Il se peut que les Nāgas et les Sarpas ne soient qu’un seul et même animal, le Serpent. Pas un serpent tel qu’on le connaît aujourd’hui, le Serpent. Un être supérieur, plus noble, plus intelligent, plus docte, plus pédagogue : en un mot, plus proche de l’humaine — Elle se nomme Lilith dans la Bible. Les Serpents l’ont créée pour les aider… et pour les distraire.
Nāgas et Sarpas signifient tous deux serpents dans l’hindouisme. Ils sont vénérés par les hindous depuis l’Antiquité. Aujourd’hui, nagas et sarpas sont souvent utilisés comme des synonymes.
Mais il y a une différence entre eux. Selon Harivamsa, Vasuki est le roi des Nagas. Takshaka est le roi de sarpas.
Les Nagas sont semi-divins et ont des pouvoirs. Les Sarpas ne sont pas divins et n’ont aucun pouvoir. Les Nagas peuvent prendre n’importe quelle forme à volonté.
Les Sarpas n’ont pas ce pouvoir. Les Nagas ont leur propre monde souterrain. Les Sarpas n’ont pas de monde à eux, ils vivent donc sur terre.
Les Nagas sont généralement associés aux dieux Shiva, Vishnu et aux Devas. Les Sarpas sont le plus souvent associés aux démons. Ils semblent avoir certaines qualités négatives.
Une ethnie indienne porte encore de nos jours le nom de Nāga, qui veut dire serpent. Les Nāgas forment un groupe ethnique d’environ deux millions et demi de personnes, dans l’Inde du Nord-Est. Ils sont répartis entre les États du Nagaland (où ils sont majoritaires), du Manipur, de l’Assam, de l’Arunachal Pradesh et à proximité de la frontière avec la Birmanie (Union du Myanmar).
Originaires du Yunnan et de Birmanie, leurs dialectes font partie de la famille des langues tibéto-birmanes. (source)
En hébreu, on retrouve la même racine Na-aa dans le terme נָחָשׁ (nāḥāš ou nākāš). Le nakash désigne le Serpent dans la Bible. Il désigne notamment le serpent de la Genèse, qui entraîne la chute d’Adam et Ève. C’est aussi le terme utilisé quand le bâton de Moïse se transforme en serpent dans le Livre de l’Exode et dans l’épisode du serpent d’airain du Livre des Nombres.
Nakash est trouvé 31 fois dans la Bible. En voici quelques occurences :
Genèse 3.1 Nakash était le plus rusé de tous les animaux des champs.
Genèse 49.17 Dan sera nakash sur le chemin, vipère sur le sentier.
Exode 4.3 L’Eternel dit: Jette-la par terre. Il la jeta par terre, et elle devint nakash.
Nombres 21.6 L’Eternel envoya des nakash brûlants sur le peuple, beaucoup de gens moururent en Israël.
Psaumes 58.4 Ils ont un venin pareil au venin du nakash.
Ecclésiaste 10.8 Celui qui creuse une fosse y tombera, celui qui renverse une muraille sera mordu par le nakash.
Esaïe 27.1 L’Eternel frappera le léviathan, nakash fuyard, nakash tortueux et il tuera le monstre de la mer.
Amos 9.3 J’ordonnerai au nakash de les mordre.
Un seul et même animal, Nāga et Sarpa ? Oui et non. Les textes sanskrits leur donnent deux noms différents, il semble bien que les Nāgas et les Sarpas ne sont pas les mêmes êtres. Qu’ils appartiennent à l’une ou l’autre espèces, ou que ces deux espèces n’en fassent qu’une seule, tous les anciens Serpents étaient capables d’émotions, de réflexion, d’écrire et de parler.
Peut-être ont-ils enseigné le langage articulé comme l’écriture à nos ancêtres Adam ?
Certains textes disent que le Bouddha, quand il commença à prêcher sa doctrine, comprit vite que les hommes n’étaient pas prêts à l’accepter tout à fait.
Alors il confia l’interprétation profonde de la réalité à une audience de Nāgas, qui acceptèrent d’en prendre la responsabilité jusqu’à ce que l’humanité fût prête à la comprendre.
Les Nāgas ont patienté sept siècles pour qu’un grand sage soit capable de pénétrer le premier secret de Bouddha.
Nāgārjuna, Nāga Arjuna, le Prince des Serpents, fut initié par les rois-serpents dans la certitude que tout est vide (śūnya). C’est lui qui transmis aux humains les enseignements bouddhiques parachevés, ceux du Mahāyāna. (source)
Dialecticien virtuose, il s’appuie bien sur le corpus bouddhique, constitué de textes religieux et d’une kyrielle de commentaires érudits, mais il préfère la rigueur logique à l’argutie des gloses, qu’il déconstruit.
Nāgārjuna est réputé pour avoir fondé l’École du Milieu, en hommage à la Voie du Milieu prônée par l’enseignement de Bouddha.
Le motif du roi-serpent Mucalinda abritant sous son capuchon le Bouddha des intempéries est un thème préféré de l’art bouddhique, y compris hors de l’Inde. Au Népal, les Nāgas sont liés à Amoghasiddhi dont ils ornent le dais et à Dīpaṅkara dont ils sont le « véhicule ». Ils sont également attachés au culte de Rāto Matsyendranāth qu’on appelle aussi Avalokiteśvara.
