L’extraction de la pierre de folie, par Jérôme Bosch
La peinture qui précèdemultipliée par mon graphiste est signée Hieronymus Bosch. Elle se nomme L’extraction de la pierre de folie. À la Renaissance, telles étaient les méthodes médicales. Elles peuvent sembler naïves, primitives, voire totalement débiles — mais dans cinq siècles, comment jugera-t-on la médecine actuelle ? Pas beaucoup mieux, sans doute.
La pierre de folie
La Lithotomie, également appelé La Cure de la folie ou plus rarement L’Extraction de la pierre de folie, est un tableau du peintre néerlandais Jérôme Bosch. Huile sur panneau de 48 × 35 cm, il est réalisé vers 1494 ou plus tard. Le tableau est actuellement exposé au musée du Prado à Madrid. (wikipedia)
De Jérôme Bosch, vraiment ? Tout le monde n’est pas de cet avis. Jean-Pierre Spilmont a écrit une étude du tableau intitulé L’extraction de la pierre de folie. J’y apprends ceci : Il s’agit d’une copie ancienne d’une œuvre disparue de Pieter Bruegel, peinte vers 1557 et exposée au musée-hôtel Sandelin de Saint-Omer.
Mince alors ! Ça m’a coupé les jarrets !
Jusqu’au moment où j’ai compris qu’il s’agit d’un autre tableau, au traitement moins fantaisiste, où l’on reconnaît la patte de Bruegel, différente de celle de Bosch qui tire sur la bd. Avec quelques siècles d’avance…
L’extraction de la pierre de folie, par Pierre Bruegel
L’entonnoir
Mais revenons à la première œuvre, celle de Bosch. Car ce qui m’intéresse ici, c’est l’entonnoir qui n’est pas sur la tête du fou, mais du médicastre qui l’opère. Faut-il supposer qu’avec le recul du temps, le bon sens populaire a attribué la folie, non au malade, mais au soignant ? Pas si bête, le bon peuple… Mais je ne crois pas qu’il en soit ainsi.
La femme porte un livre sur la tête, le Livre. Oui, c’est une Bible. Pourquoi sur la tête ? Pour témoigner sa foi ? Sans doute, mais d’abord pour aider celui qui souffre. Ainsi posé sur la fontanelle d’une personne aimante, le livre saint doit ôter la souffrance du patient et assurer le succès de l’opération.
Tu hausses les épaules ? Superstitions, dis-tu ? Sans doute. Comment jugera-t-on nos convictions actuelles dans cinq siècles ? Mais venons-en au vif du sujet. La question persiste : pourquoi ces soignants portaient-ils un entonnoir sur la tête ? Patience, tu sauras tout sous peu. Du moins tout ce que je sais.
Combien de fois ?
–Qu’est-ce que je cherche déjà ? On dirait que j’ai perdu le fil.
Combien de fois entend-on ce genre de réflexion ! Pas dans la bouche d’un vieux gâteux comme moi, mais dans celles de jeunes gens, de personnes mûres et maîtresses d’elles-mêmes. Comme elles paniquent tout à coup !
Ça ne dure guère, elles se reprennent déjà, avec un : « Ah oui ! » Et les voilà qui filent bille en tête vers une destination connue d’elles-seules. Qu’elles oublieront peut-être un peu plus loin… La destination n’est pas mon sujet, mais la distraction, comme l’indique le titre. Franchement il se passe quelque chose de ce côté-là. Elle est réellement le mal du siècle.
–De quoi je parlais là ? J’ai un trou…
Non je déconne. Je le sais parfaitement mais je triche, vu que j’ai le titre sous les yeux. La distraction. « Pourquoi je suis descendu ? Où est-ce que je vais ? » etc. Sans cesse j’entends ça, au coin de la rue ou sur les dunes, je surprends un hésitant, une égarée… sans parler de moi, le gâteux.
