Les deux christianismes

L’initiation druidique d’Elizabeth II — Le 6 août 1946

 

Pour chercher la traduction anglaise précise de christianisme et chrétienté, j’ai consulté Reverso. Ce traducteur place les mots en contexte. Le premier exemple me fait vaciller. « Nous avons affaire à deux christianismes existant en Grande-Bretagne, celui des Britanniques et celui des Celtes. » Pile mon sujet ! Qu’on ne vienne surtout pas me parler de hasard, je n’y ai jamais cru. Tout ce qui arrive est voulu.

 

Le proto-christianisme

Je n’en connais pas l’auteur, mais j’abonde dans son sens. Tout guilleret, je me suis mis à rédiger cet article annoncé, Les deux christianismes. Son titre est si parfaitement illustré par la citation de Reverso ! Il y a effectivement deux christianismes, non seulement en Grande Bretagne, mais dans toute l’Europe de l’ouest. Celui des Catholiques ou des Anglicans, et celui des Celtes. Ils ont des points communs, mais aussi une différence majeure : ils œuvrent en sens contraire. Le proto-christianisme des Celtes œuvre pour l’éveil de ses adeptes, le néo-christianisme de Jésus endort les siens.

Le proto-christianisme puise ses origines dans la Vieille Religion des druides, qui vient elle-même du Lamaïsme. La très vieille religion de Rama ou Lama, c’est le même homme. Le même dieu d’avant. Le même Christ. Le christianisme existe depuis l’aube de cette humanité. Plusieurs Christs se sont succédé par amour pour les hommes, qui sont leurs créatures, mieux encore : celles de leurs créatures qu’ils préfèrent à toutes les autres. C’est pourquoi le christianisme a plusieurs visages. Celui de Jésus et celui de Rama, pourrait-on dire en première approximation. Car il y en a plus de deux…

 

Le peuple de Rama

Les Celtes ont constitué jadis le Peuple de la Mer. Ils ont accompagné Rama dans sa conquête de l’Asie. Ils ont entendu et adopté ses convictions religieuses. Rama était un maître charismatique. Un conquérant par la séduction autant que par les armes. Les nombreuses exactions du Peuple de la Mer, l’épisode de la guerre de Troie, le récit du prêtre de Saïs à Solon, rapporté par Platon, les conquêtes du peuple errant Eskwander, tout nous porte à croire que Rama fut un puissant chef de guerre. Le Ramayana y fait chorus, quand il nous conte la guerre de Rama et du roi des singes Hanuman contre le démon Rakshasa sur l’île de Sri Lanka, pour libérer Sita que le monstre tenait captive. Les missiles dont Rama fait usage ne ressemblent pas à des mots d’amour.

Pourtant l’homme est un séducteur. Il envoûte et séduit de nombreuses femmes. Il fascine tous ceux qui l’approche. Quand il prêche, il peut convaincre même ses détracteurs. Aussi faut-il distinguer plusieurs périodes dans sa longue vie, la première est celle d’un druide guérisseur, la seconde celle d’un conquérant, la troisième celle d’un civilisateur, la quatrième celle d’un christ. En fait, sa vie fut si longue et si mouvementée qu’on pourrait la découper en plus de quatre périodes.

 

 

Le vrai du faux

En vérité le christianisme est une religion — ou une sagesse ? — beaucoup plus ancienne que le présumé Jésus. Il y avait déjà des Christs dans la plus profonde antiquité. Apollon, Prométhée, Orphée, Mithra, Ésus et d’autres ont joué auprès des hommes le rôle de sauveur.  La nouvelle église, celle des promoteurs de Jésus, se devait de faire oublier ces précédents, qui fragilisaient leur christ inventé. Il a donc fallu habiller le néo-christianisme avec d’anciennes parures. Question vieux oripeaux, l’homophonie Ésus / Jésus n’est pas des moindres. Une seule lettre ajouté au Christ Esus, on obtient Iesus et le tour est joué !

En fait de christs antérieurs, il n’y a pas eu qu’Ésus. Loin de là ! C’est pourquoi le clergé catholique ne dit jamais Jésus sans ajouter Christ, comme si c’était son nom de famille. Ainsi, quand d’aventure un chrétien tombe sur le mot christ, il pense aussitôt qu’il s’agit de Jésus. Admirable rouerie de ceux qui se croient saints — qui ne sont que malsains.

