Le PA c’est le point d’assemblage. Dans le système de Carlos Castaneda, la perception est la clé de la magie ordinaire. Les sorciers disent qu’on perçoit le monde à travers un petit point lumineux, sorte d’objectif photo ou de curseur, le PA. Mon PA devient hautement fantaisiste ces temps-ci. Et quand le PA vagabonde, ça fait un drôle d’effet…
Par ce point précis, nous assemblons le monde ordinaire, et même les autres mondes. La réalité de tel ou tel monde ne dépend que de la position du point d’assemblage.
Le PA ne se trouve pas dans le corps physique. Il est situé quelque part dans notre luminosité, celle de notre aura. Le mot appartient au vocabulaire de Castaneda. La luminosité est la première couche de l’aura, ce que je définis comme les deux premiers corps énergétiques dans ma pratique du reki d’Erquy, ou néo-reki.
Selon Castaneda et son mentor Don Juan Matus, le point d’assemblage est dans notre dos, 10 cm derrière l’omoplate droite. C’est la position standard adoptée par quasiment toute l’humanité actuelle.
Nous percevons tous le même monde parce que tous les PA sont situés au même endroit. À force, une petite cuvette s’est creusée dans la luminosité. Elle empêche le point d’assemblage de changer de position. Du coup nous assemblons tous la même réalité.
Avant d’aller plus loin, lisez ces deux articles, pour mieux comprendre la suite.
Je n’ai plus aucun contrôle de mon PA. Ai-je encore un PA ? Seulement par l’intention. Mais par la volonté, plus jamais. Fini. C’est le « hasard » de l’intention inconsciente qui me permet d’atteindre un objectif, soigner quelqu’un, par exemple. La volonté consciente ne m’a jamais permis de déloger mon PA de sa cuvette. D’assembler une autre réalité.
Les humains d’aujourd’hui ont le PA coincé dans une cette cuvette énergétique.
Derrière l’omoplate droite se loge le PA dans sa cuvette monoplace. Aujourd’hui, tout le monde a son PA au même endroit. Ce qui n’a pas toujours été le cas, loin de là. L’uniformité actuelle caractérise la fin du kali yuga, âge de fer ou âge des ténèbres, la merde. Dans les âges précédents, chaque peuple, chaque tribu, chaque être pouvait avoir un PA fixé n’importe où dans la luminosité — ou pas fixé du tout, comme moi, avec mon PA volage.
Je dois préciser ce qu’il faut entendre par là. Le tonal est l’état d’esprit logique, rationnel, celui que partage tous les humains. Et tous les êtres qui peuplent notre galaxie, notre univers, et le multivers tout entier. Le tonal est la règle absolue…
Il s’oppose au nagual, qu’on pourrait appeler aussi folie contrôlée, qui est l’état d’esprit des sorciers. Je passe le plus clair de mon temps dans le nagual, ce qui me rend difficile à comprendre et impossible à suivre. J’en suis conscient et je le déplore, vous manquez quelque chose. Pour ma part, ça me convient tout à fait.
« Le nagual est inimaginable. Il est aussi notre élément, mais il reste indescriptible. On ne peut pas le définir parce qu’il n’appartient pas au monde mental, à la pensée, à l’esprit logique. On peut seulement dire ce qu’il n’est pas.
Le nagual n’est pas réel. Il se situe ailleurs, sur un plan auquel on n’accède que par la force de l’intention. L’astral. Domaine des rêves. On dit des songes qu’ils sont trompeurs. Non pas. Ils disent toujours la vérité. Mais au réveil, notre cerveau produit un habillage instantané qui les rend absurdes, incompréhensibles, totalement inutilisables. »
Les psychanalystes travaillent avec ces habillages. Ils n’ont pas accès à la réalité cachée derrière. Ils n’ont pas connaissance des rêves réels. Les rêves d’un éveillé n’ont rien à voir avec ceux de la psychanalyse. Ils sont le vécu conscient du nagual. Ils sont plus réels que le faux réel où nous sommes cantonnés. Ils sont au-delà de l’illusion.
