Hathor a raison

 

Hathor encore? Quand en aurais-je fini avec elle ? Jamais sans doute. Quelqu’un se souvient-il des temps heureux sous l’autorité de plus sages que nous ? Les femmes nous gouvernaient. Plus sages. Plus courageuses. Presque toutes l’ont oublié.

Dans ce monde de mensonges, seule est vraie ma sincérité.

Jean d’Août

 

Voici quelques-unes des Déesses d’Avant, celles qui ont su résister à la déferlante du patriarcat. On trouve les déesses dans les pays les moins contaminés. Les moins progressistes. Ces pays qui n’ont pas le culte viril de l’homme fort. Le plus drôle est qu’à l’origine, la virilité combattive étaient incarnée… par les femmes, précisément!

 

Dame souveraine

Érotisme et mysticisme étaient en Égypte les deux faces d’une même médaille; ce qui est en haut est comme ce qui est en bas. (source)J.L. Bernard, Aux origines de l’Egypte

Le culte originel de la déesse Hathor était une extase sexuelle contrôlée, codifiée dans une pratique rituelle qui a donné son origine au tantrisme de l’Inde. Si Hathor ne peut satisfaire elle-même le désir charnel qu’elle suscite, elle enverra un substitut bien réel pour s’en acquitter, comme en témoigne cette prière éloquente :

« J’adore la Dorée, je loue sa majesté, je célèbre la maîtresse du ciel, je chante les louanges de Hathor et la gloire de la dame souveraine. Comme je l’implorais, elle entendit ma prière et m’envoya une maîtresse. » (source)versets d’Hathor, cités par Jean-Louis Bernard et Siegfried Schott

On ne peut être plus clair. Hathor est celle qui éveille par la sexualité, ou plutôt par la maîtrise de l’élan sexuel. Il est clair que le christianisme n’a guère approfondi cet aspect dans le triste avatar qu’il nous sert.

La vierge Marie ne baise qu’avec les archanges. Pauvres de nous… et de Joseph! Tous cocus sauf nos prêtres… qui seraient plutôt pédophiles.

 

 

Femme Bison Blanc

 

Pour les Sioux et les grandes tribus indiennes des Plaines d’Amérique du Nord, la Déesse Hathor est la Femme Bison Blanc. Elle est Wakan, sa personne est sacrée. Pour eux, toute personne est sacrée wakan et possède un pouvoir. Wakan Tanka, le Grand Esprit, se traduit aussi par Grand Mystère ou Grande Médecine.

Pour ma part, je pense que Femme Bison Blanc est la personne la plus sacrée. Elle incarne la Wakan Tanka originelle, la Grande Médecine, la Grande Magie. Il fallait le sexisme machiste pour oser traduire Wakan Tanka par un nom masculin.

Le Bison nous indique l’époque, l’ère du Taureau. Disons l’ère de la Vache Sacrée. L’ère de la Bisonne plutôt. Blanche, telle était la couleur de sa peau. Elle est arrivée chez les Sioux Lakotas il y a plus de dix mille ans, à la fin de l’ère glaciaire du Wisconsin, ça fait dans les11500 ans avant maintenant. Sa peau était blanche, claire sa parole, grands ses pouvoirs et sublime sa beauté rayonnante.

Elle a fait un don merveilleux aux tribus des grandes plaines. Son arrivée a mis fin à la grande famine des temps secs. L’âge de glace avait laissé place à une terrible sécheresse qui dura plusieurs millénaires. Le gibier disparu peu à peu. Femme Sacrée étendit ses bras, elle poussa son chant mélopée. Les nuages sont arrivés comme la nuit en plein jour. La pluie s’est mise à tomber quarante jours et quarante nuits, avant que le grand soleil sèche la boue et fasse pousser l’herbe bleue.

La Femme Bison Blanc écarta les bras une seconde fois. Dans un vacarme de tempête, un immense troupeau de grandes bêtes à fourrure a envahi la plaine infinie. Le peuple des plaines n’avait jamais connu de bisons. Cornes à cornes, sabots contre sabots, pendant des jours les bisons ont déferlé, encerclant les collines où s’étaient réfugiés les braves et leurs familles.

Les Sioux se réjouissaient de cette profusion de viande fraîche: eux qui se nourrissaient de lézards et d’herbe sèche depuis des années, ils n’en croyaient ni leurs yeux ni leurs oreilles.

 

Votre bien le plus précieux

Dans un roulement de tonnerre, les millions de sabots martelaient le sol, faisant vibrer la terre des collines. Les bisons semblaient n’avoir nul besoin de repos. Leur dos et leur tête massive faisait rouler sa houle dans cette mer d’écume qui noyait la plaine. Blanche écume comme leur fourrure blanche. Tous les bisons étaient blancs comme la neige des montagnes.

La Femme WakanSacrée prit la parole. « Ces animaux sont votre bien le plus précieux. Leur chair est délectable et fortifiante, elle vous donnera vigueur et santé. Leur fourrure est hydrofuge à l’extérieur, chaude et sèche à l’intérieur. Elle vous protégera du froid et de la pluie.

« Vous suivrez les bisons blancs dans leur migration, ainsi le gibier ne vous manquera pas, ni à vos enfants, ni aux enfants de vos enfants. La force de vos bras ne faiblira plus sous les famines.

