Trois Parques

 

Vous allez découvrir plusieurs trios de divinités mythologiques ayant en commun l’incertitude sur leur statut — sont-elles divines ou plus que divines ? — et l’ambigüité de l’attitude des dieux comme des humains à leur encontre. Chacune à leur façon, les Parques, les Moires, les Nornes, les Kères, les Harpies et les Érynies président à la destinées des vivants.

 

Les Trois Parques

Pour les Romains, les Parques Nona, Decima et Morta gouvernent la destinée de la naissance à la mort. Sous l’apparence de fileuses, elles mesurent la vie des hommes et tranchent leur destin. En latin Parcae, celles qui épargnent, surnommées Tria Fata, elles ressemblent étrangement aux Moires des Grecs ou aux Nornes de la mythologie nordique. À l’origine il n’y avait qu’une seule Parque, Parca Maurtia, déesse des naissances. Sous l’influence grecque, les Romains adoptèrent le modèle des Moires qui revêtaient l’aspect de trois fileuses. (source)

Nona

Nona est Clotho pour les Grecs, celle qui file. La plus jeune des Parques file l’origine des destinées humaines, de la conception à la naissance. Elle est souvent vêtue d’une longue robe bleue, portant une couronne formée de sept étoiles. S’agit-il des sept étoiles de la Grande Ourse ? J’incline à le croire. Je note aussi que la robe bleue et la couronne d’étoiles ont été reprises par Marie mère de Jésus. Nona tient une quenouille qui descend du ciel vers la terre. Voilà qui renforce la thèse de son origine céleste. Selon moi, Nona vient d’Alcor, comme tous les dieux d’Hyperborée. Ou peut-être d’un endroit plus puissant encore ?

À l’époque classique française, son nom fut francisé en Cloton. C’est très moche. Restons-en à Nona qu’on écrira 9. Pourquoi ? Tout simplement parce que Nona, en latin, c’est 9, le chiffre neuf au féminin. On lit parfois que son nom signifie « neuf » puisque le temps de gestation de l’espèce humaine dure neuf mois. Cette explication est un peu courte, et pas très rationnelle. En effet, dès le début de la grossesse, la mère romaine appelait Nona la fileuse pour qu’elle commence à filer le destin de son enfant. Nona intervenait donc dès la conception. La vie intra-utérine fait partie de la vie, c’est logique. Il faut donc chercher ailleurs la signification véritable de son nom, 9.

Attention de ne pas confondre le chiffre neuf avec la nouveauté. Ce double sens n’existe qu’en français, langue initiatique mère de la langue des oiseaux, ou plutôt des oisons. En latin, si le chiffre neuf se dit nonus, nona, l’adjectif neuf, neuve se dit novus, nova. Comme la Mamie du même nom qui se gave de yaourts.

Decima

Decima, Lachésis des Grecs, déroule patiemment tout le fil de la vie sur sa quenouille. Si Nona s’appelle 9 à cause des neuf mois où elle intervient, comment expliquer le 10 de Decima ? Toute la vie humaine durerait-elle 10 mois ? 10 ans ? 10 décennies ? De quoi y perdre son latin… Son nom grec est plus clair : Sort, Destinée, ou encore Fortune au sens de l’arcane X.

N’allez pas croire que Decima évoque la mort, comme le verbe décimer pourrait le suggérer. La décimation était une pratique des légions romaines qui alignaient leurs ennemis vaincus pour les compter de un à dix. Chaque dixième ennemi était abattu. Decima signifie dix, sans connotation particulière. Comme celui de Nona, le nom de la deuxième Parque demeure une énigme. Si je trouve une piste, je vous le ferai savoir ici même.

Morta

Morta la Mort coupe le fil, comme son nom l’indique assez clairement. Son nom grec, Atropos, est tout aussi limpide. Il signifie l’Inflexible. Voilà pour les Parques. Le fan d’Edith Piaf que je suis n’a pas pu s’empêcher de faire le parallèle avec la chanson qui a lancé en 1946 les protégés d’Edith, Les Compagnons de la Chanson. La chanson s’appelle Les Trois Cloches. Écoutez comment la nouvelle religion s’amuse à récupérer l’ancienne.

 

 

Les Trois Moires

Les Moires des Grecs ont servi de modèle aux Parques romaines, inutile que je me répète.