Parfois je me réveille, je me lève, je fais ma toilette, je m’habille, j’attaque le petit-déj et là je me réveille à nouveau. Non, pas à nouveau. C’est la première fois. Mon premier réveil était un rêve. Si ça se trouve, ce deuxième réveil aussi ? Bref, je ne sais ni où je suis, ni qui je suis, ni même, plus troublant, si je suis mort ou vivant.
Un rêve qu’on fait tout seul, ce n’est qu’un rêve. Un rêve qu’on fait à plusieurs, c’est la réalité.

Oubli normal
Jusqu’ici je me disais, on a tellement de trucs en tête, normal qu’on en oublie de temps en temps. Petit à petit, à force d’explorer les autres dimensions, l’astral, le cosmique, l’étrange, le spacial, les confins du temps, le scalaire, j’ai changé de point de vue. Radicalement. Ma vision du monde a changé du tout au tout. Pour parler comme Castaneda, c’est la position de mon point d’assemblage qui s’est modifiée.
Je me balade sur tant de plans, à travers tant d’époques, quand je reviens dans l’étroitesse de notre prison, je suis perdu. Où sont mes repères ? Pas ici, c’est sûr. Ma vie s’est diluée dans des centaines de flaques spatio-temporelles, aucune d’elle ne fonctionne sur les deux bêtes dimensions de l’espace et du temps. L’espace est angulaire. Il a une hauteur, une longueur, une largeur. Des coordonnées et une altitude. Le temps est linéaire, il a un passé et un futur. Il n’y a rien de linéaire ni d’angulaire dans les autres plans, ceux du vrai monde.
Notre prison
C’est parce qu’on est emprisonné ici-bas qu’on est linéaires et angulaires. Tant que j’ai pu, j’ai arrondi les angles. À force de forcer, forcément, j’ai crevé la bulle. Comme je suis vivant, je peux y rentrer quand je veux. Pour manger, faut faire des courses. Pour becqueter, faut rentrer en prison ordinaire. Revenir dans l’angulo-linéaire le temps de couler un bronze. J’ai de moins en moins faim, tant mieux. Le jour vient où je pourrai enfin me contenter de prana. Vivre de l’air du temps. Du non-temps. Et rester tout le temps dans ce monde sans espace et sans temps, où il y a de la place, tout l’espace qu’on veut pour l’explorer sans bouger, filer sans courrir, courrir sans bouger.
La vraie vie est ailleurs. Pauvre de nous, qui n’y sommes pas ! On a dû faire de grosses conneries pour mériter ça.
Certaines choses ne peuvent pas s’expliquer. On ne peut qu’en faire l’expérience.

Terre à terre
Être distrait, est-ce une gène ou un atout ? Les deux selon le point de vue. Celui qui s’implique à fond dans les choses de ce bas monde maudit la distraction qui lui fait perdre le fil. Celui qui attache plus d’importance à l’esprit des profondeurs se réjouit de chaque distraction. Pour lui, toute distraction a valeur de témoignage. Être distrait est une trace. La preuve qu’un autre monde existe, plus vrai que celui-ci. L’esprit du temps le renie, l’esprit des profondeurs préfère ce monde astral, plus accaparant, plus convaincant.
Chacune de nos distractions est la conséquence d’une double vue. Elles témoignent toutes de notre double vie. Ceux qui ne sont jamais distraits sont cloués ici bas. Rien ne saurait les distraire. Rien ne peut les détourner un seul instant de ce qu’ils trament dans ce monde virtuel qu’ils tiennent pour réel. Irréelle et factice est cette prison pour l’âme où ils jubilent en faisant de bonnes affaires. La seule bonne affaire, pour eux, serait d’être moins cons. Moins terre à terre.
Ciel à ciel
Ceux qui croient en Dieu, en Jésus, en Allah, en Vichnou, en Shiva ou en qui que ce soit ne sont pas mieux lotis. Les ciel à ciel sont aussi loin de la vérité que les terre à terre. Le juste milieu n’est pas non plus préférable. On vit terre à ciel, puis ciel à terre, on se mélange les pédales et les vaches sacrées n’en sont pas mieux gardées pour autant.
