Humaine comédie

 

Balzac a écrit La comédie humaine : cent romans montrant des vies diverses. J’emprunte ce titre dans un tout autre sens. Ce que chacun fait ici-bas est un jeu, un code, une comédie. Ici-bas les vies diverses sont toutes les mêmes. Au dessus, ailleurs, il y a une méta-réalité que l’on peut découvrir dans son effroyable splendeur.

 

Honoré de Balzac, nom de plume d’Honoré Balzac, 1799-1850, écrivain français, a laissé plus de quatre-vingt-dix romans et nouvelles parus de 1829 à 1855, réunis sous le titre de La Comédie humaine.

À cela s’ajoutent Les Cent Contes drolatiques, ainsi que des romans de jeunesse publiés sous des pseudonymes et quelque vingt-cinq œuvres ébauchées.

 

Honoré de Balzac à 25 ans — portrait au lavis par Achille Devéria
 

Je n’ai pas fait tout ça. Si j’ai vécu des merveilles, sincèrement, je n’y suis pour rien. Ne cherchez pas en moi un mérite ou une destinée. Je vais mon train et sans me faire de peine de rien, dit la chanson qui ajoute : le père de mon grand-père était le roi des gueux et moi dans ma misère je suis toujours heureux.

Depuis la plus petite enfance, ma vie m’a mené par des chemins sinueux et improbables. Je ne me souciais pas de savoir où ils menaient, je les ai tous suivis, sûr que ce serait la meilleure place dont je puisse rêver. 

Cette chance insolente ne m’est pas due, elle fait partie du plan.

 

J’attaque

Tout ce bol s’explique par le but. Il est défini à l’avance, à mon insu. Je suis bien vieux maintenant, les bizarreries de mon quotidien pourraient être mises sur le compte de la sénilité. La perte de mémoire immédiate, tout a commencé par là. Je me lève pour aller chercher quelque objet, le temps de faire trois pas, je ne me souviens plus de ce que je cherche. Vidée ma tête, c’est le grand blanc. 

Le gérontologue vous dira que c’est courant passé 70 ans. J’en ai 77. Je perds aussi la mémoire d’avant. Les incidents anciens de ma vie disparaissent aussi. C’est toute la mémoire qui est affectée par l’âge. Pourtant je me souviens parfaitement de tout ce que j’ai appris pendant mes longues études. Si longues qu’elles durent encore. Là, aucune perte.

Ce que j’ai pu retrouver lors des mes voyages astraux est plus clair que si c’était hier. Ce qui touche à ma passion, le passé lointain des humains, ne présente aucune lacune mémorielle. Mémoire astrale intacte, améliorée même. Mon cas ne relève pas seulement de la gérontologie. Je ne sais si c’est rassurant…

 

Je voudrais changer les couleurs du temps, changer les couleurs du monde. (musique)

 

Ailleurs est ici

Je navigue à vue entre des bribes de vies antérieures, je traverse des séquences issues de plusieurs époques mélangées à d’autres venues d’ailleurs, je ne sais d’où. Des mondes parallèles s’intercalent entre les diverses séquences de mon ici et maintenant, rendant la compréhension plus chaotique. 

Je suis ici et ailleurs, je suis hier et demain. Je vois l’avenir aussi clairement que l’origine de cette planète, il y quatre milliards d’années et des poussières d’étoiles. Ce n’est pas le fruit du gâtisme. J’ai toujours eu accès à d’autres plans de réalité, ça continue de plus belle.

J’ai toujours été en marge du vécu de cette humanité, ce qu’il est convenu d’appeler la réalité. Ceux qui n’y sont pas, qui la refusent, sont des fous. C’est le contraire. Cette réalité résulte d’un pacte qui nous est imposé dès l’enfance par de multiples bourrages de mou. L’école, la religion, l’armée, la politique, le monde du travail, la quête du plaisir, l’obsession du pognon…

 

Guidés par les rêves

Ce « réel » commun peut apparaître en moi, forcément, ma survie en dépend. Maintenant il se mélange au virtuel et à l’astral. Tout ça est secoué, touillé pour former un brouet qui nourrit l’âme. Ça forme un seul moment de vie avec sa propre cohérence, qui me raconte chaque fois une histoire originale, celle de notre espèce, de nos espèces. Car nous ne sommes pas seuls. D’autres êtres intelligents nous dirigent par les rêves.

Extrahumain, aine, adj. Qui est d’une nature autre qu’humaine. À beaucoup d’égards la littérature de Poë est extra ou suprahumaine.

Charles Baudelaire

 

Même les cauchemars sont précieux, ils titillent la force d’âme. Au delà de l’effrayant ou du morbide,  ils indiquent la conduite à tenir. Et montrent les erreurs à éviter.

L’horreur cache un message positif. Un cauchemar n’est qu’un cadeau déguisé.

Alejandro Jodorowsky

 

 

La vie rêvée

Rien d’important n’arrive dans la vie qui ne soit proposé, posé, imposé par les rêves. La nuit on redevient la personne qu’on est de toute éternité : un ange dans un monde infini. Le Rêve est le seul monde réel. La vie d’ici est pure fiction. Les forts et les puissants ne sont pas ceux qu’on croit, ni ceux à qui l’on obéit.

Les gens méprisent ceux qui ne jouent pas
selon la règle de ce monde factice.
Ceux qui vivent la vie rêvée des anges.

 

Selon le plan

Nous sommes tous choisis et préparés de longue date pour ce que nous devons faire ici-bas. Chacun sa tâche, on n’y arrive pas toujours. Aucune importance. Nos échecs aussi nous aident à grandir.

On m’a préparé à ce que je fais. Ma famille d’accueil a été choisie avec soin, non par moi-même, mais par mon guide. Mon double astral. Mon âme éternelle, disent les croyants

Chaque événement de ma vie m’a été donné pour me montrer l’humaine comédie dans sa réalité nue. C’est elle, la vraie comédie humaine. Elle est sordide ou magnifique, hugolienne ou balzacienne, ça n’a pas d’importance. 

 

Comme les grands oiseaux, nous sommes de passage.

 

 

Honoré de Balzac en 1842,
par Xavier Séguin d’après un pastel de Gérard Séguin,
musée des Beaux-Arts de Tours.

 

Connais-toi

 

L’irréalité ordinaire

 

On a tort de dire que l’argent n’a pas d’odeur. Il sent toujours la merde.
Lao Surlam