Dieu en toi

Merci à NG

Il n’y a pas de temps, il n’y a pas d’espace. Et malgré ça, un beau jour, l’être unique a voulu se diviser en deux, pour voir ce que ça fait… Comme ça lui a plu, il s’est divisé à nouveau. Et puis encore en deux. Et en deux. Et en deux. Jusqu’à des milliards de myriades d’infinités d’êtres dans des milliards de myriades d’infinités de planètes dans des milliards de myriades d’infinités de galaxies…

Vous avez compris le truc. Le dieu unique s’est divisé, et ce faisant, il s’est démultiplié. Chaque vivant est une fraction du Premier Vivant. Une fraction holographique. C’est à dire une image parfaite, complète, qui reste parfaite et complète quelque soit le nombre de fois où Dieu la divise. Chaque vivant porte en lui la signature de l’Unique. Sa mission, s’il l’accepte, est de réaliser l’Unique en lui. De développer la virtualité divine. De rejoindre l’Unité et de régner sur le tout.

Il n’y a pas de temps, il n’y a pas d’espace. Ces deux pseudo-dimensions sont des illusions, des contraintes inhérentes à la matière, pour nous permettre de progresser. On ne progresse pas sans contraintes. L’enfant livré à lui-même peut cultiver la paresse et l’ignorance. Son caractère s’aigrit et se gâte. Il devient incontrôlable avant l’adolescence. Le jeune enfant a besoin de limites pour éprouver sa liberté. Bienvenue dans la matérialité ! Seul l’Esprit est sans limite, au-delà du temps et de l’espace qui piègent les créatures mortelles dans un filet virtuel.

On ne progresse pas sans contraintes. Entre deux vies, quand l’esprit plane au royaume de l’Esprit, pas d’amélioration possible. L’esprit individuel stagne éternellement dans l’état où il se trouve. On ne progresse pas dans l’éternité. Pour progresser, il faut du temps. Il faut de l’espace. Pour connaître le temps et l’espace, il faut s’incarner. Prendre son barda matériel, atomes, molécules, cellules et tout ce qui s’ensuit, et pour un temps, pour l’espace d’un temps, oublier notre origine céleste, perdre de vue notre essence éthérée, ignorer notre âme immortelle et d’ailleurs incréée.

Le but de tout ça ? L’ultime finalité de cette aventure de la vie toujours recommencée ? Devenir dieu nous-même, ranimer en nous l’étincelle divine de notre origine. Dieu a créé l’homme a son image, disent la Bible et d’autres mythologies religieuses. Dieu a créé l’homme a son image, et l’homme lui a bien rendu, répond Jean-Paul Sartre. Ou un autre.

Pas moi en tout cas. Moi je pense que la finalité, c’est l’accroissement de la connaissance. Tout se passe comme si Dieu ne savait pas tout. Il se démultiplie pour accroître infiniment les situations existentielles, et tenter de les résoudre. À la complexité du multivers correspond la complexité de la connaissance. 

Dieu arbitre de lui-même sur le chemin de la connaissance. Dieu le Père, homme de pouvoir, en quête du Saint Esprit, une Déesse pour les Grecs, la parèdre pour les dieux Ases, pour ceux de l’Hindouisme comme pour les Elohim. L’union de Shiva et Shakti ne vaut que par l’amour de l’Enfant Dieu, leur progéniture.

Dans l’Egypte antique, on trouve le modèle originel de la sainte trinité : Isis, Osiris, Horus. Pour les anciens Egyptiens aussi, l’Esprit est femme. Et pour les Sumériens. Voilà ce qu’on peut dire si l’on brosse le portrait de Dieu à travers les diverses mythologies religieuses. Un dieu qui porte en français le doux nom d’Il-Elle. Ou Elle-Il.

Dieu l’Humain

Exégèse théologique, que reproduit en miroir la genèse d’Eden Saga, la vision de nos origines que je reconstitue patiemment et que je vous livre dans ces pages à mesure de mes découvertes.

Je vous avoue que cette quête est pour un chercheur de vérité la plus passionnante qui se puisse imaginer. Jamais je n’aurais osé m’imaginer dans une si folle équipée. Voyez plutôt : la science est contre moi. Les religions sont contre moi. La politique et nos dirigeants sont contre moi. Les possédants sont contre moi. Les dieux sont contre moi. Les diables sont contre moi. L’innombrable cohorte des menteurs et des tricheurs est contre moi. 