Les extrêmes sont pourris, le juste milieu ne vaut pas mieux — mais où faut-il être, à la fin ? Ailleurs. Résolument. Larguer les amarres au risque de passer pour fou dans ce monde de cinglés. Un comble ! Dans un asile d’aliénés, le seul qui paraît fou, le plus fou de tous, justement ne l’est pas. Flash back vers notre passé historique, accessible, sans danger. Si tu te retrouves là-bas l’espace d’un rêve réel, tu vas forcément te croire chez les dingues.
Pour supporter d’autres rapports
à la pseudo-réalité terrestre,
il faut un don spécial.
Spacial. Antisocial…

Le don de double vie
À lire en écoutant Delicate Sound of Thunder, Pink Floyd
Concilier l’inconciliable. Apparier les contraires. Manger la diète, peindre l’air. Telle est ma double vie où j’exulte et j’expire.
Je suis un homme heureux dans un malheur profond
Vivant à demi mort dont la vigueur se fond
Dans un blond dégradé uni couleur de mort
Noir et blanc, sans saveur, au goût multicolore
Demain j’étais savant moi qui ne saurais rien
De tous les maux du monde et qu’ils lui font du bien
Je ne pigeais que pouic en ayant tout compris
Vidé j’ai tout rendu c’est toujours ça de pris
Un pied dans le tombeau l’autre pied pour la rime
Soudain depuis toujours sur mon faciès on grime
La pâle indifférence en absolue passion
Qui me meut immobile en molle exaltation
Sans un mot je déclame et je hurle en silence
Ma passion effrenée en toute indifférence
Deux trois vers de Verlaine et tout ça de Rimbaud
Sous une pluie battante au soleil par grand beau
Demain était maussade hier sera pimpant
Je jouerai du violon sur ma flûte de Pan
Lao Surlam, Double vie
La hiérarchie est un beau système qui permet aux plus forts de rien foutre.
Illusions
Des thèses diverses ont été annoncées dans la littérature, le cinéma, la bd… Peu de savants les admettent, beaucoup d’humains les ressentent. La culture officielle nous maintient dans l’ignorance de notre sort. Les puissants usurpateurs qui sont aux commandes nous cachent qui nous sommes, et qui ils sont, ces démons à l’origine des religions, ces capteurs de pognon, ces animaux nuisibles. Et comment ils nous ont capturés, et la falsification des vérités historiques, et surtout pourquoi nous restons prisonniers de ces illusions.
Pendant ce temps, ce sont nous autres, visionnaires, voyants, que les prisonniers du faux réel traitent de fous. Les gens d’ici nous voient comme des malades mentaux. Ils ne se doutent pas une seconde que les malades, ce sont eux.
Et la distraction joue un rôle prépondérant dans la mauvaise opinion que les autres ont de nous.
« Voir » est une façon particulière de sentir que l’on sait quelque chose sans l’ombre d’un doute.
La Terre creuse
Dérisoire, l’entonnoir ?
Les deux peintres de la Renaissance qui ouvrent cet article, Messeigneurs Bruegel et Bosch, semblent utiliser l’entonnoir sur la tête par pure dérision. C’est ce que pensent les érudits qui en parlent. Pour ma part, je n’en suis pas si sûr. Un bas relief vu en Inde sur un temple ruiné avait ce même motif d’entonnoir reversé sur la tête d’un méditant en position de lotus.
Ce temple, dont j’ai totalement oublié le nom, était perdu dans la jungle du Jammu-Kasmir. Il a joué un rôle tragi-comique dans mes aventures indiennes. L’édifice sacré était envahi par les eaux stagnantes d’un marécage, et pour y parvenir il m’a fallu sauter de pierre en pierre entre les nénuphars géants.
À mi-chemin, en plein marécage, je suis tombé nez à nez sur un boa constrictor d’une longueur invraisemblable. Flottement. Panique auto-blocante. Je ne peux pas hurler, mon corps est paralysé.