La pensée consciente, la raison pure, la logique, rien de tout ça ne compte plus pour un sorcier du nagual. Il s’est vidé de toute croyance, de tout désir. Mais ce n’est qu’un début.
Ensuite « le plus dur reste à faire: le déplacer par la seule force de l’intention. Tâche surhumaine, inaccessible pour les endormis. Mais un éveillé l’accomplit sans y penser, sans effort, sans cesse. L’éveil est au-delà du mental. Tout éveillé a cessé de penser. Au-delà du mental, il s’est coupé la tête, selon la jolie formule de Lao Tseu. (lire la suite)
Un guerrier traite le monde comme un mystère infini, et ce que les gens font comme une folie sans bornes.
Les hommes de connaissance ou guerriers du nagual sont parvenus à niveler cette cuvette. Elle n’est plus aussi creuse que celle des autres humains. Ceux qui ont la cuvette la plus profonde, aux parois les plus abruptes, sont condamnés au tonal à vie. Ce sont les cuvettes en flûtes à champagne, ou cuvettes flûtes. Connaîtront-ils l’éveil ? Peu de chance.
Ceux qui ont les cuvettes les plus plates sont les habitués de l’exceptionnel. Ce sont les cuvettes coupes à champagne, ou cuvettes coupes. Ils ont de grandes prédispositions au monde du nagual. Ceux qui ont un bon équilibre entre les deux sont les cuvettes verres à vin, ou cuvettes verres. Ils peuvent connaître le nagual bien qu’étant le plus souvent liés au tonal.
Il y a les hommes ordinaires, créature du seul tonal. Il y a les cuvettes plus ou moins creuses. Et il y a les Naguals.
Le nagual n’est pas seulement un mode de perception, ou une façon d’assembler d’autres réalité. Quand on y met une majuscule, le Nagual devient sorcier par excellence.
Maître du jeu, car cette vie n’est qu’un jeu. Et ce monde est une fiction.
Les Naguals ont un secret : l’absence de cuvette. Pas la moindre trace du plus petit creux dans leur luminosité. Résultat : le PA circule librement tout autour d’un Nagual. Le plus souvent il est installé dans d’autres réalités. Il jouit d’autres perceptions. Il assemble d’autres mondes.
Comment y parvenir ? Pour ma part je n’ai rien eu à faire, je suis né comme ça. De nombreuses personnes naissent ainsi, parfaites sur le plan de l’énergie subtile. Éveillées. Mais vers l’âge de 3 ans, un premier engramme vient brouiller leur luminosité. D’autres engrammes s’ajoutent à cet engramme-mère, et plus on est engrammé, moins on est magique.
J’ai eu ma chance de ne pas connaître d’engramme. J’ai gardé mes talents de naissance jusqu’à l’âge avancé que j’ai maintenant. Pendant l’adolescence pourtant, j’ai délaissé toutes les pratiques magiques, guérisseur, télépathe, devin, etc. Pour me consacrer aux filles, fabuleux objets d’études approfondies qui a mobilisé toutes les fibres de mon être.
J’ai dû m’adapter à ces princesses, qui campaient le plus souvent dans la pénombre du tonal. À la suite de ce décrochage, j’ai perdu mon absence de cuvette. Je suis devenu une cuvette coupe,très évasée, et vers la quarantaine mon vieux pote Flornoy m’a donné le coup de pouce vital. Et le tonal a fini par me rejeter. Je me suis éveillé. Ou réveillé…
Mon point d’assemblage est devenu volage. Itinérant. Instable. Mobile. Dérapant. Fuyant. Insaisissable. Échappé. Glissant. Libre. Mon PA est libre, pas moi.
J’ai trop épousé le monde intérieur de ceux qui m’aiment, ceux que j’aide à libérer leur PA. Je suis devenu mimétique. Sans effort je deviens tel ou telle au risque de me prendre pour l’une au l’autre. Je ne sais foutre plus qui je suis.