« Vous vivrez en ce paradis jusqu’à la venue du premier bison brun. Quand tous les bisons seront bruns, viendront les hommes blancs. Méfiez-vous, ils seront mauvais et trompeurs. Armés de la foudre, ils massacreront les bisons, jusqu’à ce que l’inépuisable troupeau s’amenuise et disparaisse. »

La suite de sa prophétie ne m’a pas été révélée. La Femme Bison Blanc s’est tue, j’ai perdu sa trace astrale. Voici ce que la pauvre mémoire des hommes rouges a gardé d’Elle. Les Sioux Lakotas ont retenu ses paroles lorsque qu’elle leur donna la Pipe sacrée Chanunpa : 

Je vous donne cette Terre, vous y marcherez d’un pas sacré. Vous marcherez en parfait équilibre avec Unchi, notre Grand-mère la Terre. Je vous donne cette Pipe sacrée. Avec elle vous prierez pour tout ce qui vit, pour les créatures qui marchent, qui volent, qui nagent, et qui rampent. (source)Archie Fire Lame Deer, chef Lakota

 

Pachamama

 

On notera que notre mère la Terre se dit Unchi en Lakota, et Ki en Sumérien, ce qui dénote une origine commune, n’en déplaise aux linguistes frileux.

Unchi, la grand mère Terre, se dit ainsi dans toutes les langues. Chi ou Ki, c’est la Terre. Un, la négation. Un Ki se traduit donc par celle qui n’est pas de la Terre, la Grande Déesse venue des étoiles lointaines.

Hathor est Ki (ou Gé) la Terre. Elle a de nombreux visages, mais son culte est présent dans toutes les cultures archaïques. Les Amérindiens l’appellent Femme Bison Blanc. Les Incas l’appellent Pachamama, la matronne. Son culte reste vivace.

La Pachamama (Terre-Mère), étroitement liée à la fertilité dans la cosmogonie andine, est la déesse-terre dans certaines cultures de l’ancien empire inca. La figure de Pachamama est particulièrement forte chez les peuples Aymara et Quechua. Elle constitue une déesse majeure de la culture pré-inca Tiwanaku en Bolivie. (source)

Avant que les étoiles ne brillent dans les cieux, Tiwanaku existait déjà.

dicton Aymara

 

Pachamama où l’on retrouve – outre la racine universelle mama, la Mère – les racines pa et cha, présentent aussi dans Cha(nun)pa, la pipe sacrée en argile. L’argile, on l’a vu, est une matière très particulière, une sorte de plasma sanguin de la Terre, très lié à la création des humains. La pipe est sacrée car elle réunit le feu et l’argile, et parce que sa fumée nous ouvre au règne divin. 

On peut en déduire que Pacha signifie Terre, Argile. Pachamama se traduit donc : Terre mère. Pachamama est la Mère des Indiens d’Amérique, c’est vrai. Mais Hathor est aussi la Mère de leurs pires ennemis les cowboys. Ces « garçons de la vache » étaient sans s’en douter les dignes fils de la Vache Sacrée.

 

Offrandes à la Pachamama

 

Café Serpente

Et chez nous elle existe aussi, la femme reptilienne, la bienfaitrice. Se profile Mélusine la Serpente, fille-fée d’Isis l’éveilleuse. Comme Hathor, comme Mélusine, Isis donne l’esprit parfait par sa puissance sexuelle et par l’entremise de la foudre, les deux faisant également monter la kundalini. En face de la plus puissante cathédrale de France, Notre Dame de Chartres aux deux vierges noires, une vieille brasserie célèbre le culte de la Déesse Reptilienne Mélusine sous le joli nom de Café Serpente.

Pour les Hébreux, Mélusine Isis deviendra Lilith l’initiatrice, première femme d’Adam-Ra. La serpente qui se tient autour du cou de Ra. Mais elle est aussi la Reine de Saba du cantique des cantiques. Tout comme la bien-aimée mystique de Djallal ad-din Rumi, Isis l’éveilleuse est désirable spirituellement autant que charnellement.

Voyageur temporel, galant mais moins vert qu’avant, je connais le sublime bonheur d’être aimé non de la Déesse mais de sa plus noble avatara. Sortie pour moi de son fortin, elle fut la première fille de la tribu de Noé le Celte.

Mélusine est affublée des oripeaux légendaires, pour la rendre méconnaissable et purement imaginaire. En occident le légendaire est méprisable. Personne ne prend au sérieux ces contes pour enfants.

Et pourtant… legenda, en latin, signifie qui mérite d’être lu. Qui s’en souvient, à part Astier ? Il le sait, ce qui ne l’empêche pas d’appeler sa série Kaamelott. Contradictions encore ! Moi c’est l’histoire des manuels scolaires que je tiens pour un concentré de pures conneries.

La falsification de l’histoire a fait plus pour entraver le développement humain que n’importe quelle chose connue de l’humanité.

Jean-Jacques Rousseau

 

 

La Vierge Mère

 

Les Grandes Déesses

 

Eden Saga  ——-  La vraie vie révélée  ——-  Au carrefour de toute les beautés

 

Tout ce qui est pur est imbuvable.
Paul Claudel