Le boa m’évalue un court instant. Puis il plonge la tête entre mes jambes. Son corps interminable glisse entre mes cuisses en une reptation qui n’a rien de sexy, croyez-moi.
J’ai raconté l’histoire dans un autre article, mais lequel ? Impossible de le retrouver. Il est vrai que j’en ai pondu des centaines depuis l’ouverture de ce site en 2008. Piochez ci-dessous, vous aurez peut-être plus de chance que moi.
C’était l’Inde
- Bom Shankar
- La fête du lac
- La tactique du sadhu
- Le figuier des anges
- Le Tombeau Indien
- Trekking en tongs
- La grotte d’Amarnath
- L’adieu aux Indes
- Bienvenue en Inde
- Sur le lac Dal

La coiffe du saddhu
Mais si j’ai évoqué le temple au boa, c’est pour vous parler du saddhu en lotus avec un entonnoir en guise de turban. Ce bas-relief n’est pas le seul du genre.
Des années plus tôt, en Turquie, j’avais vu ce même motif gravé sur une roche. Il me semble que c’était du côté d’Eskishehir, sans garantie aucune. Que le lecteur me pardonne, c’était il y a soixante ans.
Ces étranges chapeaux se retrouvent aussi sur des sculptures africaines, dans la culture peul surtout. En voici un ci-contre, une statuette qui appartient à ma famille depuis longtemps, rapportée d’Afrique par un ancêtre explorateur.
Je l’ai fait expertiser, elle est ancienne, trois siècles au moins sinon quatre. Le sorcier, grand éveillé, tient devant lui un texte calligraphié dans une écriture inconnue. Intéressant, car l’écriture était très rare en Afrique noire, et réservée à un usage sacrée. Elle n’a pas été déchiffrée; il semble qu’elle soit écrite en spirale.
Le chapeau qu’il porte n’a plus vraiment la forme d’entonnoir. Rien n’y peut entrer ni en sortir : il est fermé. L’ouverture sommitale n’existe plus, tout simplement parce que son utilité, non seulement symbolique mais aussi subtile, échappe aux gens de cette époque obtuse et oublieuse.
Sort scié
Mais la symbolique demeure, et sans doute l’effet subtil pour ceux des sorciers qui s’en soucient encore. Quelle symbolique ? Quel effet subtil ? Celui-ci. Le sorcier qui portait cette coiffe se méfiait des mauvaises influences venues d’en-haut, bombardées sur les pauvres humains par les archontes dont l’unique but est de nous détacher de la spiritualité, notre nature profonde.
Sous l’égide de la Grande Déesse, nous sommes restés dans cette spiritualité pendant des milliers d’années. Mais c’est fini depuis quatre mille ans : la Déesse dort de sa dormance reptilienne. En son absence, seuls les archontes nous dirigent. Dénués d’âme, ces animaux supérieurs vivent très longtemps. Comme tout ce qui vit, ils mourront un jour.
En attendant ils nous entraînent dans le déclin du kali yuga.
L’entonnoir sur la tête permet de laisser sortir la kundalini par la fontanelle, tout en opprimant ce qui voudrait entrer par là et nous influencer en coupant le lien qui nous unit à la Déesse. Elle dort au centre terre et nous envoie la bonne énergie aspirée par notre périnée et la plante de nos pieds.
Matériel ou spirituel, cet entonnoir favorise le contact scalaire permanent avec la Déesse, en shuntant la grille archontique. Et grâce à lui nous demeurons en l’état permanent de
DIVINE DISTRACTION
L’aventure scalaire
- Divine distraction
- Les ondes scalaires
- Scalaire pratique
- La guérison scalaire
- Guérir à distance
- La vie vient du cœur
- Une aventure pour l’âme
- La lumière du cerveau
- Le temps d’aimer
- L’amour boule de neige
- Les Quatre Façons d’Aimer