 

Les Trois Nornes

Les Nornes (terme du vieux norrois, pluriel nornir) de la mythologie nordique sont décrites comme trois puissantes jötunns dont l’arrivée a mis fin à l’âge d’or des dieux. (source)

Les jötunns sont des trolls vraiment pas cool : « Les trolls jötuns sont de gigantesques horreurs à neuf têtes. Rôdant dans les landes et les marais glacés, ces créatures avides ont l’appétit insatiable des trolls communs mais ont besoin de se nourrir davantage du fait de leur taille excessive. Les trolls jötuns mesurent 9 mètres et pèsent environ 12,5 tonnes. » (source)

Antérieures au règne des dieux d’avant, elles sont supérieures à ces derniers qui doivent comme les humains obéir à leurs décrets. Je ne peux m’empêcher d’y voir des agents du Centre galactique en immersion sur Terra. Les dieux d’avant, nos créateurs, ceux qui ont terraformé Terra, étaient de minuscules francs-tireurs ignorés des Grands Dieux du Centre, qui mesuraient plusieurs kilomètres de haut et pouvaient vivre plus d’un million d’années. Forts de cet éloignement, nos petits dieux locaux (4 mètres de haut, durée de vie 2000 ans) en profitaient pour faire des entorses à la Règle et à l’Ordre. Alors les Nornes intervenaient. Grâce à elles, le pouvoir central avait toujours le dernier mot.

 

Les Trois Kères

Les Kères (au singulier Kèr) hantaient les champs de bataille pour s’abreuver du sang des mourants et envoyer les âmes des morts aux Enfers. Noires de peau, leurs vêtements étaient teints en rouge par le sang des blessés.

 À l’époque classique, les Kères se confondent avec les Moires, les Érinyes ou les Harpies selon Platon. (source)Lois, 937 Il faut se souvenir que Platon fut un rapporteur consciencieux de sources antérieures, celles des dieux d’avant, transmises par les Druides celtes et les prêtres égyptiens de Saïs, auxquelles il n’a pas compris grand chose.

Dans l’Iliade, Homère fait des Kères les destinées personnifiant la vie et la mort du héros. Zeus pèse sur une balance d’or les Kères d’Achille et d’Hector. Ainsi Achille a le choix entre deux Kères: une qui lui donnerait une longue vie loin de la guerre et une autre plus courte mais plus glorieuse. Lisez ci-dessous l’opinion très négative du grand Héraclite d’Éphèse sur ce clown d’Homère…

Homère méritait d’être chassé des concours à coups de bâtons,  et Archiloque aussi. (Héraclite)

 

Kèr et ker

Je note que ker signifie chez en Breton. Ainsi Kermaria signifie chez Marie. Les redoutables Kères seraient-elles notre demeure, notre lieu, notre chez nous ? Ou bien faut-il y voir une preuve de leur prescience en décrytant ker ES : chez Eden Saga ? Ce qui serait très injuste, car s’il y a effectivement de la violence et du sang dans la Saga comme dans toutes les page de l’Histoire humaine, on y trouve aussi de charmantes histoires d’amour, des aperçus passionnants sur la technologie des dieux d’avant, des réquisitoires précis et renseignés contre les abus et les injustice d’hier, d’avant-hier et d’aujourd’hui, plusieurs méthodes pour parvenir à l’éveil, des conseils vécus de progression intérieure, une masse d’infos inédites pour votre développement personnel…

J’arrête, on va me reprocher de faire de la pub. Même pas. J’en ai fait assez avant la retraite,j’avais une agence de pub… et pourquoi j’en ferais encore ? Eden Saga n’a rien à vendre. Ici tout est gratuit. Et croyez-moi, ça le restera après moi. Où que j’aille ensuite, où que je sois, j’y veillerai. Parole.

 

 

Les Trois Harpies

Divinités de la dévastation et de la vengeance, les Harpies aux ailes noires sont plus rapides que le vent. Invulnérables, caquetantes, elles dévorent tout sur leur passage, ne laissant que leurs excréments.

« Leurs traits sont d’une vierge; un instinct dévorant
De leur rapace essaim conduit le vol errant ;
Une horrible maigreur creuse leurs flancs avides,
Qui, toujours s’emplissant, demeurant toujours vides,
Surchargés d’aliments, sans en être nourris,
En un fluide infect en rendent les débris,
Et de l’écoulement de cette lie impure
Empoisonnent les airs, et souillent la verdure. »

(source)Virgile, Énéide, chant III, traduction de Jacques Delille

 

Selon Hésiode, elles ont un corps ailé d’oiseau et une tête de femme. Virgile leur donne des visages de fillette et des serres d’oiseau de proie. Homère en fait les divinités des tempêtes. Chiennes de Zeus pour Apollonios de Rhodes, elles volent les âmes et les enfants.

 

Keres et Korrigans

Sur ma terre de Bretagne, ce sont les korrigans qui remplissent ce rôle. Comme les Harpies ou les Erynies, on les respecte parce qu’on les craint. Ils sont réputés voleurs d’enfants. Le nouveau-né, quelques jours après la naissance, est enlevé par un korrigan qui prend sa place dans le berceau. S’il a la même taille que le bébé, il n’a pas la même apparence. Son visage tanné et ridé laisse deviner son identité.