Christ veut dire l’initié, littéralement celui qui a reçu l’onction d’huile sainte. Un initié est un homme de connaissance qui a reçu des révélations touchant au divin, au sacré, à notre histoire oubliée, à la sainteté, à l’éveil, au comportement juste, à l’autre monde, à la vie après la mort, etc.

Prends cent hommes, tu y trouveras un homme de foi. Prends cent hommes de foi, tu y trouveras un homme de connaissance. (Rumi)

 

À l’eau ou à l’huile ?

En fait d’huile sainte, Jésus a dû se contenter de l’eau du Jourdain. C’est dans ce fleuve d’Israël que le baptême de Jésus fut célébré par Jean Baptiste, dont le nom signifie celui qui baptise. Il n’a pas baptisé que Jésus, bien entendu. Tous ceux que Jean a baptisé sont-ils devenus des christs ? Bien sûr que non. Ce qui fait une autre erreur qui s’ajoute à la liste dont j’ai parlé. Stricto sensu, Jésus n’est pas un christ, puisqu’il n’a pas été oint. Aussi sacrée soit-elle pour les Hébreux, l’eau du Jourdain n’est pas une huile sainte, dont on réserve l’usage aux élus. Encore une erreur dans les évangiles qui en fourmillent décidément !

 

Fils d’un archange ?

Voyons maintenant l’hypothèse où Jésus aurait vraiment existé, où sa vie se serait déroulée comme le racontent les textes saints. Parole d’évangile : Gabriel a engrossé la Vierge Marie, et l’enfant qui en est né mérite à bon droit de s’appeler le Fils de l’Archange. Ses pouvoirs sur la matière sont exceptionnels. Viendraient-ils de son Père ? Mais qui est son vrai père ? L’archange Gabriel ? Joseph ? Le Dieu unique ?

Éliminons Joseph, le malheureux n’y est pour rien. Il a élevé le gosse d’un autre, il lui a appris un métier, celui de charpentier qui ne lui a pas servi à grand chose d’autre que de porter une poutre sur le mont des suppliciés. Gabriel ? Dans ce cas, Jésus n’est pas le fils de Dieu, mais celui d’un ange déchu, descendu sur terre pour engrosser les humaines comme le raconte la Bible.

 

 

Fils de l’Unique ?

Alors ? Est-il vraiment le fils du Dieu unique ? Allons donc ! Les dieux sont innombrables, comme l’affirment toutes les mythologies, ainsi que les plus anciennes religions, l’Égyptienne et l’Hindouiste. Les anciens Égyptiens adoraient une tapée de dieux humanoïdes à tête d’animaux. Manips génétiques ? Le védisme et le shivaïsme ont les mêmes dieux humanoïdes, tout en affirmant qu’ils étaient 30 millions ! Même la mythologie sacrée des Hébreux, dans la Torah, mentionne une kyrielle de dieux différents, tous uniques, évidemment. En voici quelques-uns repérés par Wikipédia:

Abir — Puissant.
Adon Olam, Ribon Olam ou Ribbono shel Olam — Maître du monde.
Aibishter (du yiddish אײבערשטער) — Le Plus Haut.
Boreh — [le] Créateur.
Avinou Malkeinou — Notre Père notre Roi.
Melekh ha-Melakhim — Le Roi des rois.
Ehiyeh ch’Ehiyeh — Je Suis ce que Je Suis : une forme hébraïque moderne de Ehyeh acher Ehyeh.
Elohei Avraham, Elohei Yitzchak ve Elohei Ya`aqov — Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob.
Magen Avraham — Protecteur d’Abraham.
El haGuibor — Dieu le Puissant.
Emet — Vérité.
E’in Sof — Infini, plutôt utilisé par la Kabbale.
Ro’è Israël — Berger d’Israël.
YHWH-Ra-ah — Le Seigneur mon Berger (Psaumes 23:1)
HaKaddosh, Baroukh Hou — Le Saint, béni soit-Il.
Kaddosh Israël — Saint d’Israël.
YHWH-Yireh — Dieu pourvoira (Genèse 22:13, 14).
YHWH-Rapha — Dieu guérisseur (Exode 15:26).
YHWH-Niss’i — Dieu ma/notre bannière (Exode 17:8-15).
YHWH-Shalom — Dieu [est] Paix (Juges 6:24).
YHWH-Tsidkenou — Seigneur-notre Justice (Jérémie 23:6).
YHWH-Shama — Dieu [Est] là (Ezéchiel 48:35).
Tzour Israël — Roc d’Israël.

