Ce qui est

Ce qui est – conscience, cercle, lumière, essencehttps://www.guillaumedosgheas.com/post/particule-lumiere-prana 

 

Nous sommes une conscience éternelle de pure lumière dans un corps animal. Ce corps mourra. Tout ce qui vit est soumis au temps et à l’espace. Tout ce qui vit mourra. Seul demeure ce qui est. Car ce qui est ne connaît pas le temps. Ce qui est n’éprouve pas la durée, mère de l’ennui. Ce qui est dure éternellement, mais sans durée ni éternité. Simple présence omniprésente, conscience claire de l’un comme du tout.

 

L’âme

Il n’y a pas de vie éternelle. Il y a la vie, elle n’est pas éternelle. Tôt ou tard, la vie donne la mort. Et il y l’éternité, ce n’est pas la vie, c’est être.

Les religions sont à l’opposée de ce qui est. Elles sont destinées à ce qui mourra. La plupart des religions promettent la vie éternelle. La belle affaire ! Tous autant que nous sommes, nous l’avons déjà. Elle est en nous dès la naissance, cette vie éternelle. On l’apporte sur terre. On la perd à 3 ans. On grandit, on s’avilit, mais dès qu’on peut, on la suit à la trace. Elle est toujours en nous, l’âme. Sous forme de graine, de germe qu’il nous appartient de faire croître et mûrir. Seul mûrir empêche de mourir.

La vie est matérielle, dans la matière il n’y a pas d’éternité. Tout se dégrade ici-bas. Pourquoi sont-ils si nombreux à rechercher l’aventure ? Les seules aventures qui comptent sont les aventures pour l’âme. Mettre un peu d’âme dans tout ce qu’on fait est une bonne ouverture. Ensuite, sentir la part d’âme, la faire mousser, grossir, tout envahir. L’aventure pour l’âme commence dès qu’elle occupe tout le paysage intérieur.

Ça ne se fait pas en un jour. C’est une longue route qui commence dès l’entrée dans ce monde. Il faut marcher, se vaincre, marcher encore, se vaincre à nouveau et cent fois sur le métier remettre son ouvrage. Dard. Ouvrage dard. Toutes nos vies ici-bas sont des ouvrages d’art. Et chacun de nous, tous nous sommes des artistes murés. 

Un beau jour le mur tombe et nous voilà dehors. C’est à dire dedans. Notre âme nous a pris par la main. Elle nous a conduit dedans, où elle s’est installée, profond. Notre âme occupe tout notre corps.

C’est l’éveil

Mais le chemin n’est pas fini pour autant. Non.
Car après avoir gouté à cette plénitude…

Plus fort tambours tonnez ! Roulez gros ! Grondez lourd ! Que le tripe raisonne Et l’esprit reste sourd !

Alain Ayroles

 

 

Le corps

Après, quel mal on a pour en sortir ! Car il le faut, hélas. On n’est pas qu’une âme. La loi du corps nous oblige à manger, digérer, chier, pisser, transpirer. Charmant tableau. Vous me direz que le corps n’a pas que des contraintes. Il a aussi de grands plaisirs. C’est vrai.

Quoiqu’à mon âge le seul plaisir c’est manger. Au marché déjà. Choisir les beaux légumes, tout ce qu’il faut. Et chez soi, décorer de beaux plats. Cuisiner. Mettre toute son âme dans un plat magnifique, qui se laisse admirer autant que manger. Comme un corps de femme, oui, taisez-vous. R.I.P. Regrets…

Oui mais après l’avoir faite, la bonne bouffe se mange. Après manger, faut la digérer, etc. Ce n’est pas parce que je n’ai plus d’aventures galantes que j’aime les aventures pour l’âme. J’ai toujours fait les deux à la fois… quand j’avais l’âge. Je continue, mais dans mes rêves. 

La loi du corps peut nous aider. Ce que veut le corps, c’est la bonne santé générale, l’harmonie des organes, l’euphorie d’une bonne digerstion. Tout ça tu l’as quand ton âme est en toi. L’ennui c’est l’archonte. Nous vivons sous la coupe des anges ténébreux. Ils n’ont pas de corps, ces messagers. Les textes modernes les nomment des anges, mais le premier sens du mot copte, c’est messager.

Jésus dit : Judas, viens que je t’instruise des choses cachées que nul n’a jamais vues. Car il existe un royaume grand et illimité, dont aucune génération de messagers(*) n’a vue l’étendue, et où se trouve le grand invisible. Alors apparut une nuée lumineuse. Il dit : Qu’un messager(*) apparaisse, il pourra m’aider.
(lire la suite)

(*)Le mot copte messager a toujours été traduit par ange. Je préfère m’en tenir à la lettre du texte et je continuerai à dire messager.

 

Le Dragon

Ce qui est n’est pas l’archonte. Il incarne ce qui mourra. Même s’il a appris à prolonger son existence dans des proportions ahurissantes (des milliers d’années !)  au moment du décès, l’archonte disparaît comme une bête. Il faut le voir comme un animal. Intelligent au-delà de tout, perspicace, méfiant, pénétrant, convainquant, oui, l’archonte incarne tout cela. Mais la bête le domine, sans elle il n’est rien.

Si les humains lui sont soumis, c’est provisoire. Attendez que la Déesse ait fini sa sieste, elle y remettra bon ordre. En face d’elle, ils n’existent pas. En face de l’âme, le corps n’est qu’une écorce vide. Ce qu’ils sont tous, nos maîtres. Usurpateurs. Exploiteurs d’interstices.