Toi qui me lis, tu es ma force, mon espérance et mon soutien. Si le grain ne meurt, ne viendra pas la fleur. Si la fleur ne fane, ne viendra pas le fruit. Je dois mourir pour donner la vie. Ainsi le dieu fils de dieu s’est fait homme pour éprouver dans sa chair les souffrances et les jouissances du monde. Les aubaines et les déveines de la vie. Les haines et les peines, les douceurs et les douleurs, le rire et le pire, l’ailleurs et le meilleur. C’est ainsi que les hommes vivent, que leurs baisers les suivent ou pas. (source)

Dieu s’est fait homme, la Grande Déesse s’est faite femme, Jésus s’est fait travelo pour souffrir dans sa peau le rejet quotidien, le mépris, la violence, la bêtise et l’ignorance. Dieu est descendu parmi nous pour souffrir comme nous, et pour jouir comme nous. J’aime ce scénario. Il est issu du christianisme, oui, et alors ? Toutes les religions ont raison dans ce qu’elles affirment et tort dans ce qu’elles nient. La négation est une porte qui claque comme une gifle. L’approbation est une bouche qui pose un bisou sur ta joue endolorie.

L’homme divin

Voici Dieu, voilà sa parole. Il est humain, trop humain même. On l’eut souhaité meilleur que nous. Pourquoi donc ? Il nous a fait à son image, nos défauts sont les siens, comme le reste. Tout ici lui appartient. Il a créé ce monde avec la sueur de ses anges. Et avec une gamme impressionnante d’engins de mort et de destruction, de machines de vie et de construction.

Le dieu unique s’est divisé, et ce faisant, il s’est démultiplié. Chaque vivant est une fraction du Premier Vivant. Ce portrait de Dieu te concerne. S’il te parle, tu t’y reconnaîtras. Ça devrait t’inciter à suivre son exemple. Tu t’es incarné pour ça. Chacun de nous est venu ici pour une tâche précise, mais nous l’avons tous oubliée à notre naissance. Ta mission sacrée est de retrouver ce pourquoi tu es né ici et maintenant. Il n’y a pas de hasard. Tout est télécommandé. La question est de savoir par qui, et pourquoi.

Toi aussi, tu es ici pour te couper en deux, une moitié jugeant l’autre, le double épousant l’unique, l’œuf brisé révélant deux renés. Tel est le secret de l’arcane XV La Maison-Dieu. Tu es passé par là, tu n’es plus le même. Dieu te parle, un dieu t’habite. Ne te prends pas pour lui, tu restes un homme. À jamais. C’est ainsi. Telle est l’humaine condition.

Pourtant te voici différent. Davantage toi-même, et pourtant un autre. Quelqu’un que tu ne te soupçonnais pas a pris ta place. Ton corps ne t’obéit plus, il est sous ses ordres à lui. Le survenant. Celui qui dans l’ombre jalousait ta lumière. Il s’est incarné, ton vieux moi est mort, bienvenue au nouveau.

Comprendre d’où tu viens, c’est savoir qui tu es pour deviner où tu vas. (Lao Surlam)

N’aies donc pas peur. Si tu regardes mieux, tu te reconnaîtras. Ce nouveau personnage qui vit dans ton corps, qui fait battre ton cœur, qui dirige ton esprit, c’est toi, tu peux en être sûr. C’est toi mais en mieux. Tes réticences, tes pudeurs et ta honte, ta médiocrité, tes travers et tes bassesses, finies, parties, envolées. Tu es tout nu face à la vie, tout seul face au monde où tu t’étonnes d’être encore.

D’où te vient cette sagesse ? Cette sérénité ? Oui, d’où ça ? Qui peut le dire ? Pas toi en tout cas. 

Encore une autre année
Le menton dans les mains
Où m’a-t-elle amené ?
Je ne reconnais rien

 

La vérité n’est pas en quelque lieu lointain, elle est dans l’acte de regarder ce qui est. Se voir soi-même tel que l’on est est le commencement et la fin de toute recherche.
Jiddu Krishnamurti