Ce que j’éprouve en permanence, c’est ce que ressent l’acteur débutant qui enchaîne les petits rôles, les « perruques ». À changer sans cesse de caractère et d’apparence, il ne sait plus qui il est, qui il aime, qui il déteste, où s’arrête sa vie et où commence le rôle. Je souffre du même mal. C’est le syndrome du perruquier.
Il m’arrive de m’immerger dans plusieurs films à la fois. Un peu de celui-ci, un peu de celui-là, et beaucoup d’un troisième. Et je peux mater cinq films / journée quand je suis bien bas. Quand je ne suis plus moi. Quand je ne vis plus là.
Ça me remonte pas. Les films comiques me font pleurer. Ils me rendent aussi bête que leurs intrigues bidons, aussi vides et surfaces que leurs acteurs fadasses. J’entre dans la vie salace d’un faux comique. Je vois ses dettes, son destin bouché, je dois me moucher. Au lieu de rigoler à ses vannes éculées, je pleure comme un veau, je prie comme un dévôt, je chiâle comme un nouveau.
Les clowns me font paniquer. Les films d’ambiance sont mes préférés. Ils se ressemblent tous, je les mélange allègrement, mon syndrome des perruques devient incontrôlable, j’arrête de bouffer de la pellicule et je sors dans le jardin. Les corbeaux ricanent en me regardant par en dessous. Je tombe sur les genoux. Le jardin fidèle me joue des tours aussi. Je ne suis plus ici. Ni ailleurs. Ni vivant. Ni dehors ni dedans. Tel Adam, j’ai la dent. Le mordant. Rame Adam. Sans ramdam, fais pas fuir les dames.
Mon corps est maison d’hôtes. J’y reçois tant et plus, du mort et du vécu, du mélo ou du cul, je n’en peux, plus je suis perdu.
En vérité je ne suis maître de rien du tout. Certainement pas maître du jeu. Le jeu se joue en moi, je le contemple et j’apprécie, point final. Certains me remercie, mais qu’ai-je fait ? Consciemment, rien. Mon intention agit toute seule, mon énergie subtile soutient ceux qui en ont besoin, mais qui est libre ? Mon PA, pas moi. Qui est le vrai maître du jeu ? Pas moi non plus.
Avec mon PA libre, mon mimétisme a pris des proportions graves. L’incertitude sur mon moi se mue en inquiétude. Quand je regarde un film, j’entre aussitôt dans chaque personnage. Je deviens l’un des protagonistes, puis son rival, puis sa femme, puis quelqu’un d’autre… J’épouse chaque rôle, je m’identifie à tous les uns après les autres. Ça se met à changer si vite que j’ai envie de vomir. Au sens propre, si j’ose dire. La matière de mon corps se sublime et devient pure énergie.
Au fil des ans, des mois, des jours, des heures, l’absence de contrôle s’étend au tonal, à toutes les activités qu’on fait sans réfléchir et qu’on réussit à tous les coups. J’échoue dans toutes. Sans cesse je me cogne dans d’autres moi-mêmes qui me cassent les burnes. Ils me douchent. Ils me touchent. Ils me bouchent. Ils me couchent. Ils me mouchent. Plus ils sont louches, plus ils font souche.
À force de côtoyer l’autre réalité, j’existe de moins en moins ici et maintenant. Je préfère ailleurs et demain. Ou avant-hier… L’homme conduit comme il se conduit, dit-on. Je conduis mieux, à la maison je me cogne dans tous les meubles. Je m’applique et je roule tout doux. Conduire ma bagnole réclame une attention extraordinaire, mais j’y tiens. Quand on réside à l’écart de la ville, conduire est indispensable à la survie.
