Momies vivantes

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L’Egypte antique, et même très antique, nous a transmis les indices d’une prodigieuse science de l’âme. La sagesse égyptienne – quelle que soit son origine véritable – est réputée pour son expertise dans le domaine mystérieux de la vie après la vie. Certains auteurs ont conjecturé que les grands initiés égyptiens possédaient la clé de la vie éternelle.

Si la majorité des égyptologues n’est pas de cet avis, tous reconnaissent pourtant l’excellence et la profondeur des enseignements égyptiens sur l’âme. Les experts de Thèbes et d’Abydos ont distingué plusieurs niveaux de compréhension de la psyché humaine, spirituelle, divine. L’âme est plurielle pour l’Egypte sacrée. Triple est notre corps, du physique au subtil. Quadruple est notre âme, du ba impérissable au kâ particulier.

Dans son aspect impérissable, l’âme se relie à la lumière incréée par deux tentacules subtiles et par les chakras du front et de la fontanelle. « Ces deux états de l’âme (sahou et khou) ne se manifestent pas chez l’homme, sauf s’il a été spiritualisé par une dure ascèse qui lui aura restitué la puissance des ancêtres, celle d’avant la chute.

 

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Mais, chez tous, existe au moins un troisième état de l’âme, immortel aussi ; il soude l’être à la musique des sphères et se localise au chakra de la gorge. Ce troisième état, le ba, est une vibration cosmique, une modulation secrète en ultra-sons. Elle imprime dans l’âme le nom secret de l’individu (son identité cosmique) que l’Egypte nommait ren’cheta.

Le ba était figuré en âme-oiseau, c’est à dire en oiseau à tête humaine, par allusion au son modulé (le chant de l’oiseau) et à l’envol (la mort). On croyait que le ba quittait le corps par la bouche, et, pour cette raison, beaucoup de momies ont la bouche ouverte.

Un quatrième état de l’âme, le kâ, reliait l’être au Zodiaque et s’appuyait sur le chakra du cœur. » Ces notions subtiles ont été abondamment commentées par des spécialistes compétents, je n’y reviens donc pas ici. La pierre que je souhaite ajouter à ce bel édifice a la forme d’un pyramidion. 

Certains d’entre vous ont entendu d’étonnant fait divers venu d’Asie : on a retrouvé une momie de moine bouddhiste, très ancienne, et même plus que ça. Des toubibs ont constaté que cette momie desséchée présentait les signes d’une vie végétative, extrêmement ralentie. Aussitôt j’ai tilté : des momies vivantes ! Elles mènent une existence psychique quasi éternelle, en se servant de leur corps desséché comme support de conscience et point d’ancrage du corps astral.

Les momies sont vivantes ! Mais pour que l’entité psychique puisse continuer sa vie consciente infiniment rallongée, il est vital que le support charnel, c’est à dire son corps momifié, reste dans l’état de conservation initial et ne soit troublé par aucune visite. Ainsi s’expliqueraient les malédictions dont sont victimes les violeurs de sépultures, pour peu que ces sépultures contiennent ces réceptacles ahurissants qu’on appelle des momies. Les mots mis, tout devient plus clair. C’est ainsi que Howard Carter s’en est pris plein la tête en farfouillant dans la momie de Touthankamon.

 

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On objectera que j’assimile un peu vite deux cas bien différents : le corps desséché du moine n’avait pas été éviscéré, et son coeur émettait un battement par an, mais battait encore. Il n’en est pas de même pour les momies égyptiennes. Pour ces dernières, privées d’organes, la survie semble impossible. Eh bien je prétends le contraire. Je maintiens que les momies égyptiennes sont vivantes, même si leur coeur est absent, même si tous leurs organes ont été soigneusement retirés et glissés dans les vases canopes.

 

Momifié vivant

Un autre fait divers datant de 2010, au Japon cette fois-ci, fait écho à un mystérieux rituel dont le but était de se transformer en bouddha vivant. En effet dans le Japon traditonnel, des pratiques de momification étaient observées par certains moines bouddhistes. En voici le processus.