Des génies-serpents, la tête prolongée par une langue dardée au-dehors, décorent le baldaquin de ce dieu. Ils assurèrent, dit-on, les lustrations rituelles de Matsyendranāth lorsque les prêtres en charge de la divinité eurent fui au moment de l’attaque du roi Mukunda Sena de Palpa. Vāsuki aida du reste le roi Narendradeva à introduire Matsyendranāth au Népal (ch. VI) et de nombreux détails de la fête de ce dieu évoquent les génies-serpents. (source)
Les histoires impliquant les Nāgas font toujours partie des traditions culturelles contemporaines dans les régions à prédominance hindoue d’Asie, notamment l’inde, le Népal et l’île de Bali. Dans le giron hindou, les Nāgas sont considérés comme des esprits de la nature, protégeant les plans d’eau tels que les rivières, les lacs, les mers, les sources et les puits. S’ils sont correctement adorés, ils apportent la pluie, et avec elle la richesse et la fertilité. Cependant, on pense également qu’ils provoquent des catastrophes telles que les inondations, la famine et la sécheresse s’ils sont méprisés par les actions irrespectueuses de l’humanité sur l’environnement, car de telles actions empiètent sur leurs habitats naturels.
Une grande partie des preuves que Dravidien, Dasyus et Nagas étaient tous des noms différents pour ces gens peuvent être trouvées dans les grandes Épiques de l’Inde, le Mahabharata et le Ramayana.
« Les deux Épiques concernent les contacts des Aryens avec cette race serpent, quelques-uns, amicaux et d’autres, hostiles. Dû à l’intermariage des Aryens avec ces gens, une sorte d’ambiance, un rapport amour haine se dégage de ces deux grands Épiques.
Dans l’Épique du Mahabharata, un groupe d’êtres « célestes » arrive par voiture aérienne pour assister à la fête de mariage des rois Aryens : « Les dieux arrivèrent en chariots ennuagés pour voir la belle scène. Des Suparnas ailés, des Nagas écailleux, des chariots célestes brillants, tous ensemble naviguaient dans le ciel sans nuages. » (source)R.A. Boulay – Le passé reptilien de l’humanité
Ces Nagas s’unirent avec des Aryens, produisant des rois et des héros. Par exemple, dans le Rig Veda, des noms comme Divodasa indiquent qu’il y eut un croisement entre les Dasyus et les Aryens peu après 1500 AECAvant l’ère commune Plusieurs anciens dieux hindous s’unirent à des humains et, comme à Sumer, produisirent un hybride mammifère-reptile — les rois semi-divins qui hantent la littérature de Sumer et de l’Inde.
La littérature Hindoue affirme que des gens divins descendirent et dirigèrent des expériences biologiques avec les singes. En fait, Hanuman, le dieu singe qui, avec Rama, héros du Ramayana, fut conçu quand le dieu Shiva donna un gâteau sacré à Anjan, le singe. Cette référence évidente à une expérience génétique produisit Hanuman, le super-singe, évocateur de l’Enkidou de l’Épique de Gilgamesh.
Les serpents occupent une place importante dans les textes sanskrits en raison de leurs caractéristiques uniques et de leur association avec le poison.
Les serpents sont des reptiles avec une histoire de 240 millions d’années, avec environ 2 000 espèces dans le monde, dont 216 en Inde. En Inde, 52 espèces de serpents peuvent causer des symptômes toxiques chez l’homme.
Les serpents sont souvent associés à des rituels anciens et à des pratiques de propitiation.
Le terme ‘vidyā’ signifie connaissance, et Sarpavidyā est mentionnée dans le Śatapatha Brāhmana. Sarpavidyā est la connaissance des serpents, englobant la toxicologie et les remèdes contre le poison.
Sarpavidyā est synonyme de Gārudavidyā, qui concerne le contrôle des serpents et la gestion de leur poison. La toxicologie est considérée comme une branche dérivée de Sarpavidyā.
Les serpents sont mentionnés dans la littérature védique, qui souligne leur importance rituelle et symbolique. Trois voyants serpents sont cités dans le Rigveda. Le Yajurveda et l’Atharvaveda font référence au culte des serpents et incluent des mantras pour apaiser les serpents.
Les légendes de Garuda illustrent l’antagonisme entre Garuda et les serpents, symbolisant le contrôle sur le poison. Garuda, né de Vinatā, est en conflit avec les serpents, fils de Kadru. La légende de Garuda montre son rôle dans la lutte contre les serpents et leur poison. Le Mahābhārata et le Rāmāyana contiennent des récits sur cette rivalité.
Le Sarpasattra est un rituel important dans le Mahābhārata, visant à détruire les serpents. Ce sacrifice a été réalisé pour la première narration publique du Mahābhārata. Les prêtres spécialisés dans le Sarpasattra ont joué un rôle clé dans ce rituel. De nombreux serpents ont été détruits lors de ce sacrifice.
Les Purānas contiennent des mythes et des connaissances sur les serpents et leur poison. Le Garuda Purāna fournit des méthodes de diagnostic et de traitement des poisons.
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