Quand je descends au bourg, je rassemble toutes mes forces pour rejoindre le tonal. Paraître normal. Là encore, le contrôle est méticuleux. Les automatismes sont évaporés. Les gestes réflexes on disparus aussi. Il faut penser à tous les nerfs, tous les muscles qui permettent de marcher. Courir, non, c’est fini depuis longtemps. J’ai intériorisé une bonne fois pour toutes le syndrome de l’escargot.
C’est pourquoi j’en ai parlé il n’y a guère.
Finalement il n’y a qu’ici que je suis bien. Devant mon écran, à te regarder au fond des yeux. Au fond du cœur. Je te connais, tu sais, différemment. Comme si on s’était rencontré souvent, côtoyés longtemps, et très vivement. Allègrement. Rien d’étonnant : je suis chez moi dans le passé le plus lointain comme dans les nues d’après demain. Je vois ce qui viens. Une part de moi y est déjà.
Ici et ici, l’ailleurs est banni.
Je te vois comme tu seras demain, en toi je soigne un bobo qui couve, non déclaré, que tu ignores encore. Je te connais demain, après demain, jusqu’à ta mort si besoin. Ton passé, je l’ignore. Ce serait indiscret. Le souci de voir ton avenir, c’est de vouloir à tout prix t’aider à réaliser ces virtualités d’éveil que tu portes en toi. Et ce faisant, je trahis la première règle du sorcier :
Les sorciers ne peuvent jamais construire un pont pour rejoindre les personnes de ce monde. En revanche, si les personnes le désirent, elles doivent construire un pont pour rejoindre les sorciers.
Mais j’y reviendrai bientôt.
Dans mon travail d’écriture, de mise en page et d’illustration je renoue avec ma nature profonde. J’ai exercé le métier d’éditeur des années durant, pour une grande maison d’édition puis à mon compte. Ce métier et ses multiples professions annexes a été ma raison de vivre et d’apprendre. Il est devenu ma seconde nature, le seul lien qui me reste avec mon passé dans cette vie, et avec le tonal, votre tonal, ce monde-ci que je n’aime pas et dans lequel vous vivez tous. Quasiment toutes et tous. À quelques exceptions près.
Je sais que je ne suis pas un écrivain comme les autres. Les écrivains vains. Qui ne cherchent rien d’autre qu’eux-mêmes, les pauvres. Ou qui cherchent du sale fric. Quand j’avais mon agence de pub, c’est vrai, j’ai ramassé du gros pognon. Mais je ne l’ai pas fait exprès. Mes clients étaient riches, ils m’ont gâté. Oh j’en ai profité, inutile de dire le contraire. J’en ai distribué aussi, et beaucoup. Et la distribution continue malgré mes revenus étiques.
Ne croyez pas que je me donne en exemple. Pas si fou. Qui trouverait bon de m’imiter? On cultive les talents qu’on reçoit à la naissance. Et on tente d’éviter les défauts qu’on a reçu en même temps.
Je n’aime pas ce monde que je suis en train de quitter… L’anthropologue Claude Lévi-Strauss pensait comme moi. « Ce que je constate, ce sont les ravages actuels. C’est la disparition effrayante des espèces vivantes, végétales ou animales. Du fait de sa densité, l’espèce humaine vit sous un régime d’empoisonnement interne. Et je pense au présent et au monde dans lequel je suis en train de finir mon existence. Ce n’est pas un monde que j’aime. » (source)
Terrible testament… Et l’astrophysicien Hubert Reeves en remet une couche. « La terre est infestée d’humains », écrit-il. Infestée ! Comme si nous étions de la vermine, des cloportes ou des rats. Et Bob Marley dit la même chose :
Isn’t it a disgrace
To see the human race
In such a rat race ?
N’est-ce pas une infâmie
Devoir la race humaine
Dans cette course de rats ?
Le guerrier agit. Toujours. Mais il n’attend jamais de résultat de son action.
Sur la planète Plug, le jeune µ%# s'ennuie à périr. La sempiternelle routine quotidienne l'écartèle.
Ls chercheur de vérité appréciera cette liste des génies et penseurs libres non reconnus.
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