« Les momies Sokushinbitsu sont très différentes des momies égyptiennes, dont on retirait les organes et dont les corps étaient conservés par l’action de divers produits.

Une succession de 4 étapes constituait le déroulement de la momification :

Pendant 1000 jours soit environ 3 ans, le moine n’ingérait que des noix et des graines, couplé à une forte activité physique. Leur corps à l’échéance de cette période avait perdu toutes ses graisses.

Lors des 1000 jours suivants, le régime se faisait encore plus restrictif, composé de petites quantités de racines et d’aiguilles de pin. Au terme de ses 3 ans le corps devait avoir perdu une partie de ses fluides corporels.

La suite des opérations devait amener un empoisonnement du corps visant à le protéger des attaques d’insectes et autres animaux nécrophages. Pour cela, le moine se mettait à boire un breuvage fait de sève de l’arbre urushi (toxicodendron verniciflum, sorte de sumac). Cette sève très toxique notamment utilisée comme laque dans l’ébénisterie, achevait le processus de déshydratation.

Enfin, le moine était emmuré vivant, en position du lotus dans une cavité juste assez grande pour l’accueillir. Il devait chaque jour faire tinter une clochette reliée à lui et lorsque cessait ce petit air quotidien, on savait qu’il avait enfin quitté son corps et la tombe était définitivement scellée.

Les autres condisciples alors, après 1000 autres jours, ouvraient la sépulture afin de constater que la momification était bien effective. Beaucoup de moines ont tenté de devenir Sokushinbutsu mais très peu y sont parvenus. » (source)

Juan Matus, le benefactor de Carlos Castaneda, évoque fréquemment les anciens voyants, qu’ils appellent les défieurs de la mort. « Ces anciens voyants étaient des hommes effroyables, poursuivit Don Juan. Je ne devrais pas utiliser l’imparfait – ce sont des hommes effroyables, aujourd’hui encore. Leur but est de dominer, de posséder tout et tout le monde. »(source)Carlos Castaneda, Le feu du dedans 

 

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Ils appartiennent au cycle précédent, tandis que le cycle actuel est celui des nouveaux voyants, los nuevos videntes. Les nouveaux voyants ont un but ultime, après la mort physique, qui est d’échapper à l’Aigle, ce grand dévorateur de consciences, et ainsi de continuer l’aventure cosmique.  

Les anciens voyants n’avaient pas confiance dans un pari port-mortem. Ils aimaient mieux tenir que courir. Ils n’ont pas voulu lâcher la proie pour l’ombre. Travaillant avec acharnement sur leur corps physique et sur leur aura, ils sont parvenus à maintenir indéfiniment leur corps physique momifié dans une pseudo-vie, de façon que leur esprit puisse continuer à battre la campagne, ourdir des plans, traquer les vivants et semer le désordre.

A lire Castaneda, on comprend que les nouveaux voyants ont plutôt honte du comportement égocentrique et mesquin de leurs ancêtres. Toujours est-il que le cycle précédent, auquel appartient aussi l’Egypte antique, est celui des anciens voyants, défieurs de la mort, qui ont subsisté jusqu’à nos jours sous la forme de larves psychiques, d’entités invisibles peu ragoûtantes, totalement dénuées de scrupules, prêtes à tous les mensonges pour sucer l’énergie des vivants.

Ce sont eux que les spirites, vaudous et consort invoquent dans leurs rituels chelous, eux et d’autres du même acabit, ce qui m’a fait crier : malheureux ! n’invoquez personne ! N’attirez pas sur vous l’intention des invisibles, ils sont dangereux, souvent nuisibles, toujours psychopompes. Pompeurs de vie. Siroteurs de conscience vives.

 

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On les a nommé vampires, c’est leur vrai statut, le pire de tous. Ils se traînent, lamentables épaves, au dernier niveau du vivant, au trente-sixième dessous de la fange inorganique. Croyez-moi, ils sont plus à plaindre qu’à blâmer. Tout comme les pauvres débiles qui prennent le risque de les invoquer, et de s’en remettre à ces vicelards.

De tous ceux qui n’ont rien à dire, les plus agréables sont ceux qui se taisent.
Coluche