Nombreux sont-ils, les surhommes puissants qui se sont perchés sur le berceau de l’humanité! Dans la liste qui précède, l’encyclown en ligne ne les mentionne pas tous, loin de là. J’en ai repéré une douzaine qui n’y figurent pas. Je me contenterai de citer le principal, dieu de Moïse et de David, l’inénarrable dragon massacreur, Hachem la Terreur

Le concept de dieu unique repose sur une confusion entre les surhommes que j’appelle les dieux d’avant et la Source impersonnelle. Le dieu unique est invention décadente des Hébreux tyrannisés par un antique dragon du peuple reptilien.

 

 

Du neuf avec l’ancien

Qui es-tu, Jésus ? Une invention pure et simple ? Impossible d’aller jusque là. Il peut s’agir d’un phénomène mineur monté en épingle. Ses détracteurs voient en lui un prophète dont on a gonflé l’importance. Les textes cabalistiques l’appellent le Prince de la Matière, ce qui est un autre nom pour le démon.

En dehors du nouveau testament et des évangiles non canoniques qui figurent dans les manuscrits de la Mer Morte et de Nag Hammadi, on ne possède aucun texte qui parle de Jésus. Alors ses émules ont brodé. Ils ont piqué ici ou là des anecdotes appartenant à d’autres prophètes, d’autres christs, d’autres dieux, en supposant qu’on n’y verrait que du feu. (source)Improbable Jésus

Le petit Jésus et son enfance ont été empruntés pour une large part à Krishna et à l’Hindouïsme. Les enseignements que l’enfant Jésus donne au Sanhédrin ne reposent sur rien de palpable. Esus Christus est le véritable modèle à partir duquel s’est forgée cette légende dorée, trop belle pour être vraie. Le modèle chrétien antérieur s’appelait Sol Invictus. Son christ était Mithra. Ce Soleil Invaincu n’est autre que le vaisseau-mère Hyperborée, l’Arche Solaire des dieux d’avant, terraformeurs de cette planète. Voilà ce que je crois — sans y croire, comme de bien entendu.

Si le christianisme eut été arrêté dans sa croissance par quelque maladie mortelle, le monde eut été mithriaste. (Ernest Renan)

 

Tirons l’échelle : la religion de Jésus est celle du mensonge. Les néo-chrétiens adorent un fantôme, fils du vent, bâtard du néant né non d’une vierge mais du cerveau d’un pénitent désespéré. Il fallait sauver une civilisation qui sombrait dans la violence du désespoir. Il fallait se servir de tous ces édifices d’une religion romaine qui n’avait plus cours. Il fallait recycler les antiques vérités avant qu’elles sombrent dans l’oubli total. mais il fallait surtout éviter de ressusciter les diverses religions d’éveil, car les éveillés sont une dangereuse calamité au sein d’un peuple d’endormis, si faciles à manier.

 

                

L’ancien et le nouveau

À travers l’écran opaque des inventions, des ratures, des ajouts et des substitutions, il est primordial de différencier les deux christianismes, le Celte et le Romain.  Ils sont comme les deux testaments bibliques, il y a l’ancien et le nouveau. Le proto-christianisme et le néo-christianisme. Si le nouveau testament constitue la base du néo-christianisme de Jésus, l’ancien testament n’est pas celle du proto-christianisme. Ce serait trop simple. Il faut lui ajouter le Ramayana et pas mal d’autres mythologies sacrées.

On trouve tout dans l’ancien testament. Y compris des horreurs. C’est le récit mythologique de notre lointain passé, tel que le racontent les tablettes assyriennes, les précieuses archives de Sumer et de la Mésopotamie. On trouve dans ces précieuses tablettes les lois d’Assyrie, des traités de sciences et de mathématiques, mais aussi quelques-uns des événements qui ont marqué jadis cette partie du monde. Jadis : il y a très longtemps. Anton Parks s’en est servi dans Les chroniques du Girku pour conter sa version romancée des dieux de Sumer.