Le korrigan ne s’en cache pas, d’ailleurs. Ses injures, ses quolibets, ses sifflets et ses pets sonores créent dans la maison du petit disparu une atmosphère chargée. Les parents sont désespérés. Aux grands maux, les grands remèdes. Il se trouve toujours au village quelque vieille, un peu rebouteuse, un peu ensorceleuse, sachante, désenvoûteuse, qui saura comment récupérer l’enfant. Les recettes anti-korrigan sont carrément hilarantes. Comme quoi la peur n’empêche pas l’ironie. Croire sans y croire, telle est la Règle du guerrier

 

Les Érynies

Divinités très anciennes, déesses chthoniennes de la Vengeance du crime, les Erinyes ou Erinnyes ne reconnaissaient pas l’autorité des dieux de la nouvelle génération et n’avaient d’autre lois que les leurs. Les leurs, vraiment ? Ou celles du pouvoir central dont elles n’étaient que les agents ?

Elles vivaient dans le Tartare ou l’Erèbe, les Enfers de l’antiquité, qui se situent sous nos pieds et qui accréditent l’hypothèse de la terre creuse.  Dans l’Orestie, Eschyle met en scène un chœur de cinquante Erinyes ou Euménides. Elles furent identifiées plus tard aux Furies (ou Dirae) chez les Romains. Euripide fut le premier à préciser qu’elles étaient trois et plus tard elles furent nommées: Mégère (Haine), Alecto (Implacable) et Tisiphone (Vengeance).

D’abord innombrables, puis seulement cinquante chez Eschyle, leur nombre se réduit à trois chez Euripide, signant la décadence avec l’éloignement de plus en plus sensible du Centre Galactique. Les émissaires du pouvoir central n’étaient plus que trois, sous l’influence des autres trios nommés plus haut. Déclin des mœurs, déclin de la Loi, déclin de l’ordre.

Du temps d’Euripide, on n’avait plus aucun souvenir des antiques légendes, donc faute de les comprendre, on se contentait de suivre la mode. C’est ainsi qu’un grand nombre d’infos précieuses sans doute ont été perdues, piétinées, déformées par des générations d’ignorants.

 

 

 Et donc ?

Le lecteur patient qui m’a suivi jusqu’ici doit se demander où je veux en venir avec tout ça. Simplement à ceci. Les mythes qui nous sont parvenus ont été retouchés au fil du temps par des générations ayant tout oublié. Ne comprenant rien à ce qu’ils recopiaient, ils ont adapté à leur idée, incapables en leur époque primitive d’imaginer la haute technologie et les multiples pouvoirs des dieux d’avant. Des pouvoirs quasi magiques…

 Toute technologie suffisamment avancée est indiscernable de la magie. (Arthur C. Clarke)

 

J’ai voulu montrer aussi à quel point nos dieux créateurs n’ont rien à voir avec l’image qui a cours de nos jours : un Dieu unique en trois personnes, Père, Fils, Esprit. Ou plutôt Yahweh, Dieu, Allah. Tous les trois uniques et pourtant différents. Nos créateurs sont assez minables en face des Grands Dieux. Ils obéissent à leurs décrets, se plient devant leur décisions et se soumettent à leurs jugements. Soumis jusqu’à la servilité, ils pètent de trouille au simple énoncé de leur nom.

 

Ange n’est pas angélisme

Et puis je poursuis ma quête de la vérité sur les anges. Ils sont grands, bien plus grands que nous. Ils ne font pas que du bien. Certains d’entre eux sont des bourreaux sadiques et des meurtriers sans scrupules. Ils ne nous portent pas spécialement dans leur cœur. La plupart s’en contrefoutent des petits humains éphémères. Mais quelques-uns ont une dent contre nous. Je les ai vu s’acharner sur les hommes. J’ai vu leurs armées défaire la nôtre. Leurs troupes sont plus nombreuses que les grains de sable, plus redoutables que nos pires armes de destruction massive, plus féroces qu’une meute de tigres aux dents de sabre.

Et ce foutu mythe des anges gardiens en prend un coup. Les Harpies, les Erynnies, les Moires et les Parques sont des Anges, des serviteurs des Grands Dieux du Centre. Ils n’ont rien des jolis cuculs roses qui ornent nos églises pédophiles. Ils ne sont pas du tout mignons, ni gentils. Pourquoi nous a-t-on mis dans la tête cette idée absurde ? Pourquoi ce mensonge éhonté ? Est-ce un piège de plus ?

La Bible est pleine des bagarres homériques que ces créatures volantes gigantesques se livrent les unes aux autres. Jésus lui-même dit que son Père pourrait lui envoyer douze légions d’anges. Se pourrait-il que tous les humains aient oublié la vérité ? Oublié d’où nous venons ? Qui nous a élevés ? À qui nous appartenons ?

Nous ne sommes que le bétail des dieux, parqué et gardé par les Anges. Il faut se faire une raison, même si la finalité d’ensemble m’échappe. Est-ce juste la Loi du plus fort ? En ce cas, pauvres de nous…

 

 

 

On pue de la tête.
Lao Surlam