Moïse et Aaron se sont rendus dans la Tente d’Assignation. Les deux chefs vont dans une tente qui sert à l’accueil du Très Haut. Pourquoi ce surnom, au fait? C’est tout simple : parce qu’il est très haut dans le ciel. Très très haut. On ne voit qu’un petit point, mais on sait que c’est lui à cause du barouf infernal et des flammes de l’enfer qui rugissent et rougissent tout autour de lui. Il vient, notre Dieu, il ne reste pas en silence. Devant lui est un feu dévorant, autour de lui une violente tempête.

Moïse et Aaron se sont rendus dans la Tente d’Assignation et lorsqu’ils en sont sortis, ils ont béni le peuple. La gloire d’Hachem s’est alors révélée à tout le peuple. Les fils d’Aaron, Nadav et Avihou, ont pris leurs encensoirs, les ont allumés, y ont ajouté de l’encens ; et ils ont offert un feu non autorisé devant Hachem, Qui ne leur a pas demandé de le faire. Le feu a surgi devant Hachem et il les a consumés et c’est ainsi qu’ils sont morts devant Hachem.

Moïse a dit alors à Aaron : « C’est ce dont Hachem a parlé lorsqu’Il a dit ; parmi ceux qui M’approchent, je montrerai moi-même ce qui est sacré ; à la vue de tous ceux qui m’honoreront » 

Et l’Éternel de conclure :Ma parole n’est-elle pas comme un feu ? Et comme un marteau qui brise le roc? (lire la suite)

 

 

Le Maître

Dans les vieux textes chrétiens — je veux dire néo-chrétiens, le christianisme de Jésus l’introuvable — on parlait non de corps physique, mais d’enveloppe corporelle. C’était le temps d’avant l’ego dominant. Cette expression est très ancienne, car il y a beau temps que l’enveloppe est remplie d’elle-même. Toute remplie d’ego. Le corps est le nid du dragon de l’ego.

Avant la cause était atroce. Atroce. C’était un cycle. Celui de la vie. Mais sans excitation, évolution, délabrement et mort. À présent, à présent, que pensez-vous de ceci ? Il arrive. Il nous arrive un grand drame. Ses dents dégoulinantes de sang, ses yeux rouges… Qu’est-ce que je tiens ? Un lasso ! Je le fais claquer et je l’enroule autour de son cou. Et je lutte contre lui. JE LUTTE !!

Je le jette à terre. Je me relève et je dis : Assis, dragon ! Le dragon s’asseoit et je dis : Pas bouger ! Et il ne bouge plus. À présent il est en laisse. Je l’emmène se promener. Voilà où nous en sommes pour l’instant. Il obéit à mes ordres. Ensuite nous allons lui apprendre à faire le mort. (source)Philip Seymour Hoffman, The Master, film de Paul Thomas Anderson, 2012

Le Maître, ici, c’est le Dragon. Sa puissance est redoutable, sa force est celle de dix mille hommes. Nul ne peut le vaincre en combat singulier, eut-il la force de cent hommes, il lui faudrait celle de dix mille en plus. Et puis, c’est un miracle, voici que je maîtrise ce dragon ! Sa force est à peine supérieure à la mienne, et ma volonté vaut cent fois la sienne.

Le dragon l’admet. Il a trouvé son maître avec moi. Il va se mettre à mon service. Il m’obéit en tout point et cherche sans cesse à m’être agréable. Un nouveau danger pointe le nez, l’inflation de mon ego déjà envahissant. Je me suis pris pour un dragon, à présent je me prends pour le roi des dragons. Je suis leur maître à tous. À tous ! Et là je peux fort bien déclarer la guerre au genre humain.

 

Être

Se débattre avec soi-même dans un tel conflit, ce n’est pas être. Ergoter n’est pas être. Penser n’est pas être. Agir n’est pas être. Dormir non plus, mais on se rapproche. Quand Hamlet se demande à haute voix dans son for intérieur :théâtre oblige

Être ? Ou ne pas être ? 
se doute-t-il un seul instant qu’il n’a pas le choix ?
On ne vit qu’un fois, dit-on. Mais on est pour toujours.
Voilà ma foi, mon espérance et mon soutien !
Je suis chrétien, je suis chrétien ! (source)cantique à la con

Tu es crétin, plutôt. Ajouter quoi que ce soit à être ne fait pas être davantage. Au contraire. On peut être ce qu’on veut, rien de tout ça n’aide à être. Au contraire. Ça empêche d’être. Tout ce qu’on ajoute à être réduit l’être. C’est ainsi. Vérifie-le dans ta vie et reviens m’en parler ici.

 

On ne fait pas d’Hamlet sans casser Dieu

 

Oublie le reste

Tu veux être ? Qui te dit que tu n’es pas ? Si tu n’étais pas je ne t’entendrais pas. Que t’importe, tu veux être ? Je te dis que tu es déjà. Tu veux être sans le déjà ? Tu sais, je pourrais te tuer, ça ne t’empêcherait pas d’être. Mais ça m’empêcherait d’être innocent. Et d’être libre. Tu t’en fous ? Tu veux être

Un bon tuyau : pour être, oublie le reste. Oublie tout ce qui n’est pas. Néglige le non-être. Ne regarde pas ceux qui font ceux qui sont. Ils jouent la comédie, doublement faux donc. Ils ne sont pas. Ils soufflent. Souffler n’est pas jouer. Et jouer n’est pas être.

 

L’âme et la mort

 

Tu m’as dit : tais-toi. Tes mots font un écran qui cache le monde.
Ce que tu révèles est un autre voile.
La lumière n’est pas l’amie des mots.
Plus les mots sont beaux,
plus leur lumière artificielle nous détourne du Soleil Invaincu !

 

L’amour est moins rapide que la météo : il s’écoule parfois plusieurs mois entre le coup de foudre et les premiers orages.
Philippe Bouvard