Moi-même j’y ai recours quand il s’agit de vérifier un fait protohistorique dont j’ai été le témoin astral. Ces tablettes, aussi précieuses soient-elles, ne nous donnent pas assez d’information sur la vieille religion. Quand elles ont été gravées par le calame du scribe, cette religion avait encore cours, elle était même la seule connue. Les lois assyriennes en sont un des reflets. Pourtant elles ne sont d’aucune aide pour notre sujet, les deux christianismes. Impossible de compter sur elles pour reconnaître le vrai du faux.

Le calame est un roseau taillé en pointe dont on se sert pour l’écriture : à sec sur des tablettes d’argile. Il a donné sa forme caractéristique à l’écriture cunéiforme : de petits triangles, fruits de l’enfoncement du calame dans l’argile tendre. (source)

 

Le passant

Aussi vrai que l’ancien testament diffère profondément des évangiles, les deux christianismes n’ont rien à voir. Le premier, qui remonte bien avant la période qu’on appelle l’antiquité, je l’ai nommée la vieille religion des druides, mais elle serait mieux nommé la première religion. Les druides l’ont enseignée, mais le druidisme couvre une si grande période de temps qu’il a pris de nombreux visages. Il faudrait alors distinguer le christianisme de Rama, celui d’Ana, celui d’Ama, celui d’Apollon, celui de Prométhée, celui d’Orphée, celui d’Athéna, celui de Thot, celui de Gilgamesh, celui de Ganesh, celui de Shiva, celui de Mithra, celui d’Ésus, celui d’Isis, celui de Lug, celui de Cuchulainn… Et j’en passe !

Il n’y a pas eu que des mâles dans cette fonction initiatique. C’est pourquoi j’ai mentionné des christesses. L’onction sainte d’Isis, véritable initiation par l’éveil, n’était faite ni d’eau, ni d’huile. C’est la foudre qui la donnait. Et mon benefactor, le regretté Jean-Claude Flornoy, a reçu ce baptême par la foudre au bord de la Mayenne en 1989. Cet initié est donc un authentique fils d’Isis.

Les christianismes ne sont pas deux, ils sont dix, ils sont cent. Les proto-christianismes ont un point commun que le nouveau n’a pas : ce sont des religions à mystères, dont le seul but assumé est l’éveil des pratiquants. On retrouve cette religion d’éveil dans les mystères du Moyen Âge. La tradition de la construction sacrée émerge vers l’an mil, issue d’anciennes mémoires vivifiées par quelques initiés.

La confrérie des Maîtres et des Compagnons médiévaux avait un titre précieux, décerné seulement aux maîtres du mystère. Ce titre était compagnon passant du devoir. Passant, car le compagnon ne s’attarde pas sur un chantier sacré, il y reste le temps qu’il faut, ni plus, ni moins. Passant aussi parce qu’à travers lui passe l’apprenti. Le compagnon passant est un passage, une porte vers l’autre monde, celui de l’éveil. Le compagnon passant est un initié, un christ vivant, qui initie à son tour, car c’est là son devoir.

 

 

L’impasse

De nos jours, le compagnonnage des confréries de bâtisseurs a oublié ce qui touche à l’éveil. Les compagnons actuels sont d’habiles artisans, les plus habiles dans leur art. Mais ils jeté le bébé avec l’eau du bain. Voulant rajeunir les pratiques médiévales, ils ont renoncé au sacré, sans le savoir ni s’en soucier. Et les prêtres qui guident les néo-chrétiens ont tout oublié, eux aussi. À commencer par le respect de l’enfant. « En vérité, je vous le dis, ce que vous faites au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous le faites. » Parole de Jésus.

Comment pourraient-ils être des compagnons passants du devoir ? Ils sont tout le contraire. Quand je pense qu’ils sont devenus incapables d’un geste aussi simple que la consécration du vin ! Cette église du mensonge doit se faire oublier. Il est grand temps qu’elle sombre dans le néant. C’est urgent.

Le proto-christianisme fut une voie d’éveil ouverte par des initiés, les Passants, tandis que le néo-christianisme est une impasse où s’endorment les fidèles bénis par un ignorant, l’impassant.

 

Ce n’est pas parce qu’ils sont nombreux à avoir tort qu’ils ont raison.
Coluche