au fil de l’épée, les Grecs décident d’épargner Énée… parce qu’il est juste !

Ce qui semble un motif bien léger face à la haine qui anime l’armée grecque… Mais c’est ainsi. Énée s’en tire donc de justesse. Il va accomplir ensuite des exploits bien digne du Héros qu’il est. Il descend aux enfers pour en faire sortir son père Anchise.

Deux Italiens ont chanté l’exploit d’un humain qui descend aux enfers.  Virgile, au 1er siècle avant l’ère commune, chante Énée qui descend voir son père ; et Dante, au 13e siècle, chante Orphée qui veut tirer des Enfers sa bien aimée Eurydice. De quels enfers est-il question, si les morts y ressuscitent ? Voilà qui évoque la Terre Creuse et l’épopée du Centre Terre.

Comme son alter ego Rama d’Hyperborée, Énée va sillonner les mers avec son équipage. Il va connaître des aventures et des errances qui rappellent un peu trop l’Odyssée. Le véritable héros de l’Odyssée n’est pas Ulysse mais Rama lui-même. J’ai donc quelque motif de croire qu’il s’agit, sinon d’un seul personnage historique, du moins d’un avatar. Énée est la version troyenne d’Ulysse, qui est lui-même une caricature du grand Rama.

 

Homère d’alors

La guerre de Troie est liée à Rama de façon très étroite. Je pense que le sort de la Méditerranée s’est joué lors de cette guerre, gagnée non par les Grecs, mais par l’armée de Rama, ces guerriers puissants qu’on appelle les Peuples de la Mer. J’ai montré comment le cheval de Troie est une version comique et dérisoire du redoutable bélier, invention de Rama capable de défoncer le plus lourd portail.

J’ai montré comment l’aède Homère –aède c’est à dire comique de cabaret– a écrit une pochade sur un sujet tabou : la redoutable invasion des Peuples de la Mer sous la conduite de Rama. L’Iliade et l’Odyssée que l’aède Homère récitait dans les bistrots sont un pastiche éhonté des véritables aventures de Rama le conquérant, un général qui ne prêtait pas à rire mais donnait à réfléchir.

Les populations grecques étaient encore traumatisées par l’épopée de Rama, ses ravages, sa puissance. En écho, le sage Héraclite ne cache pas ce qu’il pense de ce pitre d’Homère.En parlant de pitre, j’en connais un autre…

Homère méritait d’être chassé des concours à coups de bâtons,  et Archiloque aussi. (Héraclite)

 

Bref

Oui. Si on trouve plusieurs héros à s’aventurer sur les mers comme Ulysse ou Énée, je gage que toutes ces belles histoires ont une source commune, celle de Rama le conquérant, Rama d’ici, d’ailleurs et de partout. À lui la véritable version originale de l’Odyssée. Peut-être un jour retrouvera-t-on une version occidentale du Ramayana ? Si la V.O. nous a échappé jusqu’ici, il faut croire que les anges scribouilleurs du Maréchal Yahweh ont bien fait leur boulot. Cache-toi, vilain Rama ! s’écrie le Maréchal. Et du fin fond d’une BD belge,Le mystère de la grande pyramide par E.P. Jacobs le cheikh Abdel Razek lui répond dans un génial clin d’œil : « Que ton nom ne soit plus !!« 

 

 

Pour aller plus loin : La descente aux enfersL’odyssée de RamaLe Ramayana et l’OdysséeLe pharaon de l’Exode  — Hatchepsout reine mâle

 

Nul ne peut servir deux maîtres. Soit il sert Dieu, soit il sert l’argent.
Jésus